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Régionales PACA: la campagne de l'entre-deux tours bat son plein

Les électeurs provençaux auront le choix entre Christian Estrosi et Marion Le Pen.

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Les électeurs provençaux auront le choix entre Christian Estrosi et Marion Le Pen.

D. Cismondo D. Cismondo
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Après le retrait de la liste menée par le socialiste Christophe Castaner, les deux têtes de listes présentes au second tour des élections régionales ont repris leurs campagnes hier.

 Marion Maréchal-Le Pen à Marseille hier après-midi
 Christian Estrosi à Vitrolles hier matin
A Vitrolles, Christian Estrosi se pose en "résistant" face au FN

Seul candidat encore en lice en Provence-Alpes-Côte d'Azur face à la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, le député-maire Les Républicains de Nice Christian Estrosi s'est posé lundi en "résistant" pour le second tour des régionales, revendiquant l'héritage du "gaullisme social".

Dimanche, au premier tour des régionales en Paca, M. Estrosi, tête de liste LR-UDI-MoDem en Paca, a obtenu 26,48% des voix, loin derrière les 40,55% de Mme Maréchal-Le Pen.

Lundi, pour sa première sortie publique de l'entre-deux-tours, il a choisi Vitrolles (Bouches-du-Rhône), une commune située à une vingtaine de kilomètres de Marseille gérée par l'extrême droite à la fin des années 1990, évoquant les "lourdes cicatrices de la gestion du Front national".

"Je ne supporte pas le FN, qui est l'héritage du pétainisme. Je me reconnais dans l'héritage du gaullisme social. Je suis à Vitrolles en résistant, c'est dans la Résistance que la France l'a emporté", a déclaré M. Estrosi devant la presse.

"Je suis dans cet acte de résistance, on sait ce que veut dire la Résistance, on sait ce qu'a été le moment où le général De Gaulle et un certain nombre de forces qui n'étaient pas forcément engagées idéologiquement du même côté ont su s'additionner pour permettre à la France de se libérer en 1944", a-t-il encore déclaré.

"La commune dans laquelle nous nous trouvons a gardé de lourdes cicatrices de la gestion du Front national, elle est pour moi l'illustration la plus parfaite de ce que nous ne voulons pas comme tache, de la haine, du déclin économique, de la mauvaise gestion, de l'irresponsabilité du Front national pour les six ans qui viennent", a ajouté M. Estrosi.

Le candidat a visité Vitropole, un parc d'activités de Vitrolles, puis un site de ThyssenKrupp Materials, sous-traitant notamment d'Airbus.

Vitrolles avait été gérée de février 1997 à juillet 2002 par Catherine Mégret, épouse de Bruno Mégret, numéro 2 du FN avant de faire scission fin 1998 pour fonder le MNR. M. Mégret ne pouvait se présenter lui-même aux élections à cause d'une condamnation à une peine d'inéligibilité pour avoir dépassé le plafond autorisé des dépenses de campagne.

"Notre pays est en guerre à l'extérieur et notre pays est en guerre à l'intérieur, face à un ennemi qui veut abattre les piliers de notre démocratie", a encore déclaré à la presse le chef de file des Républicains en Paca, assurant qu'il voulait faire "de la région un bouclier de sécurité".

"En même temps quel est le rôle du prochain président de région? C'est de mener une autre guerre, la guerre contre le chômage, la bataille pour l'emploi. Et cette bataille, je veux la gagner, je veux que la France gagne la guerre contre l'Etat islamique, je veux que le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur gagne la guerre pour l'emploi et contre le chômage", a-t-il poursuivi.

Assurant n'avoir "aucun doute" sur le fait de "passer la ligne d'arrivée en tête", M. Estrosi s'est dépeint comme un candidat qui "d'un côté, a la main ferme, qui ne tremble pas, et d'un autre côté, la main ouverte, dans une dimension sociale".

LR et le PS "foulent aux pieds la démocratie", estime Marion Maréchal-Le Pen

La cheffe de file du Front national Marion Maréchal-Le Pen, arrivée en tête en Provence-Alpes-Côte d'Azur (40,55%) au premier tour des régionales, estime lundi que Les Républicains et le Parti socialiste "foulent aux pieds la démocratie", après le retrait de la liste PS pour faire un "barrage républicain".

"Tous ces gens aujourd'hui, qui se drapent dans les valeurs de la République, ont manifestement oublié que la première valeur de la République, c'est la démocratie", a déclaré Mme Maréchal-Le Pen, lors d'un point de presse à Marseille. "La démocratie -dont ils ne parlent jamais, d'ailleurs-, ça ne les intéresse pas, pour la bonne et simple raison qu'aujourd'hui, ils la foulent au pied", a-t-elle poursuivi.

"Ils sont contraints pour rattraper leur retard d'additionner leurs faiblesses pour contrer la force de nos résultats", a-t-elle ironisé, trouvant "scandaleux de priver les électeurs de la juste représentation qui leur est due, que ce soit d'ailleurs les électeurs de gauche qui ont été hier sacrifiés par les manoeuvres d'appareil" ou "nos électeurs qui ont le droit d'être représentés".

Le socialiste Christophe Castaner, arrivé troisième avec 16,59% des voix, a annoncé dimanche le retrait de sa liste pour "faire barrage" au FN, laissant ainsi Les Républicains de Christian Estrosi (26,48%) seuls face au parti d'extrême droite au second tour.

"Cette grande coalition ne nous effraie pas, elle ne nous inquiète pas, parce qu'elle est une fois de plus l'aveu de leur connivence, que nous dénonçons depuis longtemps", a ajouté la jeune députée du Vaucluse.

"Christophe Castaner a trahi tous les arguments de campagne qu'il avait développés au cours de ces dernières semaines, lui qui n'avait eu de cesse de renvoyer dos à dos Christian Estrosi et le Front national, parlant de +l'extrême droite et de la droite extrême+", a-t-elle poursuivi.

Elle a également raillé M. Estrosi, "le candidat de la gauche", estimant que le retrait de M. Castaner avait donné lieu à des contreparties. "Rien n'est jamais gratuit", a-t-elle assuré.

"Ce Christian Estrosi est le même qui, en 1992, appelait à des alliances avec le Front national pour sauver son siège" au conseil régional, a-t-elle encore dénoncé.

Avec AFP

En vidéo: les réactions de Christian Estrosi et Marion Maréchal-Le Pen