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Métropole. Toujours moins de budget, toujours moins de projets...

Le budget primitif de la Métropole ne prévoit que 432 millions d'euros d'investissements.

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Le budget primitif de la Métropole ne prévoit que 432 millions d'euros d'investissements.

R. Chape R. Chape
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C'est un véritable constat d'échec qu'ont dressé cet après-midi les conseillers métropolitains réunis au Palais du Pharo. Des dépenses en hausse, 2 milliards de dettes, et 138 millions de moins à investir... "On va droit dans le mur" ont encore dit certains.

2020, année électorale, c'est (encore) dans un "contexte particulier" qu'a été élaboré le budget primitif de l'exercice 2020. Mais comme l'expliquera son rapporteur Didier Khelfa en fin de séance : "nous n'avons jamais eu un exercice tranquille pour préparer les choses". 2016 année tronquée, 2017 et 2018 marquées par les transferts de compétences, 2019 par la fusion Département-Métropole... Bref, les contextes sont toujours particuliers, tandis que les exercices, eux, se ressemblent étrangement. Au point que "l'on pourrait mettre le replay des anciennes séances, on dirait tous la même chose", dixit Samia Ghali. 

Sauf que la tendance est quand même à la dégradation. "On est embarqué dans un train fou, qui va directement dans le mur, mais c'est pas grave, car on peut prendre un aiguillage, et à un moment, on peut s’arrêter", dira même Gérard Bramoullé, 5ème vice-président métropolitain. "On est tous d'accord pour dire que nous sommes dans une situation budgétaire dramatique, marquée par une chute énorme des investissements. On a aujourd'hui péniblement 400 millions et si on ne peut pas investir c'est juste parce qu’on a pas les moyens, c'est pour ça qu'il faut changer d’aiguillage".

Ceux qui y croient encore sont partagés entre deux tendances : espérer l'aide promise de l'Etat ou réformer les Attributions de Compensation (que Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal ont promis de ne jamais toucher). Les partisans de la première envisagent donc de (re)faire remonter à Paris leur mécontentement. "Si l’État ne vient pas en aide à la Métropole, alors on ne fera rien, et il ne se passera rien", (re)dira Samia Ghali. "Il faudrait faire voter une motion par tout le monde pour demander de l'aide". Un projet approuvé par le rapporteur du jour, mais sur un ton plus appuyé : "On n'est pas là pour faire de la mendicité, on est là pour que l’État respecte ses engagements, il faut lui rappeler de les respecter, pas demander de l'aide". 

C'est Jean-Pierre Serrus, maire de la Roque d'Antheron, ex-porteur du grand dossier de la mobilité, qui illustrera la seconde, en proposant aux maires... L'improposable ! "Ne pourriez-vous pas renoncer à quelques pourcentages du retour aux communes pour financer des projets d'envergure métropolitaine ? Ne serait-ce pas un signal déterminant donné à l’État que le temps est venu pour lui de contribuer à la réussite de la Métropole et à la qualité de vie de ses habitants ?"

Ces fameuses AC, pour Attributions de Compensation, représentent plus de 63,2% du budget métropolitain, et seraient pour certains la cause du "désengagement de l'Etat", car révélatrices de son manque "d'intégration". A titre de comparaison, Le Grand Paris et la Métropole de Lyon auraient des taux respectifs autour des 30%, c'est à dire (en gros), qu'elles géreraient 70% des compétences de leurs territoires, et auraient donc plus de légitimité à voir leurs projets soutenus financièrement par l’État. Autrement dit, pour ce dernier, la Métropole  Aix-Marseille-Provence redistribue trop d'argent aux communes. 

"Les AC ne sont pas des subventions !", objectera Yves Vidal. "Elles servent à payer le service rendu au quotidien à nos populations. Si vous les baissez ce sont par exemple les 19 emplois de mon service environnement que vous enlevez. Si on n'a pas la capacité de mener une politique métropolitaine, c'est que l'on a un vrai problème de financement, et ce n'est pas en piquant dans les communes et en baissant les dotations que l'on y arrivera. Même si tu me prends la moitié de mes AC, tu ne feras pas la gare de Marseille avec !"

Pour le maire de Vitrolles, ce n'est pas au 63,2% qu'il faut toucher, mais plutôt trouver une solution pour que le calcul du coefficient d'intégration réalisé par l'Etat tienne compte de la réalité du territoire. "Il faut que l’État intègre que notre Métropole ne peut pas se passer d'une strate intermédiaire structurante qui permette de gérer les compétences suppra-communales mais non-métropolitaines et qu'elle soit dotée d'un budget et d'une personnalité morale suffisante pour pouvoir le faire de manière déclinée. Cela ne résoudra pas nos problèmes budgétaires, mais améliorera de beaucoup nos ratios et nous permettra de discuter de manière beaucoup efficace plus avec l’État sur son incapacité à venir accompagner le développement de la Métropole et financer les infrastructures dont elle a besoin".

On y voit tout de suite plus clair...

 

Regardez la séance en vidéo ici.