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Martigues lance un plan d’actions d'urgence énergétique

Les élus et conseillers municipaux sont tous d'accord pour agir

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Les élus et conseillers municipaux sont tous d'accord pour agir

R. Chape R. Chape
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Les questions liées aux dérèglements climatiques et à la hausse du prix de l'énergie ont dominé ce Conseil Municipal de rentrée ; les élus ont voté la mise en place de mesures à court terme, comme la réduction de l'éclairage public nocturne.

Extinction des feux ! L'éclairage public sera désormais éteint de minuit à cinq heure du matin, sauf dans le centre-ville, où les lumières brilleront jusqu'à une heure, et dans les quartiers de grands-ensembles, où des expérimentations seront préalablement menées. Ce plan de lumière écoresponsable, qui permettra de réaliser 15% d'économies sur plus d'un quart de la facture électrique municipale, sera sans doute la mesure la plus visible du plan d'actions énergétiques, mais loin d'être la seule. La Ville envisage également de réduire les températures de chauffage dans les bâtiments publics et celles de l'eau de la piscine, mais aussi d'optimiser et de transformer sa flotte de 297 véhicules municipaux, qui ont parcouru un peu plus de 1,8 millions de kilomètres en 2021, pour une consommation de carburant représentant 621 tonnes équivalent CO2. Les ressources en eau seront enfin préservées, grâce à l'utilisation d'un arrosage connecté dans les espaces verts ou encore la réduction du temps de fonctionnement des 12 fontaines de la ville, de 14h à 8h par jour.

Tout un programme, qui reste cependant insuffisant pour le conseiller municipal d'opposition Frédéric Grimaud  : « On conduit un bus qui va tout droit vers un précipice et cette délibération propose au chauffeur de ralentir ; en réalité on devrait plutôt tirer le frein à main, voire faire machine arrière », explique-t-il. « Plutôt que de baisser la température de la piscine, il faudrait fermer le bassin extérieur ».
Emmanuel Fouquart, lui, votera également contre, mais pour une toute autre raison : « Je pense que c'est une aberration en terme de sécurité, cela va laisser libre cours à tous les délinquants de commettre leurs méfaits, puisqu'il n'y aura plus d'éclairage, et les caméras de surveillance deviendront inutiles ». Le conseiller du Rassemblement National propose plutôt que soit installé un système d'éclairage automatique à détecteur de mouvement.
Thierry Boissin, du groupe Martigues en lutte, estime aussi « qu'il y a urgence à agir », mais prône « une politique encore plus ambitieuse » : « Plutôt que de prévoir l'extinction de nuit dans les parcs et jardins, pourquoi ne pas instaurer des horaires de fermeture et prévoir d'éteindre une heure après, ce qui ferait gagner un peu plus de temps ?»
Jean-Luc Di Maria, de son côté, s’inquiétera plutôt d'éventuelles répercussions à venir sur la fiscalité locale, rappelant que la taxe foncière venait d'être augmentée, et soulignant, en plus de la hausse du prix de l'énergie et des carburants, l'augmentation de 3,1% de l'indice des fonctionnaires, rapportée aux 67 millions d'euros de la masse salariale employée à Martigues. « Mais pour le reste, nous allons vous accompagner sur cette délibération », concède-t-il. « Il n'y a pas de petites économies, elles sont toutes bonnes à prendre, y compris sur l'éclairage la nuit, car n'en déplaise à Monsieur Fouquart, les voleurs n'ont pas besoin de se lever à deux heures du matin pour aller faire ce qu'ils ont à faire. De plus sur les chemins de Saint-Pierre et Saint-Julien, cela abîme la faune et la flore, donc vous pouvez les éteindre de suite ».

C'est Florian Salazar-Martin, le rapporteur de la délibération, qui leur répondra, l'adjoint délégué à la Ville Durable rappelant en même temps tout le sens de la politique menée par la majorité  : « La Ville de Martigues a toujours assumée ses responsabilités, si la moitié de ses 7433 hectares sont propriété de la Ville, c'est parce que l'on a pensé que c'était important de garantir la pérennisation du patrimoine naturel, et il en va de même pour les services publics. On ne fermera rien, on ne peut pas fermer, car nous avons pris des engagements envers la population et fermer serait revenir sur ces engagements. On va essayer de trouver des solutions, de s’adapter pour gaspiller le moins possible... Et c'est vrai que l'on a des équipements qui coûtent cher, mais c'est aussi parce que ce que l'on fait dedans, c'est intéressant. Il faut voir le rapport entre la qualité et le rendement de ces équipements, où alors on confie tout au secteur privé, ce que nous n’avons jamais voulu faire. D'ailleurs les 10% de piscines qui vont peut-être fermer, elles sont gérées via des délégations de service public, et elles ferment parce que ceux qui les gèrent ne gagnent plus assez d'argent. Nous ce que l'on veut, c'est assurer un service public pour tous, égalitaire ; lorsque l'on décide que c'est gratuit, c'est aussi gratuit pour les riches, car on a envie d'une société dans laquelle les gens se croisent ».