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Les élus de Martigues unanimes pour faire face à la crise

La gestion financière de la commune n'a souffert d'aucune critique.

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La gestion financière de la commune n'a souffert d'aucune critique.

R. Chape R. Chape
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Majorité et oppositions ont débattu ce soir des orientations budgétaires de la commune pour l'exercice 2021, marquées, forcément, par des inquiétudes relatives à la crise sanitaire, même si actuellement "tous les voyants sont au vert".

C'est sans doute une première, car si d'habitude les orientations budgétaires donnent lieu à des débats, parfois féroces, entre majorité et oppositions, les élus martégaux ont frôlé ce soir la parfaite unanimité. Crise oblige, l'heure n'était ni au « satisfecit », ni aux critiques aveugles, mais à la cohésion, quasi-générale, en prévision d'une crise économique que tous considèrent inéluctable. Alors certes, les annonces, en termes d'investissements, et les grands projets de la période 2021-2024, ne seront dévoilés que le mois prochain, mais aucun reproche n'est venu émaillé l'état des lieux financier présenté par Gaby Charroux.
Emmanuel Fouquart a salué la bonne gestion de la dette, tandis que Jean-Luc Di Maria a souhaité conforter la population dans l'idée que la « municipalité, tous bords confondus, va lutter pour gérer cette crise sans précédent, en luttant contre toutes les formes de précarité, de manière à maintenir le lien social qui fait de Martigues un endroit où il fait bon vivre ».
Roger Camoin, pour le groupe socialiste, soulignera la gestion saine des finances de la commune, ayant permis de dégager une épargne nette synonyme de beaux projets à venir : « devant les difficultés que l'on nous impose et que nous voulons surmonter pour venir en aide à ceux qui en ont besoin, nous pourrions avoir recours à l'emprunt sans trop aggraver l'encours de la dette par habitant en profitant des taux d'intérêt très bas, cela permettrait de financer les investissements nécessaires à notre politique, comme les programmes pour lesquels nous avons été élus et que la population attend avant la fin du mandat ».
Car oui, si la crise sanitaire a engendré une baisse des recettes et des dépenses supplémentaires, des charges ont également été économisées par l'arrêt de certains services, si bien que la Ville n'enregistre qu'une baisse de résultat estimée à 1,8 million d'euros. Et ce malgré les réformes fiscales qui privent encore et toujours les communes de ressources. « Peu à peu il ne reste aujourd'hui, comme taxes dont les communes peuvent ajuster le taux, la seule taxe foncière », a déclaré Gaby Charroux. « C'est grave, c'est très grave, c'est la perte d'autonomie des communes qui est annoncée, d'une dynamique de ces différentes taxes, et ce sont les services publics qui sont mis en question ».
Une position étayée par Patrick Courtin, pour le groupe écologiste : « les décisions nationales sont une mise en coupe réglée des communes, l’État sape insidieusement nos leviers d'actions, centralise encore plus la fiscalité locale, affiche son mépris de l'échelon communal au profit des métropoles tentaculaires, et impose aux services publics la flexibilité libérale ».
Gérard Frau, pour le groupe communiste, ne sera pas plus tendre : « dans cette période l’État a décidé d'économiser des dizaines de milliards d'euros de dépenses publiques, alors que le partage des richesses et la redistribution sont le seul ruissellement profitable à toutes et à tous, et donc aux communes, qui à l'image de la notre, agissent quotidiennement comme des réducteurs des inégalités économiques, sociales, professionnelles et urbaines. Tout est fait pour rendre plus dépendantes les collectivités territoriales de dotations de l’État et de la Métropole en les privant de leviers fiscaux, c'est une remise en cause de notre autonomie financière, qui est pourtant un principe constitutionnel ».
Mais malgré ce contexte économique compliqué, et les difficultés qui risquent d'aller en s'accroissant, la majorité n'entend évidement pas baisser les bras, bien au contraire, tout un programme d'actions sera bientôt lancé : « Il y a quatre grands piliers sur lesquels on pourra agir : l'emprunt, l'impôt, les recettes nouvelles par le biais de subventions et de plans de relance, et les économies », rassure le maire. « Nous allons produire le meilleur budget, tant sur le fonctionnement que les investissements, car nous avons encore besoin de développer notre ville en équipements et d’entretenir notre patrimoine. Nous avons d'ores et déjà deux grands plans d'actions, pour permettre à chaque habitant de se développer dans l'accès à la culture, au sport, à la solidarité, à la formation, et à l'insertion, mais aussi pour défendre notre patrimoine naturel qui a tant souffert en août dernier. Nous allons mettre tous nos efforts et nos moyens pour travailler en ce sens », a conclu Gaby Charroux.