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1er mai à Martigues : confinés mais pas muselés !

La CGT de l'hôpital des Rayettes annonce la couleur

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La CGT de l'hôpital des Rayettes annonce la couleur

M. Maisonneuve M. Maisonneuve
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Représentants syndicaux, politiques et associatifs célèbrent aujourd’hui ce 1er mai malgré le confinement. Tous expriment des craintes pour l’après, mais aussi des espoirs afin que quelque chose change dans ce pays

Un 1er mai symbolique, pour le maire de Martigues, Gaby Charroux : « Ce 1er mai 2020 est un symbole du sacrifice que des centaines de milliers de salariés sont en train de faire et à qui on se prépare à en demander de nouveaux. Il est un symbole d'un monde libéral qui est devenu un monde d'approximations, de cacophonies permanentes, un monde irresponsable. Cela doit changer, notre France doit changer. Elle doit mettre au cœur de son moteur la femme et l'homme, le travail et l'éducation. Elle doit porter la liberté, l'égalité et la fraternité, pour aller vers la solidarité. Je veux redire tout mon soutien aux salariés, aux syndicalistes, aux citoyennes et citoyens qui ne pourront pas manifester ce 1er mai, mais sauront porter cette espérance d'un monde, d'une France qui change »

Pour Pierre Dharréville, député PCF de la 13e circonscription, la reprise du travail ne peut pas se passer comme le 1er ministre l’a dit : « Il faut plus de démocratie dans les entreprises, que les organisations représentatives du personnel soient consultées et donnent leur aval sur les conditions de reprise. L’une des leçons que je tire de cette épreuve, c’est qu’il faut respecter le travail, à la fois du point de vue du salaire mais aussi de la reconnaissance de la valeur de chacun. Il y a, on le sent, une volonté du gouvernement d'instrumentaliser la crise sanitaire pour faire avancer des projets ultra-libéraux comme l’allongement de la durée du travail. L’épreuve que nous traversons passe la société au révélateur et nous ramène à des choses essentielles, notamment trouver les moyens de mieux respecter l’humain et la planète ».

Secrétaire du Parti communiste Martigues, Jonathan di Ruocco lance un appel : « J’encourage tous ceux qui aujourd’hui ouvrent les  yeux sur la situation qu’on est en train de vivre dans notre pays et en Europe, à remettre fortement en question le modèle de société qu’on nous impose depuis des années pour en construire un nouveau, où l’on placerait l’humain au cœur du développement de nos sociétés. »

« Le jour d’après, pour moi, c’est plus jamais ça ! » clame Josy Capozi, responsable du Secours populaire à Martigues. Choquée par les situations de misère que l'épidémie a exacerbées, cette ancienne agente hospitalière ne mâche pas ses mots : « Cette crise sanitaire révèle l’incurie du gouvernement, on s'est retrouvé face à une pénurie de matériels médicaux et une aggravation de la précarité dans laquelle vivent beaucoup de gens. On a dû aider des personnes qui avaient faim, on se demande ce qui s’est passé en France pour qu’on en arrive là ! Les associations comme la nôtre aident les plus démunis à maintenir la tête hors de l’eau, mais la réponse est avant tout sociale et économique. »

 Le responsable de l’Union locale CGT, Julien Granato, pense qu’une grande mobilisation est nécessaire : « En arriver à une catastrophe pareille dans un pays qui est la 7e puissance économique mondiale, et voir nos gouvernants incapables d’y faire face, c’est plus qu’insatisfaisant. C’est la continuité d’une politique menée depuis longtemps. Le jour d’après c’est avant tout se donner les moyens de changer ça. »

 Pour l'Union locale CFDT, Georges Hernandez évoque la concertation : « S’il n’y a pas une large concertation, des gestes forts du gouvernement pour venir au secours de nos services publics, s’il n’y a pas de changement d’attitude pour une justice sociale et fiscale, je pense qu’on risque de repartir sur des mouvements sociaux. »