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Martigues. La campagne électorale s'invite (déjà) au Conseil Municipal

Martigues. La campagne électorale s'invite (déjà) au Conseil Municipal

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Martigues. La campagne électorale s'invite (déjà) au Conseil Municipal

R. Chape R. Chape
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Soucieuse de finaliser l’ensemble des projets lancés au cours de son mandat, la majorité municipale a tout de même dû répondre à des interpellations pour le moins "spectaculaires" du conseiller d'opposition Jean-Luc Di Maria.

 

C'est devant une salle comble -sans doute dans l'attente d'un "règlement de comptes" annoncé- que Gaby Charroux ouvrira la séance. Avec une première intervention au sujet des récentes commémorations traditionnelles (des 3 et 11 novembre), pour rappeler que "Martigues continuera de porter haut et fort les valeurs de la République", et ce, malgré les comportements "inappropriés" et "indignes" de "certains". Une pensée pour les victimes du Bataclan conclura cette introduction.

La seconde intervention de pré-séance verra le maire répondre à des "préoccupations surdimensionnées" émises par l'opposition concernant la campagne électorale à venir. Il donnera pour ce faire la définition académique du verbe "proposer", pour illustrer "l'affaire" des tribunes du magazine Reflets. Jean-Luc Di Maria lui reprochait de vouloir censurer ses propos, tandis que Gaby Charroux lui rappelait qu'il en avait toujours été ainsi lors des précédentes élections, et que puisqu'il le désirait, elles seraient, pour la première fois donc, maintenues. 

D'autres précisions seront apportées par le maire au sujet de la disponibilité des salles municipales durant la campagne, également visée par le leader de Martigues A'Venir. "Afin de respecter le pluralisme, tous les candidats pourront utiliser les salles de l'Office de Tourisme et la salle du Grès, à condition qu'elles soient disponibles, nous les avons spécialement réservées pour les deux mois précédents l'élection, mais si un candidat souhaitait la réserver avant, nous répondrions positivement, à condition qu'elle soit libre", précisera le maire. 

Malgré ces deux tentatives de "désamorçage" des polémiques sévissant sur les réseaux sociaux, le ton finira tout de même par monter, au terme de la présentation du rapport écrit des représentants du Conseil Municipal au sein du Conseil d'Administration de la SEMIVIM* (Question 8). "Une entreprise qui n'est plus manageable", "une situation harcelante", "un personnel en souffrance", des "cadres en burnout à la limite de la rupture" et une "souffrance financière"... Voilà le portrait que Jean-Luc Di Maria dressera de la société, tandis qu'Emmanuel Fouquart, lui, relèvera "un résultat net bénéficiaire", le faisant s'interroger sur les travaux restant à réaliser. 

C'est d'ailleurs au conseiller du Rassemblement National que s'adressera Gaby Charroux, qualifiant les propos de Jean-Luc Di Maria "d'atermoiements". "La SEMIVIM a acheté et payé à la Ville les 433 logements de Paradis Saint-Roch et a en même temps engagé une analyse visant à la réfection de ces logements, dont seuls 76 sont conventionnés. Nous devons réhabiliter les 433, sur les fonds propres de la société, c'est pourquoi nous avons du  obtenir des prêts bancaires importants auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations, qui a accepté nos demandes. Elle ne prête que si la signature est solide, et c'est le cas de celle de la SEMIVIM. Le personnel est en aussi bonne forme que la société", expliquera le maire. 

Des propos qui feront sortir de ses gonds le leader de Martigues A'Venir, brandissant ce qu'il présentera comme un rapport (ndlr : de 3 pages) en criant : "Laissez-moi parler !". Il reprendra la parole à la Question n°18, relative au déménagement de l'Office de Tourisme dans le quartier de l'Île, pour critiquer le fait qu'il ne figurait pas dans le projet de mandat du candidat Charroux en 2014. "Ce chantier là, il ne sortira pas ! Il y a une élection, vous vous permettez de choisir à la place des autres", dira-t-il. Cette fois c'est Sophie Degioani, rapporteuse de la question, qui lui répondra. "Je trouve que parfois cette assemblée ressemble de plus en plus à la Foire de Marseille, avec vous Monsieur Di Maria dans le rôle du bonimenteur, avec votre rapport qui sort d'on ne sait où", lancera-t-elle. "Nous n'avons pas attendu les élections et travaillons sur ce projet avec les habitants et les commerçants de l'Île depuis deux ans. Je peux vous assurer qu'il ira au bout et que les Martégaux en seront contents".  

(*) SEMIVIM : Société d'Economie Mixte Immobilière de la Ville de Martigues