Temps forts

Jean-Claude Gaudin : "J'ai consacré ma vie à Marseille"

Jean-Claude Gaudin dans les studios de Maritima à Marseille aborde les temps-forts de ses mandats.

1/1

Jean-Claude Gaudin dans les studios de Maritima à Marseille aborde les temps-forts de ses mandats.

R. Chape R. Chape
Partagez cet article
  • Pratager sur Google+

Jean-Claude Gaudin était invité dans les studios de Maritima à Marseille pour une interview exclusive. Maire de la ville depuis 1995, il aborde son ultime mandat, mais aussi sa succession, ses opposants, le rapport de la Cour des Comptes et le drame de la rue d'Aubagne...

Son ultime mandat. "J'ai consacré ma vie à cette ville. J'ai eu des fonctions importantes, à Paris, mais à chaque fois que j'y étais, c'était pour défendre Marseille. Ma fierté c'est d'avoir conduit 4 fois dans 4 élections différentes mes amis au succès. Et c'est parce que nous avions gagné la Mairie que le succès est aussi venu ailleurs, dans d'autres élections, et que chacun est fier de porter cette écharpe tricolore, que je porte depuis 50 ans. J'ai fait des choses sans doute bien, j'en ai fait d'autres sans doute moins bien, j'en ai peut-être loupé d'autres aussi. Mon fil directeur a toujours été de faire reculer le chômage"

Sa succession. "Parmi mes amis, plusieurs auraient pu prétendre à la succession, mais une femme s'est dégagée : Martine Vassal. Elle a gagné le Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône, que nous n'avions plus présidé depuis 1910. Elle a gagné sur son nom, elle a donc le sacrement du suffrage universel, et ça c'est très important".

L'extrême droite. "C'est un danger. On parle toujours du plafond de verre, mais un jour il peut s’effondrer, comme cela a été le cas dans d'autres villes, et cela pourrait arriver ici également. Monsieur Ravier est déjà haut dans les sondages et je pense qu'il aura un succès encore plus important. C'est mon adversaire, et il est clair que par rapport à cette multiplicité de candidatures, il y a toujours ce danger, qui pourrait arriver subrepticement. Je suis un démocrate chrétien, ce sont mes origines. Et donc je veux une ville de fraternité, de générosité, où l'on vive ensemble et dans laquelle ces valeurs républicaines l'emportent toujours sur leurs contraires ; la haine, l'exclusion, et la différence entre les uns et les autres : c'est ça le Front National".

Bruno Gilles. "Il y a les légendes, et pour certains les élucubrations. J'ai évoqué avec Bruno Gilles, comme avec d'autres de mes amis politiques, depuis longtemps, une éventuelle succession. Sans jamais préciser quoi que ce soit publiquement. Aujourd'hui Bruno Gilles n'a pas été retenu par la commission nationale des investitures de notre formation politique. Il est un ami pour moi, et il restera un ami, parce que pendant 24 ans nous n'avons jamais eu le moindre différend, nous avons fait campagne ensemble deux fois au Sénat et il a été deux fois sénateur. Je l'appelle encore une fois au rassemblement et à rejoindre madame Vassal. Il a, bien entendu, toute sa place dans une nouvelle municipalité".

Renaud Muselier. "C'est ce que je vous disais, il y a les légendes, et les élucubrations..."

Le rapport de la CRC. "Je conteste formellement tout cela. Il s'agit d'un exercice caricatural tentant de discréditer les 25 années de gestion de la ville. Et je vais répondre :
1) La ville n'a pas d'emploi fictif.
2) Elle ne s'endette pas pour financer le remboursement de sa dette, elle l'a au contraire réduit de 10% en 5 ans.
3) Marseille respecte la durée réglementaire du temps de travail.
4) Nous devions faire 1,5% d'économies, nous en faisons 2,5%.
Je saisis le président national de la Cour des Comptes pour que l'on rectifie tout ce qui dans ce rapport me paraît excessif, diffamant et contraire à la vérité. Je me suis senti blessé. On croyait que je ne présenterai pas ce rapport, car à partir du 1er décembre j'aurais pu ne pas le faire, mais j'ai voulu assumer".

Rue d'Aubagne. "Lorsque j'ai connu des périodes difficiles, comme le drame de la rue d'Aubagne, qui me hante tous les jours à cause de la mort de ces 8 personnes, il est clair que quelques uns de mes amis, même importants, se trouvaient sous la banquise dans le Vieux-Port. A trois reprises ma municipalité a fait des accords avec l'Etat contre l'habitat indigne. En 2002 nous avons fait un accord avec Madame Marie-Noëlle Lienemann, en 2006 et en 2007 avec Jean-Louis Borloo, et en 2017 nous avions commencé à le faire avec Monsieur Denormandie, l'actuel ministre. On m'a critiqué lorsque je donnais de l'argent à la cité Bellevue, car elle était privée, mais c'était pour améliorer les conditions de l'habitat. Alors évidemment on n'a pas tout fait, les grandes constructions de l'après-guerre sont maintenant dégradées, et la seule chose que l'on peut faire c'est d'essayer de les supprimer en ayant relogé préalablement tous leurs habitants".