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Marseille. Le Compte Administratif "n'y est pas" pour l'opposition

Majorité et opposition ne partagent pas la même vision de Marseille.

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Majorité et opposition ne partagent pas la même vision de Marseille.

R. Chape R. Chape
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Réunis en Conseil Municipal ce matin, les élus marseillais discutaient notamment du Compte Administratif de l'exercice 2018, pour lequel majorité et oppositions se sont vivement divisées.

Des dépenses de fonctionnement en baisse, 95 millions d'euros de dette en moins, et 121 millions d'excédent global... Dans son rapport la majorité marseillaise se félicite d'avoir pleinement respecté les objectifs fixés pour l’exercice 2018, en mettant en avant « d'importants efforts de gestion sur l’ensemble des budgets communaux, dans un contexte financier contraint »

Une conclusion que ne partagent évidemment pas les oppositions, qui ont préféré mettre de côté les « 1700 pages de chiffres qui ne passionnent pas grand monde », pour Benoît Payan, d'un « document austère et largement interprétable » pour Stéphane Ravier, afin de se concentrer sur des critiques de fond, faisant émerger du débat leurs différences de conviction politique.

« La baisse des dépenses de fonctionnement, c'est le recul de l'action publique pour laisser la place au privé, à la finance et aux actionnaires », dira la communiste Valérie Diamanti. « Vous participez à dévaloriser l'action publique, une autre politique est possible, une autre gestion de la municipalité est urgente ».

« Dans ce Compte Administratif, on trouve de quoi ériger des murs, des barricades, des barrières, qui éloignent les Marseillais de leur ville », déclarera à son tour le président du groupe socialiste. « Vous continuez de décider seul, dans le mépris des habitants. Il n'y a pas de concertation, pas le moindre projet d'avenir pour un territoire qui en a tellement besoin ».

Stéphane Ravier s'exprimera quant à lui plus largement sur les 25 ans de mandature de Jean-Claude Gaudin, en décrivant la « réalité catastrophique » que le C.A « ne montre pas ».
« La réalité, c'est la pauvreté qui touche 28% de la population, […] ce sont les attaques au couteau ou à la machette selon la tradition exotique importée, les armes de guerre, le trafic de drogue, la barbarie ». Le conseiller RN citera également des sondages faisant de Marseille la ville la plus embouteillée et la plus polluée de France, « la plus sale de l'hexagone ». Il dénoncera enfin les conséquences d'une politique menée par « la droite de l'immobilier », qui a soutenu une « immigration massive et clandestine, ayant entraîné le développement d'un islamisme radical et conquérant ».

Des propos « hors sujet » pour Yves Moraine, qui répondra au contraire que le rapport « démontre la rigueur de la gestion particulièrement saine des finances municipales, au point qu'il a forcé les orateurs pressés de l'opposition à trouver d'autres sujets de discussion ».

« A vous entendre les Marseillais seraient donc masochistes de nous reconduire au pouvoir depuis tant d'années, tout en se privant des grands génies que vous êtes », lancera-t-il. « Marseille n'est ni la plus polluée ni la plus embouteillée de France, c'est Paris, une ville pourtant dirigée par une majorité socialo-verte et communiste, ce qui n'est donc pas une garantie de qualité de l'air et de circulation fluide ».

Puis à destination de Stéphane Ravier : « Nous avons fait progresser les effectifs de police municipale de 50 à 450 agents, et l'équipement de la vidéo-protection a permis de faire baisser la délinquance. Vous entrez dans le débat municipal, en ayant pourtant facilement abandonné votre fauteuil de maire de secteur pour celui de sénateur...».