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L'Orange Vélodrome se transforme en école pour l'été

  • OM
  • 24/07/2020 à 16h45
  • 02:47
C. AMOUROUX C. AMOUROUX
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Le stade marseillais est vidé de ses joueurs et de ses supporters depuis plusieurs mois... Mais pour l'été il prend une casquette pédagogique en accueillant une centaine de minots pour des stages. Le cadre est idyllique, les activités originales et les enfants retrouvent un cadre après une période propice aux décrochages scolaires.

Quelques banderoles accrochées en tribune viennent rappeler l'ambiance survoltée des soirs de matchs. Aux bords de la pelouse, des visiteurs de l'OM Tour s'arrêtent pour prendre des photos, silencieusement. L'Orange Vélodrome est calme depuis bien longtemps, trop longtemps pour les supporters: "J'espère qu'on va revenir vite, ça manque terriblement", confie le chanteur Bengous. Sur une terrasse qui offre une vue imprenable, l'interprète du titre "Tié la famille" n'est pas venu pour encourager son équipe habituelle. Il est là pour rencontrer les jeunes stagiaires de l'OV School. Ils sont 25 à avoir investi les beaux locaux de la tribune Orange, une douzaine de collégiens et une douzaine de jeunes primaires. Tous sont invités par l'Orange Vélodrome en partenariat avec Synergie Family et l'Olympique de Marseille.

Des vacances pédagogiques dans l'univers de l'OM

Chez les grands, la pièce est bruyante ce matin. Séparés en deux équipes ils doivent apprendre à danser le Haka, les plus convaincants remportent le duel. L'apprentissage est assez laborieux et difficile de garder son sérieux pour la plupart, surtout quand la coordination n'est pas au rendez-vous. Après quelques fous-rires, plusieurs entraînements et les bons conseils des encadrants, le rendu est honorable et le travail collectif finit par payer. Apprendre avec des jeux, c'est le mot d'ordre ici: "On leur fait faire des maths et du français par exemple mais uniquement en s'amusant", explique Anne-Sophie, co-directrice adjointe du programme. Pour certains de ces jeunes, le confinement a été synonyme d'éloignement du cursus scolaire: "Le but est qu'ils prennent confiance en eux. En arrivant parfois, ils ne veulent pas écrire pour ne pas montrer leurs fautes orthographes et au final en jouant ils écrivent, lisent,comptent et ils adorent ça!". Quand les enfants arrivent pour la première fois dans le stade, c'est toujours un moment particulier pour eux, ils ont même droit à une visite des lieux. Dans ce contexte, l'Orange Vélodrome devient un véritable outil pédagogique : calculer l'aire, le périmètre en utilisant la pelouse et les plots mais aussi parler des nombreux métiers qui font vivre le stade et donc susciter, peut-être, des vocations.

Dans la pièce d'à côté, l'ambiance est studieuse chez les plus petits. Il faut dire que la mission du jour est importante : aider le magicien Vélodrum, victime d'un voyage dans le temps de 2600 ans, à rentrer chez lui. A travers ce monde imaginaire, les minots apprennent le Français. Sous la cape et le chapeau pointu de ce drôle de druide, se cache Cédric, professeur d'histoire dans la vraie vie : "On n'est pas du tout dans le jugement, la pression et l'évaluation de l'école (…) On a un cadre qui est magique et on se sert de ce cadre (…) Ils sont très réactifs". Pour cet enseignant, c'est aussi une expérience inédite après une période de confinement qui a suscité des réflexions sur ses méthodes de travail : "Comment faire passer des compétences, des connaissances et des capacités à travers un écran d'ordinateur (…) Et donc il faut se remettre en question sans cesse et ce travail en fait partie".