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Championnat national de pêche : récit d'un bateau participant

  • Loisirs
  • 13/08/2021 à 08h30
  • 04:25
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Les horaires sont importantes en championnat. Départ 6h30, mouillage 8h30, fin 17h00. ©LucasL

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Les horaires sont importantes en championnat. Départ 6h30, mouillage 8h30, fin 17h00. ©LucasL

L'équipage pêche au broumé. ©LucasL

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L'équipage pêche au broumé. ©LucasL

M. Rédaction M. Rédaction
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Reportage en haute mer ! À l'occasion du championnat national de pêche en haute mer, dont la première journée s'est tenue avant-hier, à Martigues, Maritima a embarqué à bord du "Jade 2" pour vous faire vivre l'événement. Patience, passion, et gros poisson, l'événement est un immanquable de l'été.

 Championnat national de pêche : immersion à bord d'un bateau participant

Il fallait se lever tôt le 11 août pour embarquer aux côtés des pécheurs de l'édition 2021 du championnat national de pêche en haute mer, organisé à Martigues par la Fédération Française de Pêche en Mer et le club nautique de la ville. Nous nous sommes frayés une place à bord du "Jade 2", dès 6h00 du matin pour suivre le déroulé de la compétition qui a réuni 130 participants.

Avant le thon, des maquereaux 

Six heures du matin, les réverbères et les lampes torches éclairent les participants qui arrivent peu à peu sur les quais du port de la Mairie. Jacques Champoléon, Franck, Claude et Fred, préparent leur embarcation avant le départ. Les sardines qui serviront d'appâts sont placées dans les glacières, le "Jade 2" est inspecté une ultime fois. Un café et un croissant partagés avec les autres compétiteurs, et les voici partis pour la mer. Pour ce championnat, leur bateau portera le numéro 23.

Sept heures trente, un Martigues au crépuscule se dessine dans le sillage du bateau. Avant de naviguer vers le large de Marseille, l'équipe effectue une halte pour attraper quelques maquereaux qui serviront à la pêche au vif. "Les thons mordent plus lorsque l'appât est en mouvement, là-dessous, ce sont des prédateurs. On perd peut-être un quart d'heure, mais ces prises peuvent s'avérer très utiles", explique le capitaine. Il est huit heures lorsque le moteur redémarre pour se diriger vers la première zone de mouillage. 

12h50, toujours rien 

Huit heures trente, la radio raisonne dans la cabine. Le "podium" bateau arbitre, lance le top départ de la journée. "Le Jade 2" peut désormais être mouillé, les quatre cannes à pêche réglementaires mises à l'eau. La pêche au "broumé", cette méthode qui consiste à couper des morceaux d'appâts et les jeter à l'eau pour les amener vers les hameçons, débute. L'équipage garde également les yeux rivés sur le sondeur, objet capable de desceller la présence du thon ou des bancs de poissons lui servant de nourriture. Et lorsqu'il ne s'agit pas du sondeur, ce sont les flotteurs qui sont scrutés, toute plongée de l'un d'entre eux pourrait signifier un "départ", un thon qui mord à l'hameçon. 

En parlant de départ, ils se succèdent pour les autres équipes à la radio, "l'Aquarius pour podium, poisson relâché, 1m15 [...] podium pour Aquarius, poisson relâché, 1m15 bien noté, merci". Chaque départ, casse, prise, ou relâche, est comptabilisé par le podium, ainsi que les déplacements et positions des équipes. Il est midi cinquante, après deux décrochés puis un calme plat, le groupe décide de changer de place. "Les courants ne sont pas avec nous, nos sardines ne vont pas sur les hameçons", remarque Jacques. Après un appel radio, le bateau redémarre. Direction EST,  un peu plus au large, d'après les annonces, les départs y sont plus fréquents.  

"Avant on pouvait attraper des thons de 200 kilos"

Dès les première secondes après s'être installée, la canne numéro quatre subit un départ furibond. Les sourires se forment sur les visage des pêcheurs, le lancement est annoncé, le combat débute. Après avoir saisi un harnais, Franck s'installe et commence à remonter sa cible. "Le départ était si rapide, ça fait longtemps qu'on n'en a pas eu des comme ça", lance Claude. 

Mais après dix minutes de lutte, le fil casse, Franck est projeté en arrière, cette prise ne sera pas pour eux, elle s'échappe avec plus de 600m de fil. "C'est rageant, il avait l'air vraiment beau. Après, on a voulu pêcher avec les petites cannes, c'est sportif, mais ça marche pas à tous les coups. On fera différemment demain". 

S'en est suivi un long calme durant toute l'après-midi, le broumé sombrant vainement dans l'eau durant plusieurs heures. Ce n'est qu'en fin de journée, à seize heures, que l'équipage réussit la prise d'un thon d'un mètre vingt-cinq après quinze minutes de lutte. À la peau argentée et en parfaite forme, seule la taille de ce dernier déçoit un peu le capitaine. "Avant, on pouvait attraper de thons de 200 kilos. Quand on entend la taille des prises du jour, c'est assez triste. Mais on retient la méthode pour la suite. Des petits morceaux en appâts, et de plus grosses cannes"

Retour à quai 

À dix-sept heures, après onze heures passées en mer, l'organisation annonce la fin de la journée de compétition, les lignes doivent être relevées, les ultimes lancement déclarés. Le "Jade 2" rentre au port, accueilli par le public martégal, venu acclamer les pêches du jour, deux thons d'un mètre soixante-cinq, et partager un repas. Il est dix-neuf heures, pour cette première cession, pas de poisson à bord pour le numéro 23, sa seule prise n'étant pas assez grande pour le "maillage" du jour, fixé à 1m60.

Mais l'équipe est rodée, et part optimiste pour le lendemain. "Vous savez, la pêche que l'on fait, c'est de la patience, de l'anticipation, et de la passion. Demain, on reviendra avec une nouvelle expérience", conclut Franck.

Reportage, images, et vidéo : Lucas Laberenne / Maritima Médias 

Merci au "Jade 2" pour son accueil.