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"Si ma mère était encore là, elle ne l'aurait pas cru", le témoignage d'un Ukrainien à Marseille

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  • 24/02/2022 à 12h05
  • 02:14
M. Chaix M. Chaix
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La guerre est déclarée. Plus de 40 militaires ukrainiens et une dizaine de civils ont été tués aujourd'hui après l'offensive lancée par la Russie sur l'Ukraine. Boris Mardariev est Ukranien du côté de sa mère, et installé dans la cité phocéenne depuis 10 ans. Entre émoi et impuissance, il envoie un message d'espoir

De l'Ukraine, il ne lui reste que de vagues souvenirs d'enfance mais son attachement à son pays est toujours profond. Boris Marbariev a grandi dans le sud du pays aux côtés de sa mère. Plus tard, il a déménagé en Russie. Le voilà aujourd'hui à Marseille depuis 10 ans, où il dirige une association musicale qui réunit des Russes, des Ukrainiens, mais aussi des Corses. Dans son établissement, malgré l'Histoire, les communautés vivent en harmonie et sont réunies autour de la Culture. "Ici, nous ne faisons pas de politique", explique-t-il.

Réveil assourdissant pour lui ce matin. "Ce que j'ai vu aux informations m'a beaucoup ému. Je déplore cette situation. Si ma mère était vivante, elle ne l'aurait pas cru" s'émeut-il. "Comment Poutine peut-il s'attaquer à ce pays ? Nous partageons la même culture, presque la même langue, nous devrions nous comporter en frères".

"Inquiets pour les morts"

En Ukraine, Boris a encore de la famille, lointaine. "Poutine prétend bombarder des sites militaires, mais les civils vont souffrir aussi. Je m'inquiète pour les morts, pour les familles, les enfants". Les bombardements ont déjà tué une dizaine de civils en à peine quelques heures. "Moi je ne fais pas de géopolitique ou de politique, mais il faut privilégier le dialogue. Cette guerre est idéologique. Poutine veut récupérer un ancien territoire satellite de l'URSS, mais surtout répondre aux États-Unis et ne pas avoir à subir de bases militaires aux portes de son pays".

"Dans les guerres, il n'y a pas de gagnants, ou de perdants. Il n'est jamais trop tard pour la désescalade. Et ce conflit va peser lourd sur les Russes aussi. Les bombes, quand elles tombent, elles ne choisissent pas. Il y a beaucoup de Russes installés en Ukraine".

Boris Mardariev appelle les civils à se protéger, et dit "comprendre leur exode". "Je comprends que le pays s'arme, mais pour moi le combat est perdu d'avance. Un si petit pays ne peut pas affronter le plus grand du monde".  "J'apporte tout mon soutien aux populations et leur adresse tout mon courage dans cette guerre difficile qui s'annonce". 

 

(En extrait audio, l'interview de Boris Mardariev, Ukrainien installé à Marseille. A retrouver dans votre journal radio de midi en replay, et dès 18h)