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Attentat à Marseille en 2017 : la faute de l'Etat écartée par le rapporteur

  • Justice
  • 08/01/2020 à 14h22
  • 02:03
Attentat à Marseille en  2017 : la faute de l'Etat écartée par le rapporteur

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Attentat à Marseille en 2017 : la faute de l'Etat écartée par le rapporteur

M. Chaix M. Chaix
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Ce matin, le recours des parents des deux étudiantes tuées le 1er octobre 2017 sur le parvis de la gare Saint-Charles a été rejeté par le rapporteur public devant le tribunal administratif de Lyon. En jeu : la responsabilité éventuelle de l’État dans le meurtre des deux jeunes filles. Les avocats des victimes pointent de "lourds dysfonctionnements". Le tribunal rendra sa décision sous deux à trois semaines.

Les proches de Laura, 22 ans et Mauranne 20 ans, poignardées par Ahmed Hanachi le 1er octobre 2017 sur le parvis de la gare Saint-Charles avaient déposé deux recours en septembre 2018. L'un pour demander à ce que soit reconnue la responsabilité de l'Etat dans leur assassinat, l'autre pour que des indemnités leur soient versées.

Deux jours avant l'attaque, l'assaillant avait été interpellé à Lyon pour un vol à l'étalage. Il avait été relâché le lendemain sans mesure d'éloignement, ni placement en rétention alors que Ahmed Hanachi se trouvait en situation irrégulière. "La preuve qu'il y a eu des carences fautives de la part de l'Etat" explique l'avocate des familles. Un avis partagé par le porte-parole du gouvernement de l'époque, Christophe Castaner, qui avait estimé que "l'attentat aurait pu être évité".  Un rapport de l'Inspection générale de l'administration avait d'ailleurs pointé "de graves dysfonctionnements du dispositif de l'éloignement" à Lyon. Henri-Michel Comet, le préfet du Rhône avait été limogé.

"Ni fiché, ni connu pour radicalisation"

De son côté, le rapporteur public rejette toute responsabilité de la part de l'Etat. "L'administration n'a pas commis de faute en ne prenant pas une décision qu'elle n'était pas obligée de prendre", a estimé Christophe Rivière. Notamment en ce qui concerne le placement en rétention - en vue de son expulsion.

Le rapporteur a également fait valoir que l'individu n'était pas fiché ni connu pour radicalisation, et que rien ne présumait sa dangerosité potentielle."Il est facile de dire, après coup, que s'il avait été placé en rétention, il n'y aurait pas eu d'attentat", a rétorqué à l'audience une représentante du ministère de l'Intérieur. "Que je sache, toutes les personnes en situation irrégulière ne sont pas des terroristes en puissance, dire le contraire serait faire un amalgame que nous ne voulons pas faire", a ajouté Pascale Léglise, cheffe du service du conseil juridique et du contentieux place Beauvau.

Le tribunal rendra sa décision sous deux à trois semaines.