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Fumée jaune d'Arcelor: à Fos-Sur-Mer la colère monte

Fumée jaune d'Arcelor: à Fos-Sur-Mer la colère monte

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Fumée jaune d'Arcelor: à Fos-Sur-Mer la colère monte

G. Saucerotte G. Saucerotte
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Une baisse de tension électrique a provoqué de nombreuses nuisances dans les industries environnantes. A Fos-sur-Mer, le maire, les associations et les organisations syndicales crient leur ras-le-bol

C'est l'épisode de trop! Le 4ème en deux mois, pas étonnant donc que l'énorme panache de fumée émit dimanche 12 septembre par ArcelorMittal ait provoqué la colère de nombreuses personnes. En tête, le maire de Fos, Jean Hetsch, qui le dit sans détour : "Trop c'est trop, il faut que ça cesse". Pour mémoire, dimanche dernier, une baisse de tension sur une ligne à haute tension desservant les plateformes de Lavéra et Fos a entrainé de nombreuses nuisances, notamment l'arrêt de certaines unités. Si les industries pétrochimiques ont pu brûler les gaz dû à ces arrêts dans leur torche, chez ArcelorMittal, qui ne dispose pas d'un tel matériel, les gaz ont été envoyés aux chandelles et directement rejetés dans l'atmosphère, occasionnant une impressionnante fumée jaune. 

La sécurité de tous en jeu

L'industriel l'a annoncé il y a peu, il devrait, d'ici l'année prochaine, équiper son usine de ces fameuses torches. Mais face à la récurrence des incidents, élus comme syndicats demandent à ce que les travaux soient avancés. "Il faut accélérer le calendrier, estime Jean Hetsch. 2022 c'est trop loin. Et si l'incident est dû à un problème sur le réseau électrique, il faut aussi le regarder." Le préfet a été saisi par le maire et un CSE (comité social et économique) extraordinaire a été demandé par les salariés. Car désormais, c'est avec la peur au ventre qu'ils se rendent dans leur usine. "C'est invivable, ce n'est plus possible de travailler dans ces conditions-là, estime Sandy Poletto, représentant CGT. Plus personne ne se sent en sécurité et encore moins celles qui travaillent dans les secteurs concernés. Certains collègues se sont retrouvés dans le noir. Ça suffit! D'autant qu'avec les bénéfices engrangés cette année, ArcelorMittal pourrait aisément investir pour les 10 ans à venir. " De son côté, la direction qui s'est "excusé pour la gêne occasionnée" par voie de communiqué n'a pas encore donné d'explications ni avancé de solutions. "Cet incident va venir compléter un dossier que nous avons déjà constitué contre plusieurs industriels dont Arcelor fait partie", explique Daniel Moutet, président de l'association de défense de l'environnement ADPLGF. Pour rappel, une procédure au civil a été mise en place en novembre 2019 afin d’assigner 4 industriels pour troubles anormaux du voisinage. L’audience est prévue dans le courant du mois d'octobre. 

Bis repetita

Dans un arrêté publié le 11 août dernier, la préfecture des Bouches-du-Rhône avait fixé à l'industriel des mesures d’urgence suite à deux incidents survenus le 6 et le 11 août. Selon nos confrères de La Marseillaise, ArcelorMittal disposait alors d’une semaine pour réaliser des mesures de la qualité de l’air à l’intérieur et à l’extérieur du site mais aussi pour préciser les mesures prises pour le redémarrage de ses équipements. La préfecture réclamait également que le producteur d’acier présente un projet de changement du système d’allumage des chandelles avant la fin de l’année pour éviter ces épisodes de pollution. Malgré les annonces de l'industriel concernant des investissements sur le site fosséen pour réduire les émissions de polluants, il a été condamné par le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence au début de l’été pour 36 infractions environnementales.

Pollution? Pas tant que ça!

L'idée peut paraître utopique, pourtant, d'après les mesures relevées par les capteurs, installés par Atmosud à Fos-sur-Mer, les seuils d'alerte n'ont pas été dépassés. "Nos deux stations analyses différents types de pollution, explique Sébastien Mathiot, chargé d'action pour Atmosud. On y a vu une élévation ce dimanche, mais rien de significatif dans la ville." L'explication est simple: "Avec le système de torche, les polluants partent à la verticale et sont rejetés très haut dans l'atmosphère. C'est très spectaculaire et peut paraître inquiétant, pourtant, au final, les polluants se disséminent et s'éparpillent dans les airs. La plupart des rejets ne tombent pas au sol, ils se diluent." Néanmoins, une note sera établie par l'organisme. 

(Photo© CGT ArcelorMittal)