Temps forts

Temps forts
Inscrivez-vous
Ecoutez MAritima RADIO en direct

Feu du 4/08 à Martigues: les pompiers font le bilan

Le camping des Tamaris . Photo auditeur Maritima Radio

1/1

Le camping des Tamaris . Photo auditeur Maritima Radio

H. Rico H. Rico
Partagez cet article
  • Pratager sur Google+

Le mardi 4 aout, le département des Bouches-du-Rhône qui était placé en risque d’incendie « très sévère » a connu un épisode venteux très important qui, conjugué aux conditions extrêmes de sécheresse, a favorisé le développement de plusieurs incendies sur cinq communes différentes (Martigues, Port-de-Bouc, Aubagne/Carnoux-en-Provence, Gignac-la- Nerthe).

Ce communiqué fait suite au communiqué conjoint diffusé plus tôt dans la journée par les services de la Préfecture des Bouches-du-Rhône et la ville de Martigues.
A la mi-journée, ce mercredi 5 août, ce sont 1 025 hectares qui ont été parcourus par un feu qui s’est déclaré vers 17 heures, mardi 4 août, à la Gacharelle sur la commune de Martigues, et qui a parcouru 8 kilomètres en quelques heures. Un sinistre combattu, au plus fort de l’intervention, par près de 1 800 sapeurs-pompiers, avec 454 engins.
Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont pu compter sur le renfort de 13 colonnes extra départementales, une colonne du BMPM, deux groupes d’appui et deux détachement « retardant » de l’UISC7. Soit un total de 16 colonnes de renfort au total ainsi des moyens aériens nationaux jusqu’à 21 heures.
Au lever du jour, ce mercredi matin, le Commandant des opérations de secours (COS) disposait des moyens aériens suivants :
- 1 DASH
- 4 canadairs
- 1 Dragon pour commandement
Des moyens importants, à la hauteur des enjeux humains, matériels, économiques et environnementaux. Des moyens importants également, pour mener à bien l’ensemble des missions que devaient remplir les sapeurs-pompiers dans un contexte complexe et de simultanéité de départs d’incendie.

En effet, ceux-ci ont fait face à un feu violent, attisé par un vent en rafales, avec une très forte vitesse de propagation, en même temps qu’ils devaient conduire d’autres actions.
Une saute de feu d’un kilomètre a pu être observée. Et des vitesses de propagation de l’ordre de 5 km/h ont été notées, illustrant le caractère exceptionnel de cet incendie.
Sur le plan humain :
- 2 700 personnes ont été évacuées
- 400 personnes ont été évacuées par la mer à partir de la plage des Tamaris ; les évacuations par des moyens nautiques coordonnées par la préfecture maritime se sont terminées vers 2 h du matin ; sur la plage de Sainte-Croix 800 personnes ont été évacuées par voie terrestre.
- 8 campings ont fait l’objet d’une évacuation préventive sur les communes de Martigues et Sausset-les-Pins (un dispositif d’accueil et d’hébergement a été mis en place par les communes ; une demande de moyens (couvertures et lits) a été effectuée par la commune de Martigues dans la nuit, orientée vers la préfecture et le centre opérationnel de zone par le centre opérationnel des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône (CODIS 13).
La complexité de cette intervention est due aux conditions météorologiques particulièrement défavorables desséchant la végétation et à la multiplicité des départs de feux dans le département malgré les appels à la vigilance.
Un important dispositif préventif avait été mis en place sur le terrain afin d’intervenir le plus rapidement possible (cela a permis de limiter les extensions de plusieurs autres incendies).
Pour rappel, un autre incendie s’était déclaré peu avant, sur la commune de Port-de-Bouc (effectif engagé de 300 intervenants dont une colonne de renforts, et 65 engins ; 130 hectares parcourus et de nombreux biens protégés) ; d’autres feux ont mobilisé les sapeurs-pompiers : Martigues quartier Figuerolles ; Gignac-la-Nerthe ; Aubagne-Carnoux et Fontvieille (ce feu a parcouru un hectare et nécessité le renfort d’un GIFF du SDIS 30).
Le feu de Martigues est resté actif toute la nuit au cours de laquelle les soldats du feu ont lutté d’arrache-pied pour le fixer :
- sur le flanc gauche au lieu-dit Le Tabouret, dans le vallon de Coudet et sur le quartier du grand Vallat à Sausset-les-Pins ;
- sur le flanc droit dans le vallon des Estrets.
Le Commandant des opérations de secours décidait alors d’engager dès 5h30, mercredi matin, des attaques ciblées basées sur un redéploiement des moyens.
Dans le même temps, des drones des Pompiers13 équipés de caméras thermiques ont procédé à un survol de la zone pour détecter les points chauds résiduels. Un hélicoptère bombardier d’eau restait positionné pour intervenir rapidement en cas de reprise de feu.
A 9 h ce mercredi matin, le feu de Martigues restait en cours de traitement. Une éventuelle réactivation du feu restait surveillée et la journée a été consacrée à la sécurisation du site. Les opérations de noyages et de surveillance vont s’échelonner sur plusieurs jours afin de pouvoir déclarer ce feu éteint.

Peu après 13 heures ce mercredi, une réactivation a nécessité la coupure momentanée sens Marseille-Martigues de l’A 55 afin de traiter la zone (moyens terrestres et aériens).
La vigilance reste de mise, compte tenu du contexte (si le vent faiblit, les températures restent élevées) et de la configuration des lieux (interfaces périurbaines). Même s’il n’y a pas d’autre activité opérationnelle significative liée au feu de forêt à cette heure. D’où d’importants déploiements de moyens pour couvrir le périmètre du feu qui est de près de 20 kilomètres linéaires avec des lisières parfois complexes à traiter.
Il faut en effet réaliser les actions d’encerclement, afin de sécuriser et d’éviter tout risque de réactivation. Néanmoins, un désengagement progressif s’est effectué à compter de 14h.
Mardi, l’intervention a entraîné diverses perturbations sur la vie courante et économique : fermeture temporaire de la D9 depuis le carrefour de la D5 jusqu’à la D49 ; fermeture temporaire de la D5 jusqu’au carrefour de la D49 et fermeture de la D49 jusqu’à Martigues. La circulation ferroviaire a été temporairement arrêtée entre Marseille et Miramas.
Bilan humain, matériel et valeur du sauvé
Des missions spécifiques d’investigation ont été lancées mais les premières reconnaissances permettent d’établir déjà les bilans suivants :
14 sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés ce qui illustre le niveau d’engagement des femmes et hommes qui ont pris part à la lutte.
Pour le feu de Martigues :
Les premières reconnaissances dressent le bilan matériel suivant :
- 2 camping très fortement touchés
- 54 bâtiments d’habitations impactées dont 5 fortement endommagés
- 1 véhicule de première intervention des Pompiers13 brûlé (mais les véhicules touchés n’ont pas été encore complètement décomptés, et un rapport complet sera établi dans les jours à venir)
Pour le feu de Port-de-Bouc :
- une maison, deux garages, une dépendance et un cabanon endommagés
- 3 entreprises détruites, les stocks extérieurs de plusieurs entreprises touchés
- le feu a occasionné une fuite de gaz enflammée sur une citerne enterrée chez un particulier - 5 poids-lourds et 9 voitures détruits
De très nombreux biens bâtis ont été préservés soit 15 maisons, plusieurs entrepôts, des stocks extérieurs et de nombreux véhicules.
Sur le plan de l’environnement, plus d’un millier d’hectares ont pu être préservés par l’action des secours.
Un nouveau départ de feu en milieu d’après midi

A 16h24, un nouveau départ de feu à Rognac en bordure de l’autoroute A7 s’est déclaré. Une zone forestière avec peu d’interface urbaine. En quelques minutes, 500 sapeurs-pompiers ont été projetés sur le chantier, appuyés par des moyens aériens de la sécurité civile (7 canadairs et 2 DASH ). Une dizaine hectares sont parcourus avant que les sapeurs-pompiers parviennent à fixer le feu vers 19h30. La situation devrait évoluer favorablement.
Contact presse : cadre d’astreinte communication Pompiers13 : 06 73 38 35 80