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Etang de Berre: le bout du tunnel pour la dérivation?

G. Saucerotte G. Saucerotte
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La visite sur l'étang de Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de Bérangère Couillard, secrétaire d'état en charge de l'écologie relance le dossier. D'énièmes études de faisabilité ont été commandées, mais l'espoir reste tout de même permis.

Cela faisait plusieurs années que l'étang de Berre n'avait pas accueilli de ministres sur ses eaux. Cette année, ce n'est pas un, mais deux ministres qui ont effectué le déplacement. Ils ont même poussé la visite jusque devant la centre EDF de Saint-Chamas. "Nous ne sommes pas venus faire du tourisme, martèle Christophe Béchu, le ministre de la transition écologique. Si nous sommes là, c'est dans un contexte particulier, celui d'un rapport parlementaire." Déposé, en 2020, par les trois députés locaux (Pierre Dharréville, Jean-Marc Zulesi et Eric Diard), ce rapport fait état de propositions pour réhabiliter l'étang, on y retrouve notamment le projet de dérivation, la réouverture du canal du Rove à la courantologie ou encore des mesures pour la conservation du patrimoine et de la biodiversité. "On est là pour comprendre, pour écouter et, au-delà de ce qu'on a pu lire, pour discuter avec les acteurs." Entendons par là, les députés, la Métropole Aix-Marseille-Provence et le Gipreb, l'organisme en charge de la surveillance de l'étang. 

Des rejets colossaux...

L'Etat a donc visiblement décidé de prendre les choses à bras le corps pour que l'étang retrouve son équilibre. Le ministre a d'ailleurs demandé des études rapides sur la faisabilité de la dérivation. Ces dernières devront être fournies d'ici le début 2023. Elles auront pour point de départ les précédentes études menées sur la question par le Gipreb. Dans les grandes lignes, il s'agirait de dériver l'eau de la Durance vers le Rhône ou la plaine de la Crau. Plutôt que d'asphyxier l'étang, une partie de l'eau douce pourrait alors alimenter des terres agricoles. Un projet ambitieux mais non dénué d'incertitude. "La quantité d'eau rejetée par la centrale est colossale", explique-t-on au Gipreb. Plus d'un milliard de m3 par an, pour la comparaison, il n'y a besoin que de 5% de cette quantité pour alimenter en eau potable une ville comme Marseille! Il faudra donc trouver d'autres sources de valorisation pour les milliers de mètres cubes restants. L'idée soutenue serait de renvoyer cette eau vers le Rhône.  

... Qui vont se poursuivre

L'autre solution envisagée pour diminuer la quantité d'eau douce est bien évidement la réduction des rejets par la centrale EDF. Une volonté clairement affichée par l'industriel il y a peu, mais vite oubliée au vu des pénuries d'électricité à venir. " Notre ministre de la transition énergétique travaille en direct avec EDF autour d'un modèle d'hydrauélectricité, poursuit Christophe Béchu. C'est une source d'énergie renouvelable dont on a besoin aujourd'hui pour se passer des énergies fossiles." Pas question donc de réduire la voilure pour EDF, c'est pourquoi le projet de dérivation semble le plus sérieux. Pourtant, il ne faut pas remonter bien loin pour voir les effets bénéfiques sur l'étang d'une absence de rejet d'eau douce. Cet été, et malgré les fortes chaleurs, le taux de salinité est remonté en flèche. Reste maintenant à résoudre l'épineuse question du budget. En 2016, le coût de cette dérivation avait été estimé à 2 milliards d'euros! 

Ecoutez l'interview de Christophe Béchu, ministre de la transition écologique.