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Port-Saint-Louis. Grande première: le recyclage des algues vertes

U. Téchené U. Téchené
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Recycler les algues vertes ? Bientôt possible avec le démonstrateur industriel que la société Eranova va construire au quai des Tellines à Port-Saint-Louis du Rhône. Une première mondiale.

Quel habitant des rives de l'étang de Berre n'a jamais été importuné par les algues vertes ? Par période elles se développent excessivement et c'est un enfer olfactif lorsqu'elles viennent s'échouer et pourrir à proximité des habitations ou sur les plages. C'est aussi un coût non négligeable pour les collectivités qui doivent les retirer : plus de 200 Euros la tonne, du ramassage au transport jusqu'à l'usine de traitement. Pour cette troisième phase, part la plus importante du budget, une solution de remplacement arrive grâce aux nouvelles technologies. Sur un terrain d'un hectare du Grand Port Maritime de Marseille, quai des Tellines à Port-Saint-Louis du Rhône, la société Eranova se propose d'installer son démonstrateur industriel, après de fructueux essais en laboratoire.

Ce projet intitulé à l'origine « Alguex », lauréat 2017 de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) intègre la « famille » de plus en plus tendance de l'économie circulaire. L'idée: valoriser les ulves, considérées comme déchets, en les transformant en plastique. Mais un plastique vertueux car biodégradable. Les technologies pour les différentes étapes de transformation existent déjà, mais séparées les unes des autres. D'un côté certains possèdent le savoir-faire pour cultiver les algues comme en Afrique du Sud, en Australie ou Israël ; de même extraire une matière précise d'un végétal existe déjà, à l'exemple de l'amidon issu du blé ou du maïs ; enfin la fabrication de granules à partir de plastique fossile est monnaie courante. L'innovation de la société Eranova, c'est la réunion de ces trois technologies qu'elle compte bien réaliser dans son démonstrateur industriel. Dans un premier temps les algues d'échouage suffiront. Amenées par les collectivités, elles seront stockées dans de grands bacs alimentés en eau de mer mais sans apport de nutriments. Ainsi mise « à la diète », les algues vont fabriquer du sucre. Celui-ci sera extrait, conditionné sous forme de granulés, puis livré aux usines dont le savoir-faire est de transformer cette matière première en sachets ou autres objets plastiques. Le démonstrateur industriel va employer 7 personnes environ, début des travaux à l'automne 2018. Une solution qui dépannera bien des communes riveraines de l'étang de Berre, sous l’œil du Gipreb.

En vidéo les explications d'un des concepteurs du projet, Philippe Lavoisier, développeur pour la société Eranova.