Temps forts

Faune et flore, l'après confinement

Une avocette élégante sous l’objectif du photographe Aurélien Audevard.

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Une avocette élégante sous l’objectif du photographe Aurélien Audevard.

Un foulque macroule.

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Un foulque macroule.

La parc marin mène différents programmes de préservation.

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La parc marin mène différents programmes de préservation.

La parc marin mène différents programmes de préservation.

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La parc marin mène différents programmes de préservation.

S. André S. André
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Une tortue, un faucon pèlerin, quelques thons, des dauphins... Le confinement a permis aux animaux de se réapproprier les espaces occupés par l'homme. Des profondeurs de l'étang aux rives de la Côte bleue, la crise sanitaire leur a accordé un peu de tranquillité

Voilà plus de deux mois que le confinement a pris fin. Une expérience unique durant laquelle notre présence s'est effacée. Une parenthèse dont les animaux ont su profiter. Des vidéos ont circulé, sur le net, dans le monde entier. Des canards se promenant sur le parvis de Notre-Dame à Paris, des renards dans les rues de Londres, des paons à Madrid... Cette diminution inédite de la présence humaine a permis à la nature de se révéler : « La période de tranquillité a été trop courte pour qu'on puisse enregistrer des phénomènes durables, nuance Frédéric Bachet, le directeur du Parc Marin de la Côte Bleue. On a néanmoins vu des Puffins cendrés, des oiseaux du large qui s'approchent rarement des terres. C'est un phénomène qui a été observé en Camargue et dans les calanques. On a aussi vu des thons et des dauphins proches des côtes, un requin au large d'Ensues, une tortue à Carro... Il est certain que cela est dû à une moindre perturbation du milieu. » Dans la réserve du parc marin, les animaux ne sont jamais trop dérangés par l'activité humaine. La zone Natura 2000 représente dix kilomètres de côtes de Martigues au Rove, et va jusqu'à dix kilomètres au large. Elle abrite le plus grand herbier de posidonie des Bouches-du-Rhône et de nombreuses espèces animales. Dans cette zone, pas de mouillage de bateaux, pas de pêche, pas de plongée et ce depuis 1982 : « Ça a permis une stabilité des populations et un repeuplement significatif dans les eaux de la réserve, avec plus et de plus gros poissons, poursuit Frédéric Bachet. Cela a un impact sur l'extérieur du parc. Si les réserves sont bien surveillées, après dix ans d'existence, elles exportent leur biomasse, des poissons adultes, ou juvéniles, des œufs. Cela profite à la biodiversité aquatique environnante. »

Du côté de l'étang, autour duquel vivent 250 000 personnes, ces trois mois de « relâche » ont été bénéfiques même « si c'est encore un peu tôt pour le dire » selon les agents du Gipreb (syndicat mixte situé à Berre) qui surveillent de près la santé de l'étang : « Ça a certainement eu un impact positif sur le peuplement des palourdes, assure le directeur, Raphaël Grisel. La pêche de loisir (qui devait ouvrir le 15 mars et se terminer le 31 mai), du fait du confinement, n'a pas eu lieu. La pêche professionnelle était autorisée mais la demande a été moins forte aussi avec la fermeture des restaurants. Ça a laissé un peu plus de temps aux palourdes de se régénérer et de continuer à grandir. » En juin, le Gipreb a réalisé sa campagne annuelle d'observation. Les eaux étant plus claires en été, les plongeurs peuvent observer les espèces végétales et animales présentes dans l'étang. Leur quantité est un indicateur de la qualité du milieu aquatique. On se souvient de l'épisode douloureux de l'été 2018, durant laquelle algues et faune aquatique ont souffert d'anoxie, une privation d’oxygène qui a causé la mort d’innombrables poissons mais aussi d'algues. Les fortes chaleurs étaient en cause.

Ceux qui ont apprécié le confinement, ce sont les oiseaux, car il s'est déroulé au moment de leur reproduction et de la nidification. Les espaces naturels abandonnés, ils ont pu investir les lieux. C'est ce qu'ont constaté les naturalistes de la Ligue de protection des oiseaux qui œuvre pour leur préservation et celui de leur écosystème : «Quelques espèces s'en sont bien sorties , détaille Amine Flitti, directeur adjoint de l'antenne des Bouches-du-Rhône, basée à Malmort. Mais le confinement terminé et le retour du public, les oiseaux qui s'étaient installés on dû abandonner le nid, leurs œufs et parfois même leurs poussins. Sans être malveillant, juste ignorants, on a tous cette envie d'aller dans la nature mais il faut être vigilant toute l'année, en particulier au printemps et en automne. Mais on perturbe les oiseaux. Une personne qui fait du cerf-volant, des enfants qui crient... Il faut rester dans les cheminements et ne pas laisser les chiens divaguer.» Différentes leçons sont à retenir de cet épisode du Covid-19. La première est que l'activité humaine a un fort impact sur la faune et la flore environnantes et qu'il est nécessaire de revoir notre façon de cohabiter avec elle. 

 

Bon à savoir: eaux de baignade

Quatorze plages sont ouvertes au public sur le pourtour de l'étang de Berre. De début juin à fin septembre, l'Agence Régionale de Santé et le laboratoire départemental des Bouches-du-Rhône réalisent (une fois par semaine, voire plus si nécessaire) des prélèvements afin de déterminer la qualité des eaux de baignade. Des mesures complémentaires sont menées par le Gipreb.
Les résultats de ces analyses sont consultables sur le site du Gipreb, dans l'onglet « eaux de baignade ».

www.etangdeberre.org