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Les algues enfin maîtrisées ?

Les algues enfin maîtrisées ?

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Les algues enfin maîtrisées ?

S. André S. André
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Chaque année, la municipalité martégale ramasse 300 tonnes d'algues sur ses rives. Afin de limiter ces échouages intempestifs, elle vient de mettre en place un long filet qui accompagnera ces ulves dans le chenal de Caronte

La municipalité martégale rencontre, comme d'autres communes du pourtour de l'étang de Berre, des problèmes d'échouage d'algues sur ses rives qui, en séchant, laissent place à une sorte de croûte blanchâtre, non toxique certes mais très nauséabonde. 300 tonnes d'algues sont ramassées chaque années par les services de la ville. Certains font le lien entre la prolifération de ces algues et les rejets d'eau douce de la centrale EDF de Miramas dans l'étang : « On peut aussi estimer que le réchauffement climatique et la température de l'eau qui augmente sont pour beaucoup dans cette prolifération qui a débuté il y a une quinzaine d'années, explique Patrick Madec, le responsable du Service biodiversité, espace naturel et littoral. Cela reste malgré tout un phénomène naturel qui ne pose pas de problème quand les algues circulent. C'est quand elles s'échouent que cela devient gênant. C'est par souci esthétique que nous mettons en place ce dispositif.» Il y a quelques jours, une barrières anti algues flottante a été posée sur une longueur de 100 mètres, au départ du parking de la piscine municipale. Grâce à ce dispositif, ces algues qu'on appelle ulves, sorte de laitues de mer, glisseront dans le chenal de Caronte ou se redirigeront, grâce aux courants, vers l'intérieur de la lagune. La mise en place s'est faite par bateau sur trois jours. Au fond de l'eau (à diverses profondeurs, de 50 cm à plus de deux mètres de fond) des poids pour arrimer cette barrière mouvante ont été posés. Jusqu'ici des machines appelées cribleuses ramassaient les algues échouées en filtrant le sable. Les algues collectées étaient évacuées par bennes et redirigées vers des filières spécialisées, notamment des entreprises engagées dans le recyclage de ces matières. Tous les mois, un relevé de l'état du filet sera opéré, ainsi qu'un grattage de ses mailles si nécessaire. La mise en place de cette barrière anti algues a été suivie par le Gipreb. Les plongeurs du groupement d'intérêt public pour la réhabilitation de l'étang de Berre, interviendront dans un an afin de s’assurer que ce dispositif n'a aucun impact sur une autre variété de plantes aquatiques présente dans la baie de Ferrières, la zostère marine.

Photographie: François Delena