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Martigues: à St-Julien, les chèvres « sauvages » s'attaquent aux vignes !

Martigues: à St-Julien, les chèvres « sauvages » s'attaquent aux vignes !

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Martigues: à St-Julien, les chèvres « sauvages » s'attaquent aux vignes !

U. Téchené U. Téchené
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Ces dernières semaines dans les vignes de Saint-Julien-les-Martigues et Châteauneuf-les-Martigues, plusieurs parcelles de vignoble ont été ravagées par les chèvres revenues à la vie sauvage.

 Le témoignage d'Edmond Aubert
 Le témoignage d'Alfred Fouque

On parle là des chèvres libres, ou sauvages, qui vivent dans le massif de La Nerthe, d'Ensuès La Redonne à Martigues. Il y en aurait une centaine, peut-être même deux cents réparties en plusieurs troupeaux. Elles seraient issues d'un élevage abandonné il y a plus d'une dizaine d'années et se seraient reproduites depuis... Quoi qu'il en soit, les automobilistes les aperçoivent parfois aux abords de l'A55 ou de la D9 tandis que les coureurs ou randonneurs les croisent dans les collines alentours. Si la tendance est de les appeler « chèvres du Rove », l'appellation est un abus de langage car c'est aujourd'hui un mélange des races du Rove et des Alpes. D'ici à ce qu'elles deviennent une race à part entière, elles porteront l'étiquette de chèvres de La Nerthe..

Ce n'est pas la première fois qu'à la recherche d'une nourriture plus tendre que les broussailles de la garrigue – en ce sens elles débroussaillent, luttant involontairement contre les incendies - , elles envahissent les vignobles de St-Julien les Martigues et de Châteauneuf, comme ce dimanche 23 juin - en vidéo le témoignage d'Edmond Aubert, viticulteur retraité à St-Julien-les-Martigues - . Déjà en mai dernier elles avaient ravagé la parcelle d'un autre vigneron, chemin du Trou du Loup ; déjà en 2011 ces chèvres avaient fait parler d'elles dans les vignes, suffisamment pour que le préfet décide d'une « régulation jusqu'à destruction complète » se mettant à dos la Fondation Brigitte Bardot. Une trentaine de bêtes avaient alors été capturées et confiées à un éleveur... Si cela s'est fait, visiblement il faut recommencer !

Quant aux dégâts ? Dans la parcelle de monsieur Aubert à deux mois des vendanges, plus de 80% des vignes sont détruites : branches cassées, feuilles dévorées... L'ombre devenue inexistante pour le raisin fait qu'il n'arrivera jamais à maturité. Sur l'autre parcelle qui a subit le même sort fin mai, les ravages sont à ce jour moins visibles mais le résultat destructeur est identique avec effet à moyen terme. D'après Alfred Fouque, lui aussi viticulteur retraité de St-Julien-les-Martigues - en vidéo son témoignage - , les vendanges qui arrivent sont perdues. Et selon le niveau de dégradation, le problème peut perdurer les deux prochaines années. Et il n'y a pas que les vignes ! Les oliviers aussi subissent la loi des chèvres, ces dernières ayant une préférence pour l'écorce des jeunes arbres.

Quant à une quelconque indemnisation ? Où se tourner quand ces chèvres n'appartiennent à personne, sachant qu'elles ne sont pas classées comme "nuisibles" ? Reste à clôturer toutes les parcelles de vignoble, mais comme le dit Alfred Fouque : « Si chaque fois qu'il y a un pet de travers il faut investir, déjà que la terre ne rapporte pas grand chose, alors là il vaut mieux arracher les souches et en faire du bois pour les grillades ».

La coopérative vinicole La Venise Provençale consciente du problème et la mairie de Martigues ont alerté les services de l'Etat, en attente de réponse pour le moment.