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L'aéroport Marseille-Provence se met au vert

G. Saucerotte G. Saucerotte
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D'ici 2025, l'aéroport Marseille Provence ambitionne de franchir la barre des 12 millions de passagers. Parallèlement, il apporte une attention particulière à son environnement. Diminution du bruit et des polluants en tête...

D'ici 2020, l'aéroport Marseille Provence n'aura pas le choix. Il devra diminuer de 10% ses émissions de gaz à effet de serre, loi sur la transition énergétique oblige, et de 20% à l'horizon 2025. Pour cela, il compte jouer sur plusieurs leviers. "Nous allons travailler sur les émissions des avions, affirme Bérangère Cappa, responsable du service développement durable. Mais aussi sur les flux terrestres." Comprenez les voitures et les passagers. "Pour les passagers nous avons besoin de rafraîchir ou chauffer les aérogares, de traiter les bagages, la production de déchets ..." Cette année, l'aéroport entend donc mettre un coup d'accélérateur sur les navettes desservant la gare Saint-Charles, avec des rotations toutes les 10 minutes. "Un passager sur six prend les transports en commun, calcule la responsable. Nous avons donc décidé de nous engager dans une démarche de développement des transports en commun. Nous travaillons aussi sur l'axe de la gare d'Aix TGV avec le train, même si nous sommes conscients que la voiture reste le moyen privilégié de beaucoup de monde." Des bornes de recharge électrique seront d'ailleurs bientôt installées.

Baisser le CO2 et les particules fines

Sur le tarmac, AMP agit aussi auprès des avions en escale en changeant leur mode d'alimentation. "On va équiper, cette année, le terminal 2 en l'alimentant en 400Hz." Des travaux techniques qui permettront, au final, de faire baisser la production de CO2 de 280 tonnes par an et de 3,2 tonnes celle de particules fines. Et pour prouver l'efficacité de ses investissements et sa bonne volonté, un partenariat vient d'être signé avec Atmosud, l'association de mesure de la qualité de l'air. "Nous leur transmettrons toutes nos données. Les types d'appareils qui se posent, leur motorisation, les usages de déplacement des passagers, le nombre de voitures etc. Cela leur permettra de nous intégrer plus précisément dans leur bilan des émissions de polluants. Pour nous, c'est un gage de transparence." Une note d'intention qui s'ajoute à un bilan carbone plutôt bon comme se plait à le souligner la direction, puisqu'elle rappelle qu'AMP ne représente "que" 2% des émissions de gaz a effet de serre de la région Sud. "Nous ne minimisons pas notre impact, a affirmé Jean-Paul Ourliac, président du conseil de surveillance de l'aéroport. C'est pour être encore plus performant que nous nous engageons dans plusieurs démarches.

Diminution du bruit

Parmi lesquelles la lutte contre le bruit! Source de nombreux bras de fer entre les communes voisines, les associations de riverains et l'aéroport, le bruit des avions est une question importante si ce n'est primordiale pour la direction. "Là encore nous avons plusieurs leviers pour agir, explique Bérangère Cappa. On travaille sur l'urbanisme pour empêcher l'implantation immobilière trop proche, ensuite nous possédons toute une gamme de micros installés dans 7 villes qui mesurent, chaque jour, les nuisances sonores." AMP dit aussi travailler avec les concepteurs sur des moteurs plus silencieux et favoriser un pilotage "vert". "Nous mettons aussi tout en oeuvre pour optimiser les trajectoires. Selon le vent les décollages et atterrissages ne s'opèrent pas dans le même sens. Mais il faut reconnaître que certaines communes comme Saint-Victoret seront toujours impactées."  Dernier ressort: le dispositif d'aide à l'insonorisation. Pour faire simple, l'aéroport rembourse aux habitants éligibles, 80% des travaux d'insonorisation de leur domicile (fenêtres, etc...) 

Écoutez l'interview de Bérengère Cappa, directrice du service développement durable de l'aéroport Marseille Provence.