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Le bromoforme jusqu'à 100 fois plus concentré dans le golfe de Fos qu'ailleurs

L'Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions a effectué des relevés d'air dans le golfe

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L'Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions a effectué des relevés d'air dans le golfe

c. lips c. lips
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Une étude sur l'impact des sous-produits du chlore a été menée par l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions, dans le cadre de son projet Fos-Sea, avec le concours du laboratoire de Chimie Environnement de l’université d’Aix-Marseille. Les résultats ont été publiés dans une revue scientifique de renom.

Le chlore est utilisé par les industriels du golfe de Fos pour ralentir la prolifération d'algues dans les conduites. En effet certains industriels utilisent de l’eau de mer pour refroidir ou réchauffer leurs circuits. C’est le cas des deux centrales électriques d’Engie à Fos, d’ArcelorMittal ou encore des deux terminaux méthaniers d’Elengy. « Le chlore est peu concentré au départ, mais les débits d’eau de mer sont très élevés donc, au final, ça finit par faire des quantités de chlore importantes qui sont déversées dans la mer", explique Julien Dron, responsable scientifique de l’Institut. 

Une fois rejeté en mer, le chlore se transforme très vite, en quelques minutes, notamment en bromoforme, un produit très volatile qui s’évapore dans l’atmosphère. « Le bromoforme est 10 à 10 000 fois plus élevé dans le golfe que dans le milieu naturel, même à l'écart des rejets », constate l’institut. En s'évaporant rapidement dans l'air, il affecte aussi la couche d'ozone et participe au dérèglement climatique.

Des concentrations en bromoforme très élevées

« En l’état actuel des connaissances, on ne peut pas dire qu’il y ait un impact direct pour la santé humaine, souligne Julien Dron, sauf pour les salariés de ces sites industriels qui, eux, sont en principe équipés pour se protéger. Mais ces recherches nous montrent que le golfe de Fos est un endroit où les concentrations en bromoforme sont très élevées par rapport au reste du monde, jusqu’à 100 fois plus. Jusqu’à maintenant, les émissions de bromoforme dans l’air n’avaient jamais été étudiées en milieu industriel, contrairement au CO2 par exemple. Voilà en quoi cette étude va changer la donne. Les émissions industrielles devront donc être considérées dans de futures estimations des impacts climatiques liées au bromoforme. » En effet le bromoforme est également produit naturellement, par les algues.

Le projet FOS-SEA, réalisé dans le golfe de Fos, avait précédemment démontré qu’au-delà de son impact sur l’air, les sous-produits du chlore avaient des impacts sur le milieu marin notamment. Des niveaux élevés avaient été relevés chez les congres, les oursins (et particulièrement leurs larves par un effet cocktail) ou encore les moules. « On a constaté que ces larves d’oursins résistent mieux aux pollutions que les larves de la presqu’île de Giens. Il y a une adaptation génétique », poursuit Julien Dron.

Restent aux industriels de la région à se saisir de ces nouvelles données pour intégrer, au même titre que le CO2, leurs émissions de sous-produits chlorés dans leurs études d’impact sur l’environnement. De son côté Elengy s’est associé au projet de l’Institut écocitoyen et a engagé une démarche pour sortir le chlore de ses process sur le terminal méthanier du Cavaou.

Crédit photo Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions.