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ZAC des aiguilles d'Ensuès: les associations vent debout contre le projet

ZAC des aiguilles d'Ensuès: les associations vent debout contre le projet

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ZAC des aiguilles d'Ensuès: les associations vent debout contre le projet

G. Saucerotte G. Saucerotte
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Elles sont plus que jamais déterminées à se battre contre le projet d'implantation d'entrepôts logistiques. Une mobilisation est prévue le 17 avril prochain à proximité du site.

Elles sont déterminées, plus que jamais même, d'autant que désormais, les associations environnementales locales sont soutenues par des plus grandes comme France Nature environnement, Greenpeace ou Alternatiba. Leur combat: stopper le projet d'implantation d'entrepôts logistiques sur la Zac des aiguilles au profit d'un projet moins polluant, durable, créateur d'emploi  et surtout réalisé en concertation avec les habitants. "En effet, il y a une quinzaine d'années, ce site avait été dédiée par le Scot* à de la logistique, explique un adhérent du collectif Stop ZAC. Seulement aujourd'hui les choses ont changé, on peut s'interroger sur l'intérêt et la pertinence d'un tel projet. Il faut aller vers un projet citoyen, il faut demander leur avis aux habitants." Une enquête publique a bien eu lieu, et les conclusions du commissaire enquêteur ont été rendues, mais selon les membres de l'association "réaliser une telle enquête durant une période de crise sanitaire est une aberration."   

Actuellement, les travaux entrepris par la société Barjane, à l'origine du projet, ont démarré sur le futur site. Mais ni la présence des tractopelles ni les intimidations et ni la venue d'huissiers au domicile du président n'ont entaché la détermination des adhérents. "Un vendredi soir, deux huissiers se sont présentés au domicile du président. On nous reprochait des propos contre Barjane sur les réseaux sociaux." Dès lors, l'association a changé de domiciliation, pour se faire héberger auprès de l'antenne marseillaise de France nature environnement. 

De la pollution sur la pollution

"Il faut simplement arrêter ce projet et partir sur quelque chose de plus vertueux," poursuit-on chez Stop ZAC. Les associations mettent surtout en avant la pollution déjà existante sur le site et celle qui sera créée par la présence bien plus importante de camions. En effet, près de 1000 camions supplémentaires par jour devraient passer désormais sur la ZAC. Quant à la pollution historique des sols, les associations balaient d'un revers de main les arguments de l'entrepreneur. Selon le groupe Barjane, 10 millions d'euros ont été dépensés pour dépolluer les sols et en faire des terrains aptes à l'installation d'une activité logistique. Un effort insuffisant pour le collectif. Rappelons que sur le site, les déchets de surface sont estimés à 15 000m3 dont un tiers sont amiantés, les déchets enfouis représentent, eux, environ 45 000m3 et 4 zones sont concernées par des pollutions concentrées (hydrocarbure, mercure PCB...) présentant des seuils de concentration entre 50 et 260 fois plus élevés que les seuils d'élimination classique.  "Une partie de la pollution dans les sols va rester. Elle va infuser dans les nappes phréatiques, explique-t-on. Il faut retrouver les responsables juridiques des déchets accumulés et leur faire payer la dépollution. Il est hors question que de l'argent public serve à dépolluer." A ce propos, l'association Anticor, spécialiste de la lutte contre la corruption s'est saisie de l'affaire. "Nous étudions les irrégularités du dossier depuis quelques jours, explique Jean Sansone, co-réferent d'anticorps 13. Il y a des éléments qui méritent d'être vérifiés. On veut s'assurer que la dépollution n'a pas été aidée financièrement par la Métropole ou la Région." 

En attendant les résultats, les associations environnementales ont décidé de manifester pacifiquement le 17 avril prochain. "Il s'agira d'un mouvement non violent, insiste Stop Zac. Nous sommes tous des parents. On veut simplement délivrer un message fort. On veut être entendu, on veut que les habitants soient écoutés". Peut-être que la Métropole Aix Marseille Provence, décideur du projet, portera alors une oreille attentive et fixera, enfin, le RDV que les associations demandent depuis longtemps. 

*Schéma de cohérence territoriale