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Dauphins : ils scrutrent leur présence près de nos côtes

C. AMOUROUX C. AMOUROUX
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Le confinement a mis en lumière la présence des cétacés dans la mer Méditerranée et souvent près de nos côtes. Ils doivent à nouveau partager cet espace avec l'Homme et ses activités... Nous sommes partis en mer avec les passionnées de l'association Miraceti pour essayer de les observer.

Objectif du jour: l'étude du grand dauphin. Départ tôt depuis le port de l'Estaque à bord du Gérico, le bateau à moteur de l'association. A son bord, Hélène Labach directrice de Miraceti, Julie Jourdan, chargée de mission, Louis De Vries, assistant chargé de projet programme collision, Charly, bénévole et Elisa, stagiaire.
Toute la journée, l'équipe se relaie à bâbord, à tribord et au volant pour scruter l'horizon. Les conditions sont idéales, aucun nuage et la mer est plate. A de nombreuses reprises tout au long de la journée, nous allons observer plusieurs groupes de thons en chasse. Ces gros poissons sortent de l'eau, parfois tout entier, pour récupérer une proie. Il suffit d'un coup de jumelles aux équipes de l'association pour faire la différence : "Non c'est encore des thons !". A la différence de ce poisson, le grand dauphin a besoin de remonter à la surface très régulièrement pour respirer. Il apparaît donc de manière beaucoup plus régulière. Il s'agit d'un cétacé assez commun ( le fameux dauphin "Flipper"), souvent visible par des chanceux au large ou près des côtes. En général, les grands dauphins se déplacent en groupe offrant un très beau spectacle.

Observer, connaître, informer et sensibiliser

Mais ce jour-là, nous ne faisons pas partie des chanceux. A plusieurs reprises le bateau s'arrêtera : quelqu'un a cru voir un mouvement "typique dauphin". Mais hormis des thons ou des remous, pas d'ailerons à l'horizon. Personne ne perd espoir tant que la journée n'est pas terminée. Sur une tablette Julie Jourdan récence toutes les rencontres, même les oiseaux : "Au plus on connaît une espèce, au mieux on peut la protéger. Donc l'objectif est d'avoir le plus de données et d'informations possible sur une population pour pouvoir mettre en place potentiellement des mesures de protections". Mais au delà de l'observation, l'association fait aussi de la prévention et de la sensibilisation ainsi que des études d'impacts de l'activité humaine sur les populations marines. Pendant le confinement, les membre de Miraceti ont dû laisser le Gérico au port puisqu'ils ont été confinés comme le reste de la population. Mais ils ont pu obtenir des retours des agents du Parc national des Calanques avec qui ils sont en contact : "Ils ont vu pas mal de grands dauphins et même des rorquals communs près des côtes... Affirmer qu'il y a eu un effet du confinement c'est difficile mais la baisse du trafic maritime et donc du bruit a eu forcément un effet bénéfique. Ces animaux dépendent du son pour vivre : communiquer, chasser etc...".

Déchets et Mola-mola

Au fur et à mesure que les heures passent, le bateau se remplit de quelques trouvailles non prévues : des bouteilles en plastiques, un morceau de polystyrène, des masques et des ballons à l'hélium. Cette séquence ramassage est régulière pour les équipes de Miraceti. "On dirait qu'il y a un énorme sac plastique qui arrive droit sur nous", annonce Louis qui tient la barre. Aussitôt le moteur est arrêté pour permettre à une personne à bord de le récupérer. Mais plus le bateau s'approche, plus ce sac plastique paraît étrange : "C'est un poisson lune !". Appelé aussi Môle ou Mola-mola, il peut atteindre une taille impressionnante car il grossit autant qu'il se nourrit. L'individu observé présentait une de ses faces au soleil lorsqu'il a été aperçu par Louis : "Il devait être entrain de se faire déparasiter par les goélands". C'est le premier poisson lune observé par la jeune stagiaire Élisa qui s'est empressée d'immortaliser le moment avec son téléphone.

En fin de journée, le bateau rentre au port. Au large du Frioul, ou aux abords des plages et des côtes, pas de dauphins. Malgré 4 paires de jumelles, on ne peut pas faire des miracle face à l'immensité de la mer. L'équipe se contentera des quelques jolies rencontres de cette journée... jusqu'à la prochaine sortie !

Miraceti est née de la fusion des associations Groupe d'Etude des Cétacés de Méditerranée, GIS3M et Souffleurs d'Ecume. Facebook @miraceticetaces - Ci-dessus l'interview de Hélène Labach directrice de Miraceti