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Dans le massif de la Nerthe, les chèvres sauvages prolifèrent

G. Saucerotte G. Saucerotte
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On les voit de plus en plus sur les abords de l'A55 et de la D9. Le nombre croissant de chèvres sauvages et le manque d'aide humaine et financière rendent l'action de l'association "Les chèvres de nos collines" difficile.

On dénombre près de 200 chèvres rien que du côté de Châteauneuf-les-Martigues, à celles-là s'ajoutent un troupeau vers Ensuès et un autre à La Mède. Les chèvres, revenues à l'état sauvage dans le massif de la Nerthe, prolifèrent. Face à l'inertie des pouvoirs publics, et pour leur éviter un funeste sort, une association, baptisée "les chèvres de nos collines" a vu le jour il y a quelques années, mais son action est limitée par le manque de moyen humain et surtout financier. "Les municipalités font la sourde oreille, explique Sylvie Vidal, la présidente de l'association. Seule la fondation Brigitte Bardot nous aide en payant les frais de vétérinaire. Notre action s'étend sur environ 500 hectares à Châteauneuf. Nous ne pouvons pas intervenir à La Mède et Ensuès. Nous n'en avons pas les capacités car tout est financé grâce aux seules cotisations." Dix euros par personne pour l'année, l'association compte une centaine d'adhérents. Elle a déjà financé sur ses fonds propres un enclos, construit sur le plateau de Valtrède, mais ce dernier est très abîmé. "Il faut en construire un plus solide, donc plus cher", poursuit la présidente avant de rappeler que l'intérêt de cette enclos est multiple

Eviter les accidents

Il permet, dans un premier temps, d'éloigner les chèvres des abords des routes, elles sont ensuite baguées et des contrôles sanitaires y sont fréquemment effectués. Enfin les mâles sont aussi castrés pour éviter la prolifération. "Les résultats des analyses sanguines montrent que les animaux ne sont pas porteurs de maladie." De quoi rassurer les éleveurs locaux qui étaient montés au créneau il y a quelques temps. "En revanche, malgré les 96 boucs castrés, on ne peut pas éviter les naissances." Conséquence : les troupeaux grossissent et se promènent un peu partout dans le massif, y compris sur les routes. Des grillages ont déjà été installés après plusieurs années de combats sur l'autoroute A55. "Il a fallu que ce soit le député Eric Diard qui intervienne auprès de la préfecture pour que les choses bougent enfin, souligne Sylvie Vidal. Mais il reste encore un tronçon de la D9 a protéger." Pour l'heure, aucun accident dû à la présence des chèvres n'est a déplorer, mais certains petits malins tentent de le faire croire à leur assurance. Sauf que la chèvre est dans un vide juridique. "Je n'en suis pas propriétaire, martèle Sylvie Vidal. Par conséquent, si elles causent un accident, l'association ne peut pas être tenue pour responsable." Ces chèvres sont dans le même cas qu'un animal domestique dont on ne trouverait pas le maître. 

Pour faire connaître l'action de l'association et ses besoins, une visite de l'enclos est prévu à l'occasion des journée du patrimoine. Le Rdv est fixé à 9h30, le départ se fera du Vallon du saut. 

Ecoutez l'interview de Sylvie Vidal, présidente de l'association "les chèvres de nos collines"