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Solamat Merex Fos souhaite incinérer plus de déchets dangereux

Solamat Merex Fos souhaite incinérer plus de déchets dangereux

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Solamat Merex Fos souhaite incinérer plus de déchets dangereux

G. Saucerotte G. Saucerotte
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La société demande une autorisation pour accroître sa capacité de déchets incinérés, ce qui va de pair avec une augmentation des déchets recyclés. Une enquête publique est ouverte jusqu'au 23 avril à la mairie de Fos.

 Corine Ramonbordes, directrice de Solamat Merex
 Jean Hetsch, maire de Fos-sur-Mer

Actuellement la société Solamat Merex, spécialiste du traitement des déchets dangereux peut en incinérer 60 000 tonnes par an. Elle vient de faire une demande auprès de la Dreal ( Direction Régionale Environnement Aménagement Logement) pour porter cette capacité à 90 000 tonnes. Cette demande s'accompagne d'une étude d'impact, d'un avis de l'Autorité environnementale et d'une enquête publique à l'issue de laquelle le commissaire enquêteur rendra ses conclusions. En attendant, la direction de Solamat Merex a été invité par la municipalité à présenter son projet aux habitants et associations. 

 "Notre ambition est de poursuivre le développement des unités de valorisation", explique ainsi Corinne Ramonbordes, la directrice de Solamat Merex. Par valorisation entendons recyclage. Quel rapport avec le brûlage? 

Aujourd'hui la société est autorisée (par un arrêté) à traiter 130 000 tonnes de déchets dangereux. 60 000 tonnes de ces déchets vont directement à l'incinération, 30 000 sont dirigés vers les sécheurs de boues, 20 000 tonnes sont destinées à la régénération des solvants et 20 000 tonnes partent en vapo condensation pour des effluents. "Un déchet dangereux est un mélange de différents composés, poursuit la directrice. Nos unités de valorisations permettent d'extraire chaque composé de ces mélanges et de leur donner une seconde vie." Les composés qui ne peuvent pas être recyclés doivent alors être envoyé à l'incinération, or le tonnage de déchets incinérés directement est déjà au plafond. D'où cette  demande d'augmentation. "Actuellement les déchets qui sortent de valorisation représentent 16 000 tonnes." Si Solamat demande 30 000 tonnes de plus c'est pour préparer l'avenir. "Dans 10 ans il y aura une augmentation de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de déchets dangereux à prendre en charge, annonce la directrice s'appuyant sur une étude. Non pas parce qu'on en produira plus, mais parce qu'il y a une volonté de la Région de mieux trier ces déchets qui parfois se retrouvent dans les ordures ménagères.

Et la pollution? 

Evidemment, la question de la pollution de cette augmentation de capacité de brûlage est sur toutes les lèvres. Celles des habitants, des associations comme de la municipalité. La encore, Solamat Merex se veut rassurant, voire exemplaire. "Les normes nous autorisent a émettre 143,5 tonnes par an de rejet. Nous en sommes très loins. Avec nos capacités actuelles nous rejetons 26,7 tonnes par an. En augmentant notre capacité, cela  devrait passer à 36,6 tonnes." Soit une dizaine de tonnes de polluants en plus par an. Mais lesquels exactement? De l'arsenic, du vanadium, du chrome 6 ou encore de la dioxyne et des poussières. "Pour les dioxynes, nous seront 2,5 fois inférieurs aux normes autorisées", explique la directrice. Concernant les autres polluants, Solamat Merex a demandé qu'on lui impose des taux plus stricts que ceux que la réglementation impose. "On mesure en continu nos impacts sur l'air et on conduit nos installations en fonction de nos rejets. Notre objectif est surtout de trouver des solutions pour réduire ou pré-traiter les pollutions à la source."

Fos ne doit pas être "la poubelle" de la région 

Si la requête a été salué par Jean Hetsch, le maire de Fos, il reste tout de même très prudent. "C'est un point positif, constate-t-il. Cependant, il faut rester vigilant. J'ai une confiance très relative dans la Région et dans son plan d'élimination des déchets. La tendance est de traiter au niveau de la région et de prendre Fos-sur-Mer comme un exutoire possible. Encore une fois, je constate que Solamat ne demande pas à augmenter sa capacité globale  de traitement mais juste celle des produits brûlés. Là encore, il faudra porter un oeil attentif." Même constat du coté des associations environnementales. "C'est un sujet délicat, confie Daniel Moutet, président de l'ADPLGF. Solamat Merex est une société très utile puisqu'avant qu'elle ne s'installe, les produits dangereux étaient généralement rejettés dans les cours d'eau. Seulement, avec cette demande, il ne s'agirait pas que Fos devienne la poubelle de la région. Solamat nous explique que le niveau de pollution sera minime. mais il n'y a pas que la pollution des produits brûlés à prendre en compte. Il devrait y avoir plus de camions." En effet, de 23 camions par jours Solamat devrait passer à 28.