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Vitrolles. Les profs du lycée Monnet veulent des classes équilibrées

70% des professeurs du lycée Jean Monnet de Vitrolles étaient en grève ce matin.

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70% des professeurs du lycée Jean Monnet de Vitrolles étaient en grève ce matin.

R. Chape R. Chape
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Une large majorité des enseignants du lycée Jean Monnet de Vitrolles (70%) manifestait ce matin devant le Rectorat, à Aix-en-Provence, pour demander une révision à la hausse de la dotation horaire prévue pour l'année scolaire 2017-2018.

 L'interview de Thierry Jayle, professeur de mathématiques, représentant SNES.
 L'interview de Catherine Ferré, professeur d'Espagnol au lycée Jean Moulin.
"Cela fait 5 ans que nos moyens baissent alors que dans le même temps nos effectifs augmentent, il y a un vrai problème de comptabilité", lance Thierry Jayle, professeur de mathématiques représentant du SNES. "C'est n'importe quoi, le Rectorat prévoit de nous doter pour 9 classes et demi l'an prochain, allez ensuite expliquer aux parents que leur enfant se trouve dans une classe de 35 élèves alors que d'autres de la même section et dans le même lycée ne sont que 18". Car oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, le système de Dotation Horaire Globale (DHG), qui correspond au nombre total d'heures d'enseignement dispensé par les professeurs, impose aux établissements de "remplir" les classes au maximum plutôt que de les équilibrer. Dans le cas du lycée Jean Monnet de Vitrolles, cette dotation a augmenté, mais pas suffisamment pour couvrir la hausse des effectifs. "Cela va entraîner une inégalité entre les différents effectifs de classes", explique Catherine Ferré, professeur d'Espagnol. "Pour pouvoir fonctionner avec cette dotation horaire, il va falloir faire des demi-divisions, et donc avoir des classes de 35 élèves et d'autres avec moins de 20 élèves, ce qui a d'importantes répercussions sur la qualité de l'enseignement". Pour les professeurs qui manifestaient ce matin devant le Rectorat, cette répartition serait en réalité motivée par le souhait (ou la nécessité) de faire des économies. Il existe en effet ce que l'on appelle un seuil de dédoublement, qui permet de doter les classes très (ou trop) chargées d'heures de cours supplémentaires, mais déjà comprises dans l'enveloppe attribuée par le Rectorat. Il est fixé pour un certain nombre d'élèves par classe bien précis, au-delà duquel les heures de cours auront l'obligation d'être dispensées. Lorsque le total d'heures disponibles dans la DHG ne permet pas de couvrir l'ensemble des besoins d'un établissement, il se retrouve obligé de constituer le plus de classes possibles avec des effectifs en dessous du seuil de dédoublement, quitte à en surcharger d'autres...
C'est pourquoi les professeurs du lycée Jean Monnet sont venus demander ce matin des heures de cours supplémentaires, de manière à pouvoir équilibrer les classes entre elles. "Au lieu d'avoir 9 classes à 35 élèves et une à 18, nous voulons en avoir 10 à 30 élèves", reprend Thierry Jayle. "Nous demandons 70 heures en plus pour que toutes nos classes soient à effectifs constants. Cela correspond à 10 heures de cours par semaine, ce qui ramené aux 1150 heures dispensées dans notre lycée, ne représente quasiment rien du tout. Mais même ce rien du tout on craint de ne pas l'obtenir". Le proviseur de Jean Monnet a été reçu ce matin par le recteur afin de lui exposer les revendications des enseignants, mais il faudra attendre le lundi 6 mars, au terme d'une nouvelle rencontre, cette fois avec les professeurs et les représentants des parents d'élèves, pour savoir si le lycée obtiendra une hausse de sa dotation. Dans le cas contraire, les manifestants promettent de remettre le couvert, plus nombreux, et dans une période beaucoup plus gênante.

En vidéos, regardez les interviews des professeurs Thierry Jayle et Catherine Ferré.

(Images de Norhène Ouerfelli)