Temps forts

Temps forts
Inscrivez-vous
Ecoutez MAritima RADIO en direct

Lycées professionnels en péril ?

M. Montagne M. Montagne
Partagez cet article
  • Pratager sur Google+

En cause, la prochaine réforme du gouvernement qui vise à doubler les périodes de stages tout en réduisant de moitié l'enseignement général et technique au risque d'en faire une filière au rabais.

L'évolution 

Pendant longtemps, la filière professionnelle apparaissait comme la voie de garage destinée aux élèves dont le niveau ne permettait pas de poursuivre une scolarité dans l'enseignement général. 
Avec le temps, et par la force des choses, cette image a évolué.
Avec une crise de l'emploi frappant une bonne partie des filières présumées nobles, la "professionnelle" est apparue peu à peu comme une voie royale vers des emplois qualifiés, souvent en CDI, susceptibles de déboucher sur des promotions internes, avec des salaires corrects voire élevés, et même des possibilités de travail à l'étranger.
Un constat qui n'est pas une surprise pour les habitants de notre territoire, riche en industries variées, dont certaines de pointe à l'image d'Airbus Helicopter. 

Les enjeux de la réforme

Avec cette réforme qui verrait les stages prévaloir sur l'enseignement tant général que technique (380 heures de cours seraient supprimées), les enseignants redoutent que l'objectif caché du projet soit d'abaisser le niveau général de leurs élèves pour les cantonner dans des métiers peu qualifiés sans beaucoup de chance d'en sortir.
Car, privés d'enseignement général et technique, ces jeunes sortiraient moins qualifiés, se sentiraient donc moins légitimes à revendiquer des promotions et formeraient ainsi une main-d'œuvre docile, à même de répondre aux besoins des secteurs en tension - restauration, transports, aide aux personnes, agent.e.s de caisse pour ne citer que les plus connus - et qui ne trouvent pas preneurs en raison de leurs rémunérations médiocres et leurs conditions de travail pénibles, soit un total d'un million de ces emplois non pourvus.
Les syndicats le rappellent, la filière professionnelle représente 28% de l'ensemble des lycéens soit 640 000 élèves (et 28 000 pour la seule Académie d'Aix-Marseille), élèves issus majoritairement des milieux les plus défavorisés, les plus vulnérables économiquement.


Une lutte qui s'engage 

C'est donc un vrai projet de société qui se prépare en catimini, car la réforme se ferait sans véritable débat démocratique, par décret ministériel et après des concertations qui, pour Sigrid Gérardin, représentante nationale du syndicat SNUEP-FSU, équivalent surtout à des bavardages. 
Une journée de grève interprofessionnelle lancée le 18 octobre dernier a ainsi mobilisé déjà 62% des enseignants concernés.
Le député de la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône, le communiste Pierre Dharréville, s'est chargé de relayer ces craintes à l'Assemblée Nationale lors d'une question au gouvernement le 8 novembre dernier. La réponse de Carole Grandjean, ministre déléguée en charge de l'enseignement et la formation professionnels, ne lui convenant pas, il a obtenu un rendez-vous avec elle ce mercredi 16 en attendant une nouvelle mobilisation nationale le 17 novembre prochain.


En vidéo, invitée par Pierre Dharréville à une réunion publique à Port-de-Bouc, Sigrid Gérardin, secrétaire nationale du syndicat SNUEP-FSU, rappelait à l'auditoire l'histoire de cette filière professionnelle.
Quant au député, il compte bien, lors de son entrevue ce mercredi 16 avec la ministre, enrichir son argumentaire de toutes les remarques inventoriées durant cette réunion auprès notamment des enseignants présents.