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Martigues. Le lycée Paul Langevin se mobilise contre l'homophobie

Les élèves réalisent des affiches pour sensibiliser leurs camarades.

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Les élèves réalisent des affiches pour sensibiliser leurs camarades.

R. Chape R. Chape
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À l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie, le service Jeunesse de la Ville de Martigues et le lycée Paul Langevin organisent deux journées de sensibilisation aux discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité sexée.

 L'interview de Johanna Tonussi.
 L'interview de Louna.
 L'interview de Stéphane Bernard.

Le lycée Langevin a pris des couleurs ce matin ; celles de l'arc-en-ciel, devenues le symbole de la communauté LGBT, pour Lesbienne, Gay, Bisexuelle et Transgenre, à laquelle on ajoute désormais QIA, pour queers, intersexes et assexuelles. Autant d'identités de genre plus ou moins connues des lycéens, qui ont deux jours pour mettre les tabous de côté et aborder librement des questions existentielles dans une période de leur vie plutôt propice.

« Aujourd'hui 10% de la population est homosexuelle, cela fait donc 10% des élèves, soit à peu près 3 élèves par classe, et ceux qui souffrent d'homophobie ou de transphobie doivent pouvoir parler de sujets qui peuvent les inquiéter mais surtout se sentir exister dans leur lycée », explique Johanna Tonussi, professeur de SVT.

De nombreux ateliers sont organisés dans divers lieux de l'établissement pour permettre de les aborder, que ce soit au travers de débats suivants la projection de courts-métrages, de conférences, de conseils de lecture, d'un questionnaire à rendre au CDI ou d'activités artistiques. Peinture de pots de fleurs, expositions, conception d'affiches... Ce sont les élèves eux-mêmes qui prennent en charge l'opération de sensibilisation.

« Je soutiens le mouvement LGBT, je suis moi-même bisexuelle et cela m'a plu de peindre pour représenter les couleurs du drapeau », confie Louna, élève de première. « Je pense que les actions organisées au lycée suffisent pour régler les inégalités, on nous apprend à respecter les autres même s'ils sont différents. J'ai vu des couples homosexuels ici et je ne les ai jamais jugés, ni n'ai vu personne les juger ».

Quant à ceux qui ne souhaitent pas forcément affirmer ce qu'ils ressentent, ou préserver leur intimité sentimentale et affective, d'autres moyens étaient à leur disposition en cas de problème. Sur tous les sets de tables du self était par exemple inscrit le numéro de téléphone de « SOS Homophobie », mais surtout une conférence animée par l’association Le Refuge se tenait en début d'après-midi.

« Cela permet d'inciter les élèves LGBT à se sentir inclus dans leur établissement et s'ils ont des soucis de venir nous parler à la fin de l’intervention ou de nous contacter plus tard », précise Stéphane Bernard, l'un de ses membres. « C'est très dur de s'en sortir tout seul, il faut une grosse force de caractère pour pouvoir lutter, répondre à des insultes, combattre le harcèlement... On est aussi là pour ça ».

Une table-ronde sur les mêmes thématiques devrait bientôt se tenir à la Maison de Carro, en compagnie des lycéens et professeurs particulièrement impliqués dans cette démarche. Une nouvelle occasion donnée de rompre le silence et de faire progresser les mentalités.