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Privés d'école fixe, les étudiants de la Croix-Rouge condamnés à l'errance éducative

Privés d'école fixe, les étudiants de la Croix-Rouge condamnés à l'errance éducative

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Privés d'école fixe, les étudiants de la Croix-Rouge condamnés à l'errance éducative

M. Chaix M. Chaix
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A l'automne 2020, l'emblématique Institut de Formation en Soins Infirmiers du boulevard Chave (5e) fermait ses portes pour des raisons de sécurité. Depuis, les cours ont repris pour les élèves infirmiers, aides-soignants et auxiliaires de puériculture dans un contexte chaotique. Ils appellent à une mobilisation lundi devant l'Hôtel de Région.

"Un an de galère", résume Fabien, un étudiant infirmier en deuxième année. En octobre 2020, alors qu'une partie des étudiants avait déjà subi les aléas de la pandémie, l'école du Boulevard Chave fermait ses portes, car jugée inapte à recevoir les étudiants. La structure du bâtiment était en cause. Des signalements au sujet de la sécurité avaient été effectués en 2018 déjà sans que de nouveaux locaux ne soient proposés.

Depuis la rentrée, les 1000 élèves qu'accueille habituellement l'établissement du boulevard Chave ont été envoyés à la faculté de médecine de l'Hôpital Nord pour suivre leurs cours. Les capacités d'accueil n'étant pas suffisantes sur site, d'autres étudiants ont été déplacés à Buropolis, le projet du collectif Yes We Camp au boulevard Romain Rolland (9e).

"Ce n'est pas ce pourquoi nous avions signé" déplore Fabien. "Beaucoup d'étudiants s'étaient logés dans le 5e pour ne pas avoir à payer de frais de transports. Aujourd'hui ils sont dans le rouge, les dépenses sont doublées entre loyers et déplacements". Autre difficulté pratique, les élèves sont privés d'équipements pour se restaurer. "Sur place nous n'avons pas de réel espace pour déjeuner, il n'y a même pas de micro-ondes".

Des cours dans des préfabriqués

Sur le site de Buropolis, les étudiants suivent les cours dans des Algeco et préfabriqués. "Nous sommes privés de salles de TP, et d'amphithéâtres, en bref d'équipements réglementaires pour notre formation" ajoute encore Fabien. De ces manques d'équipements découlent forcément des problèmes organisationnels. "Nous n'avons presque jamais de visibilité sur nos semaines, nos plannings nous sont remis une semaine à l'avance" détaille encore cet étudiant en deuxième année. "Tous ces éléments mettent en difficulté notre apprentissage et nous devons en plus gérer le stress de la formation".

Les étudiants ont prévu de se réunir ce lundi devant l'Hôtel de Région. Dans la promotion de deuxième année, plus d'une centaine d'élèves devraient répondre à cet appel. Un préavis de grève a été déposé en préfecture et les étudiants espèrent désormais être reçus par l'Agence Régionale de Santé.

De son côté, la Croix Rouge promet depuis le mois de mai un local pérenne. Le montant d'un nouvel établissement avec des salles conformes est chiffré à 12 millions d'euros. Le Bureau National de la Croix Rouge devrait délivrer les contours de ce projet le 6 octobre. Mais salariés et étudiants restent sceptiques. "Une fois de plus, nous n'avons pas été associés. Il n'y a pour l'heure pas les embauches, pas de réel projet et pas d'éléments tangibles" explique Catherine Sens-Meyé, coordinatrice du collectif Inter Instituts Régionaux de Formation Sanitaire et Sociale de la Croix-Rouge Française. Et ça fait des mois que ça dure."