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Enseignement : quand les dotations baissent, la colère monte

Enseignement : quand les dotations baissent

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Enseignement : quand les dotations baissent

S. André S. André
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Chaque année, à cette période de l'année, l’Éducation nationale informe les responsables de lycées et de collèges de la nouvelle dotation globale horaire qui leur sera octroyée à la rentrée. Cette dotation est en baisse depuis quelques années, ce qui fait grincer des dents chez les enseignants et les parents d’élèves car c'est pour eux annonciateur de suppressions de postes d’enseignants, de classes surchargées et de mauvaises conditions d'enseignement

C’est une enveloppe de nombre d’heures d’enseignement attribuée par l’Éducation nationale, via l'inspection d'académie pour les collèges, par le rectorat pour les lycées, pour la rentrée à venir. Elle s’ajuste, d’année en année, selon différents critères et un calcul qui prend en compte les heures réglementaires (en fonction du nombre des niveaux d’enseignement) les heures statutaires (heures de labo, UNSS…) et les heures spécifiques liées au classement de l’établissement. Dévoilée, il y a quelques jours, auprès des établissements, elle a déclenché la colère des fédérations de parents d’élèves, et celle des communautés éducatives : « Il y a une baisse des heures de postes, déplore Sophie Noël, enseignante et syndicaliste Sud éducation. On remarque aussi une hausse des heures supplémentaires. Par semaine, nous devons faire 2 heures de plus. On pressure les professeurs, on leur demande d’en faire toujours plus. Nous, ce que nous voulons ce sont des postes et pas d’heure sup. » Dans son établissement, le collège Gérard Philipe, à Martigues, cette politique conduira à la fermeture d’une classe de 4e et à la répartition des enfants sur quatre classes au lieu de cinq : « Cela fera cinq à six enfants en plus par classe l’année prochaine, assure Carole Gouiran, maman de deux collégiens, membre du groupement des parents autonomes et du Conseil d’administration de ce collège. Ce sont les élèves qui vont payer la note. Ceux en difficulté scolaire, les décrocheurs qui sont nombreux depuis le début de la crise sanitaire...  Et puis, comment un enseignant peut-il faire correctement son travail avec une classe surchargée ? Il y a un ras-le-bol général. On veut que ça bouge. » Le groupement des parents d'élèves autonomes organisera, tous les mercredis, à midi, des mobilisations devant le collège et a lancé une pétition pour récupérer les moyens confisqués. Mercredi 23 mars, il rencontrera le maire de la ville Gaby Charroux ainsi que gérard Frau, représentant départemental. Les parents d'élèves sont aussi en attente d'un rendez-vous avec le rectorat. Une mobilisation intersyndicale se met, actuellement en place, à Marseille et une grève est prévue. 

Autre illustration dans les lycées, toujours à Martigues, à Paul Langevin, les enseignants déplorent la même pénurie que les années précédentes, avec un taux d'encadrement qui ne cesse de baisser. Jean-Pierre Zoroddu est représentant Snes- FSU. Il enseigne les mathématiques, une discipline qui a déjà souffert avec la réforme des lycées: "Sur notre établissement nous avons perdu 200 h de math par semaine, cela représente dix postes d'enseignants. Au niveau national, on parle de 33 000 heures et de 18 000 postes. La DGH nous a fait perdre 70h par rapport à l'année dernière, alors que l'on reçoit de plus en plus d'élèves. J'espère que le sujet de l'éducation s'invitera aux présidentielles." Pourtant, l'Education nationale fait des économie sur le budget (55 milliards en 2021) alloué à l'enseignement. L’année dernière, Jean-Michel Blanquer n’a pas totalement utilisé l'enveloppe et ce sont près de 200 millions d’euros qui sont retournés dans les caisses de Bercy. L’équivalent de 4200 postes d’enseignants. Les équipes enseignantes sont mobilisées même si cette dotation peut avoir des effets pervers sur l'entente entre professeurs, notamment quand il s'agit de décider, en Conseil d'administration, de la répartition de l'enveloppe entre les matières enseignées. 

Toujours au lycée Paul Langevin, la Fédération des conseils de parents d’élèves a envoyé une pétition au rectorat des Bouche-du-Rhône, pour récupérer les heures d’enseignement technologique pour les élèves des sections STI2D : « Cette réduction prive nos enfants des apprentissages et des compétences à valider pour l’obtention du baccalauréat. Les heures à effectif réduit permettaient de réaliser des expérimentations durables, mais aussi de travailler en projet. Ces activités sont la base de ce qui fait la spécificité des filières STI2D et garantissent l’attractivité et la réussite des élèves. Elles étaient d’ailleurs source de motivation et d’intérêt pour nos enfants. » Pétition : https://www.change.org/p/monsieur-le-recteur-p%C3%A9tition-pour-r%C3%A9cup%C3%A9rer-les-heures-d-enseignement-technologique-supprim%C3%A9es-en-sti2d?signed=true

Photographie: Frédéric Munos