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Pourtour de l'Etang : le bassin des emplois de demain

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M. Montagne M. Montagne
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C'est un tournant essentiel pour l'avenir économique de notre territoire du pourtour de l'Etang - et donc pour l'avenir de la Métropole - qui a eu lieu lundi au Palais du Pharo à Marseille avec la signature d'un A.M.I, un appel à manifestation d'intérêt

 L'intervention de JC Gaudin, président de la Métropole AMP
 Jean-Luc Chauvin, président de la CCIMP
 Didier Parakian, adjoint au maire de Marseille délégué à l'économie
 Christine Cabau-Woehrel, directrice du GPMM
 François Bernardini, maire d'Istres
 Thierry Queffelec, représentant de l'Etat auprès du préfet de région
Jamais à Marseille on n'avait parlé, avec autant d'enthousiasme, du pourtour de l'étang dans une réunion de cette envergure. 
Alors qu'il y a quelques années à peine, l'avenir y apparaissait bien sombre avec la fermeture programmée de raffineries, dans un contexte écologique ringardisant cette vieille industrie "fossile" devenue pour beaucoup préhistorique et qui allait entraîner dans sa chute un pan important de l'économie locale. Eh bien finalement, la réalité ne s'est pas inspirée de ce scenario catastrophe. Aujourd'hui, ce même territoire apparaît comme l'un des poumons économiques non seulement de la métropole, mais de l'ensemble de la région. Et l'industrie de renaître, transformée, non plus dorée au seul or noir mais reverdie.
La raffinerie Total de la Mède va devenir la première bioraffinerie française,le tissu industriel a négocié - ou devra le faire - le virage de la modernité. Une industrie "4.0" où les termes "bio, transition, écologie, environnemental" sont devenus incontournables. Evidemment, sans que cela ne se limite à des effets d'annonce ou des promesses non tenues puisque, dans ce contexte de réchauffement climatique, plus personne n'acceptera comme antan de subir la pollution en échange des richesses et de l'emploi. Terminé aussi l'époque où chaque entreprise travaillait avant tout pour sa prospérité sans trop se préoccuper de la situation de sa voisine. Or , comme le résume Christine Cabau-Woehrel, directrice du Grand port maritime de Marseille (GPMM), ces acteurs industriels auxquels il faut ajouter les acteurs politiques "ont plus intérêt à travailler ensemble que chacun dans leur coin"
D'où la conclusion de cet Appel à manifestation d'intérêt (A.M.I.) baptisé Provence Industry Nov'.
De quoi s'agit-il ? 
Pour simplifier à l'extrême, il s'agit d'attirer des investisseurs, français comme étrangers, sur ce territoire et pour cela, savoir se rendre irrésistible. 
Comment ? 
En affichant du désir et en promettant du confort. 
Un investisseur préfère en effet, et c'est bien naturel, se sentir désiré : en matière économique, ça se traduit par un tapis rouge et une haie d'honneur qui rassemble, dans une unanimité indispensable,  tous les acteurs locaux, tant économiques, étatiques que politiques (avec, de la part des deux derniers, d'éventuels coups de pouce à l'installation comme, par exemple, des défiscalisations en gage de bienvenue)
Mais ce sens de l'hospitalité économique n'est d'aucune utilité si le tapis et la haie débouchent sur un terrain vague. Si le foncier est indispensable pour construire une industrie, il n'est plus suffisant. Désormais, l'investisseur veut pouvoir travailler dans un contexte confortable, soit a minima un terrain "connecté" : connecté aux énergies nécessaires, gaz et/ou électricité, pour faire fonctionner ses installations, également aux produits, souvent chimiques, nécessaires à sa chaîne de fabrication, et éventuellement bénéficier d'un accès simple aux matières premières qu'il envisagerait de transformer. 
Et le pourtour de l'Etang est doté de tout cela, et bien plus encore : 
du foncier en quantité, comme le soulignait Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Marseille Provence, il en existe à Fos, avec Piicto, la plate-forme industrielle et d'innovation du Caban Tonkin et ses 1200 ha mais également sur les plate-formes de la Mède et de LyondellBasell sans oublier les terrains autour de l'aéroport, ainsi qu'à Miramas et Salon, 
du pétrole, du gaz et désormais les nouvelles énergies et carburants "bio", le territoire n'en manque pas, de même les produits indispensables à certaines fabrications peuvent être fournis par les industries chimiques comme Kem One et LyondellBasell, et des matières premières comme des minerais peuvent être acheminées sur place via le GPMM.
Pour la partie business, l'aéroport de Marignane est idéalement situé pour l'accueil dans notre zone des clients, investisseurs et autres agents économiques. 
Sans oublier l'enchevêtrement des modes de transport routiers, autoroutiers, rail et maritimes. 
Et, avec la diversité des grosses industries historiques, un réseau d'entreprises sous-traitantes variées et rompues aux exigences qualitatives de grosses entreprises de pointe comme Airbus Helicopter à Marignane pour ne citer qu'elle. 
Bref, un territoire où un industriel puisse, à peine débarqué, se sentir comme à la maison. 
Ne restait plus qu'à attirer un premier investisseur conséquent pour "amorcer la pompe" et inciter les indécis à se lancer. 
C'est fait et avec une première prise de choix, le géant chinois Quechen Silicon Chemical, numéro un de la productionr de silice de la République Populaire qui, sur 28 sites européens en compétition - dont Rotterdam - a choisi PIICTO, le site fosséen du GPMM, pour y installer sa future chaîne de fabrication de "pneux verts" avec à la clé 130 emplois dès le démarrage. 
Quand on connait l'âpreté des Chinois dans les négociations commerciales et leur peu d'appétence pour le hasard dans le domaine du business, il parait difficile de trouver meilleur produit d'appel ou plus belle carte de visite pour illustrer le potentiel du pourtour de l'Etang (et, preuve également de l'importance de ce marché pour les Chinois, la présence, aux côtés du conseiller du PDG de Quechen, du consul général de Chine à Marseille Liying Zhu)
Et comme l'affirme Didier Parakian, adjoint au maire de Marseille délégué à l'économie et aux relations avec le monde de l'entreprise : "à terme, du côté de Fos, nous aurons près de 300 entreprises : qui dit entreprises, dit emplois, dit richesses, et ça c'est bon pour les habitants du territoire"
Désormais, dans le domaine industriel, le pourtour de l'Etang semble avoir trouvé un A.M.I. qui lui veut du bien...

En vidéo : 

- Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille et président de la Métropole Aix-Marseille Provence : notre tissu industriel provençal est fortement diversifié et de plus en plus innovant

- Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Marseille Provence : avec 40 ans de retard sur Lyon, il faut que la Métropole accélère

- Didier Parakian, adjoint au maire de Marseille, délégué à l' économie et aux relations avec le monde des entreprises : l'industrie, c'est la pépite de ce territoire.

- Christine Cabau-Woehrel, directrice du Grand port Maritime de Marseille : les industries doivent désormais « verdir » leurs activités sans perdre leur compétitivité

- François Bernardini, maire d'Istres : la Métropole avance

- Thierry Queffelec, représentant de l'Etat auprès du Préfet de la région PACA : on est très heureux de participer à cet A.M.I.

(images : Michel Montagne; interviews : Didier Gesualdi / Maritima Medias)