Temps forts

Avec ses éoliennes, l'Ouest de l'Étang de Berre a le vent en poupe

M. Montagne M. Montagne
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Le Palais des Congrès à Marseille est devenu durant deux jours la capitale internationale de l'éolien offshore flottant. Un forum mondial qui devrait avoir des répercussions économiques pour toute la région et surtout l'Ouest de l'Étang de Berre

Plus de 500 personnes, certaines venues du Japon, se sont déplacées cette semaine au Parc Chanot à Marseille pour assister au forum mondial de l'éolien offshore flottant. Un terme rébarbatif qu'on pourrait résumer, en caricaturant à peine, par des éoliennes géantes posées sur un flotteur XXL au large des côtes.
On connait les éoliennes terrestres qui, après un succès d'estime, ont ensuite provoqué la grogne parce qu'elles dénaturaient parfois de jolies paysages ou parce que le bruit de rotation des pales dérangeait les riverains. Également parce qu'elles nécessitaient des fondations profondes peu respectueuses des sous-sols.
Désormais l'avenir appartient aux éoliennes offshore flottantes (EOF) qui cumulent de nombreux atouts : bien plus grandes et plus puissantes, elles produisent plus d'électricité - plus du double de leurs cousines terrestres - et contrairement à la première génération des éoliennes posées sur les fonds marins - ce qui contribuait à endommager ces derniers - les EOF reposent sur un socle flottant et donc peuvent être installées à dix ou vingt kilomètres de nos côtes, là où les fonds atteignent 50 mètres ou plus. Autre intérêt, le vent qui souffle en mer est plus puissant et plus régulier donc idéal pour le rendement et l'amortissement de ces installations. Sans oublier, en ces temps de réchauffement climatique, l'absence d'émanations polluantes et une matière première, le vent, inépuisable.
Au vu de tous ces avantages - on rappelle que la France est détentrice de la seconde ressource en vent en Europe après la Grande-Bretagne - l'État a lancé un appel d'offres pour mettre en place des fermes pilotes et tester ainsi sur le moyen terme la viabilité économique de ces éoliennes.
Sur quatre sites programmés, le premier va être construit côté Atlantique et les trois autres en Méditerranée : deux au large de la région Occitanie (ex Languedoc Roussillon) et le dernier... au large de Port-Saint-Louis-du-Rhône vers le Faraman.
Une aubaine pour un territoire jusqu'alors "pétro-dépendant", qui plus est à une époque où les raffineries du pourtour de l'Étang ferment ou réduisent leur activité suite à la surproduction mondiale et la chute des prix. Et puis, il ne faut pas se voiler la face, comme son nom l'indique, l'énergie fossile n'est pas celle de demain. Pour autant, les EOF ne seront pas les fossoyeurs de l'industrie pétrolière mais l'accompagneront dans les prochaines décennies pour la remplacer progressivement et permettre ainsi une reconversion en douceur des sites mais aussi des personnels. À condition de ne pas traîner et risquer de perdre le leadership au bénéfice d'autres pays.
Tout le monde semble l'avoir compris, tant l'État que la Région, les diverses collectivités et le monde de l'entreprise avec la participation active de la Chambre de commerce et d'industrie de Marseille-Provence et du Pôle Mer Méditerranée (association qui rassemble des entreprises, des laboratoires de recherche et des universités pour développer de nouveaux produits et services dans le domaine de l'économie maritime et littorale) sans oublier le GPMM, le Grand port maritime de Marseille
Car si ces fermes pilotes donnent toute satisfaction, leur industrialisation et leur conversion en fermes commerciales représenteront une véritable manne pour les industries locales, forte d'un savoir-faire industriel incomparable dans le offshore notamment.
A titre d'information, la ferme pilote de Port-saint-Louis/Faraman comptera trois ou quatre EOF pour une production d'énergie de 24 mégawatts (de quoi alimenter l'équivalent d'une ville de 40 000 habitants).
Une ferme commerciale représentera, elle, 80 à 100 EOF pour un total de 500 mégawatts ! Ce qui permettrait, à l'horizon 2025-2030, de disposer d'une énergie inépuisable et compétitive.

En vidéo, dossier complet avec les interventions, par ordre d'apparition, de Matthieu Monnier, chargé de mission ''industrie et éolien offshore'' chez France Énergie Éolienne; Philippe Maurizot conseiller régional, vice-président de la commission "Industrie, innovation, nouvelles technologies et numérique'' et conseiller municipal à Fos-sur-Mer; Patrick Baraona, directeur général du Pôle Mer Méditerranée et Maurice Wolff, vice-président à la CCI Marseille Provence.

(interviews, images et montage : Michel Montagne / Maritima Médias)