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"La droite nous a laissé des caisses vides" : l'audit financier de Marseille révélé ce matin

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"La droite nous a laissé des caisses vides" : l'audit financier de Marseille révélé ce matin

M. Chaix M. Chaix
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C'était une promesse de campagne du Printemps Marseillais. Le maire Benoit Payan, accompagné d'une partie de ses adjoints a rendu public ce matin l'audit financier lancé en octobre 2020 par le cabinet Deloitte & Associé. Il dresse le bilan d'une ville malade financièrement mais la majorité promet de rééquilibrer les dépenses

"L'état financier est catastrophique, il n'y a plus rien dans les caisses" a d'abord exprimé Benoit Payan entouré d'Olivia Fortin, en charge de  de la modernisation, du fonctionnement, de la transparence et de la qualité des services municipaux, Joël Canicave, en charge des Finances, Mathilde Chaboche, en charge de l'Urbanisme et Jean-Marc Coppola, en charge de la Culture. Le maire a déploré "25 ans de gestion négligente" visant sans équivoque son prédécesseur Jean-Claude Gaudin.

Un manque criant d'investissements

Le budget d’une collectivité est divisé en 2 parties : fonctionnement et investissements. Les dépenses de fonctionnement couvrent les salaires, les factures d'électricité, les subventions aux associations. Les dépenses d'investissements couvrent elles les équipements, les grands projets et le remboursement du capital de la dette.  A Marseille, ce budget total était de 1,561 milliard d’euros en 2019. L'audit pointe un déséquilibre profond entre ces deux éléments constituants du budget.

"Pendant très longtemps, la majorité sortante faisait simplement état de l’épargne brute. Et effectivement, notre épargne brute était plutôt dans la norme. Mais le problème, c’est que l’épargne brute ne prend pas en compte le poids de la dette.En réalité, et c’est ce que nous apprend le cabinet Deloitte, c’est que si on calcule non pas l’épargne brute, mais l’épargne nette, celle qui nous sert à investir, là, la situation est catastrophique." explique encore Benoit Payan. "Et avec un budget d’1,5 milliard d’euros, ce qu’il nous reste dans les caisses, c’est à peine 13 millions d’euros en 2019. C’est le véritable scandale financier de la Ville de Marseille". Et cette épargne nette se chiffre aussi par habitant, à peine 15 euros contre 127 à Bordeaux par exemple.

Le poids de la dette

Dans la cité phocéenne, la dette par habitant se chiffre à 1 910 € , faisant de la ville une des plus endettées de France. La Ville de Marseille aura cette année à rembourser près de 200 millions d'euros. "La première volonté c’est de ne pas l'augmenter. On veut d’abord la renégocier avec pour objectif 4 millions d'euros de moins que prévu pour l'année 2021" a expliqué Joel Canicave le chef de la majorité municipale. "Nous allons chercher de l’argent partout où il se trouvera, à Bruxelles comme à Paris, ce n'est pas de l'aide c'est de la justice", a encore plaidé Benoit Payan qui prévoit de rencontrer le président de la République.

Des dépenses "paillettes"

Autre point soulevé par ce rapport, les choix d'investissements "contestables" de l'ancienne majorité Gaudin . "Si on en est là aujourd'hui, c'est à cause de la gabegie financière" explique Benoit Payan. La nouvelle majorité dénonce une "mauvaise gestion du patrimoine immobilier" ; pour illustrer son propos, il évoque le paiement pendant deux ans d'un loyer d'un étage entier vide de 1245 m2, ou encore "le fiasco" de La Corderie, ce site archéologique du 7e arrondissement. Le maire évoque encore les 1,5 millions d'euros de frais d'entretien par an pour le Palais de la glisse à La Capelette "et ce scandale ne va pas s’arrêter là puisque chaque année jusqu’en 2030, 2040 ou que sais-je nous sommes censés continuer de payer 1,5 millions d’euros pour fabriquer de la glace". Il dénonce aussi "l'indécence financière" de certains projets : la participation au salon du MAPIC, le salon international des centres commerciaux : 180 000 euros par an pendant 18 ans pour un stand ou encore l'achat d’un corbillard Mercedes limousine pour 117 000 euros, un corbillard qui affichait seulement 2000 km en 5 ans.

Pas de rétropédalage sur les projets portés par la nouvelle municipalité

Si les caisses sont dans le rouge, le maire de Marseille promet de se pencher sur l'essentiel, de rassembler une administration fracturée et "de rompre avec le bling-bling". Les priorités restent les mêmes pour Le Printemps Marseillais :  écoles, logements, environnement, propreté et transports. "Pas de dépenses incommensurées" conclut Benoit Payan. La nouvelle municipalité chiffre ses besoins à 13,16 milliards euros : 470 écoles à entretenir, 65 stades, 58 parcs et jardins et 14 piscines répartis sur l'ensemble de la Ville. En bref, investir dans le service public pour les Marseillais. Au sujet de l'augmentation des impôts, le maire de Marseille reste évasif : "On ne fera rien qui abime violemment le tissu social marseillais mais pour autant j'ai besoin d'y voir clair, nous sommes dans le rouge".

Par ailleurs, l’ambitieux plan écoles chiffré à 1 milliard d'euros est maintenu, mais sera différé sur un deuxième mandat si le Printemps Marseillais est réélu à l'issue de ces 6 premières années.

Lundi 8 février, en marge du prochain Conseil municipal, le Printemps Marseillais débattra de son budget et présentera ses grandes orientations. "Contrairement à l’ancienne majorité, nous allons arbitrer en comptant sur le temps long, en mettant en perspective notre action sur 2 ans, 3 ans, 6 ans(...) Si la Ville restait sur la trajectoire que nos prédécesseurs avaient tracé, nous allions droit vers la banqueroute, droit vers la faillite, droit vers la tutelle. " prévient en conclusion le maire de Marseille Benoit Payan. Nul doute que le bilan de cet audit sera bientôt commenté par les équipes Gaudin, encore pour beaucoup présentes dans hémicycle municipal.

 

Extrait de l'interview de Benoit Payan à retrouver ce soir 18h sur 107.2

Reportage intégral demain dans votre matinale radio, aussi sur le 107.2