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ArcelorMittal Fos: le processus zéro émission de dioxyde de carbone est lancé

G. Saucerotte G. Saucerotte
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Pour atteindre cet objectif fixé par les accords de Paris sur le climat, trois étapes sont nécessaires. La 1ère: utiliser davantage d'acier recyclé pour diminuer les émissions de CO2 de 12%.

La boite de conserve que vous triez à domicile a désormais de très fortes chances de se retrouver dans l'usine fosséenne. Et pour cause, dans son objectif ( commun avec les accords de Paris) de réduire, d'ici 2050, le taux d'émissions de CO2 à 0, ArcelorMittal utilise davantage d'acier usagé, appelé ferraille, dans sa production. "L'acier est recyclable à l'infini, explique Damien Chambolle, le responsable des projets de décarbonation. Intégrer de l'acier recyclé dans le processus de fabrication est un vrai challenge parce que nous apprenons ainsi à nous passer du charbon." Matériau de base pour fabriquer de l'acier dont la corrélation avec le CO2 n'est plus à prouver. "Le premier objectif à atteindre est d'arrivée d'ici 2025 à diminuer de 12% nos émissions de CO2 à Fos", poursuit le responsable. En passant de 100 000 à 400 000 tonnes de ferraille intégrée dans sa production, Arcelor Fos devrait faire l'économie de 160 000 tonnes de dioxyde de carbone cette année, soit l'équivalent de la moitié du trafic routier de la N568 entre Port-de-Bouc et Fos! La question que l'on peut alors se poser est de savoir d'où vient cette ferraille achetée? Le sidérurgiste a signé plusieurs contrats avec des collectivités du sud-est pour récupérer l'acier. C'est chez Arcelor par exemple qu'a terminé le viaduc situé entre Salon et Lançon. "Il est important de faire du tri. C'est la décarbonation de demain. Ce que l'on souhaite, poursuit Damien Chambolle, c'est faire converger vers chez nous l'acier de recyclage de la région." Acier qui, jusqu'à présent, partait à destination de l'Italie, de l'Espagne et de la Turquie. 

Deuxième étape: moins 30 % de CO2 en 2030

Un fois la baisse de 12% atteinte, la prochaine étape est de réduire de 30% les émissions de CO2. Un objectif qui devrait être atteint d'ici 2030 au moyen d'importants investissements. Si certains ont déjà eu lieu (voir ici), l'idée  est d'équiper l'usine d'une technologie pour l'heure encore en phase d'essai sur d'autres sites. "Nous avons passé les dernières années à tester une large gamme de technologie, a affirmé Geert Van Poelvoorde, CEO ArcelorMittal Europe. Il est maintenant temps de passer à une plus grande échelle et de les mettre en pratique avec le soutien de l'Union Européenne et des États membres pour nous assurer que nous serons en mesure de décarboner complètement."  

 Troisième étape: 0 émission d'ici 2050

Les technologies pour arriver à cet objectif dépendent encore de la recherche et développement. "Il y a des études, des projets et des investissements à la clé, conclut Damien Chambolle. L'Union Européenne s'engage à la neutralité en 2050. Nous sommes en phase avec cette ambition. On attend du soutien de l'UE. Jusqu'à présent, on était taxé au-delà d'une certaine production de CO2, cela va coûter très cher à l'industrie. Mais cela servira à alimenter des fonds pour développer de nouvelles technologies." 

 

Ecoutez l'interview de Damien Chambolle, le responsable  des projets de décarbonations ArcelorMittal Fos.