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ArcelorMittal Fos va investir 100 millions d'euros pour l'environnement

ArcelorMittal Fos va investir 100 millions d'euros pour l'environnement

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ArcelorMittal Fos va investir 100 millions d'euros pour l'environnement

G. Saucerotte G. Saucerotte
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Marché de l'acier en berne, chômage partiel, plainte des riverains...Dans un entretien accordé à Maritima, le directeur d'ArcelorMittal Fos évoque les difficultés du site et ses perspectives d'avenir.

ArcelorMittal fait actuellement face à une crise profonde de l'acier? 

Bruno Ribo: La sidérurgie est une activité cyclique. Actuellement nous nous trouvons en bas de cycle avec des prix très bas et un ralentissement net de l'activité économique. Parallèlement il y a des importations agressives qui ne suivent pas les même règles du jeu. Nous avons adopté, en ce début d'année, un ensemble de mesures visant à faire des économies pour préserver notre avenir. Elles incluent du chômage partiel pour pallier la baisse des commandes. On sait que 2020 sera aussi une année difficile. La consommation d'acier est liée aux investissements. On assiste à un ralentissement de ces investissements dans plusieurs secteurs, notamment l'automobile. Moins 8% en 2 ans. Cela nous affecte directement car l'automobile représente 25% de notre carnet de commandes. En même temps, on voit aussi les importations qui continuent et qui ne sont pas assujetties aux même règles d'achat de certificats de CO2. C'est tout le dilemme de la décarbonation. 

Que fait ArcelorMittal pour cette décarbonation? 

BR: Nous sommes le 1er sidérurgiste a avoir signé les accords de Paris. Cela passe par des engagements à long terme. Certaines étapes sont déjà concrètes. À l'horizon 2024, nous voulons réduire de 15% nos émissions de carbone. Pour cela, nous devons faire des investissements significatifs pour consommer plus de ferraille moins émettrices de CO2. La deuxième étape sur laquelle nous réfléchissons viserait l'horizon 2030. On parle de recyclage de plastique à la cokerie ou aux hauts fourneaux. Cela substituerait notre consommation de charbon. 

La Dreal a levé l'astreinte concernant les excès de rejets polluants, pourquoi? 

BR: Parce que cette année nous avons fait des progrès importants. On a mis sur les rails la cokerie. Aujourd'hui, les émissions de cette unité sont conformes. On a aussi beaucoup travaillé sur les émissions dites fugitives. En septembre, nous avons reçu une équipe de 29 spécialistes de tous les sites d'Arcelor monde pour se former à la méthode qui permet de mesurer ce type d'émission. À Fos, nous sommes une référence dans le groupe. Il faut savoir que depuis 2012, nous avons réalisé 100 millions d'euros d'investissement pour réduire notre impact environnemental. Les résultats sont là: moins 50% de poussière dans l'atmosphère, moins 60% d'émissions de dioxynes et moins 50% de dioxydes de soufre. Le paradoxe c'est que notre impact n'a jamais été aussi faible, mais les attentes de nos riverains évoluent. Les progrès doivent continuer, on en a conscience.  Malgré les difficultés, on travaille sur un plan qui va nous permettre de réduire de 30% nos émissions sur les 3 prochaines années. Cela va passer par de nouveaux investissements d'environ 100 millions d'euros. On a pris toute la mesure de ce que l'on nous demande. On veut être 100% conforme 100% du temps. 

Quels investissements sont prévus dans l'usine fosséenne prochainement? 

BR:L'année prochaine, malgré la crise, nous allons investir 20 millions d'euros sur trois sujets environnementaux. Deux concernent la qualité de l'eau dans l'aciérie et à la cokerie. On veut améliorer notre performance. La dernière concerne les émissions de poussière. On veut les diviser par trois d'ici 2021. 

Êtes-vous confiant dans l'avenir? 

BR: Ce n'est pas la première crise que l'on traverse. Il y a eu celle de 2008 avec beaucoup de difficultés. J'ai traversé une dizaine de crises. On en ressort beaucoup plus fort. On apprend de nos erreurs. 

ArcelorMittal recrute?

BR: Nous n'avons jamais cessé d'embaucher. Tous les ans, nous recrutons environ 150 spécialistes et nous sommes à la recherche de profil technique en maintenance. 

Quelques jours après cet entretien, des riverains de Fos-sur-Mer, représentés par Me Julie Andreu, ont attaqué en justice Arcelor ainsi que 3 autres raffineries et chimistes pour trouble du voisinage. Dans un communiqué le sidérurgiste s'est défendu : " Nous n’avons pas encore reçu d’assignation à ce sujet donc nous ne pouvons pas apporter de commentaire. En revanche, en ce qui concerne les affirmations de Maître Andreu dans un article, nous souhaitons réagir : contrairement à ce qui est déclaré, nous faisons beaucoup de choses pour réduire notre impact environnemental. La situation a d’ailleurs été rétablie au printemps à la cokerie, où nous sommes revenus dans les normes au niveau de la qualité de l’air. Cela fait suite à plusieurs mois de travaux au long cours, puisque les 126 fours ont tous fait l’objet d’une reconstruction. Pour donner une idée de l’ampleur du programme, notez que la hauteur de ces fours est de 18 mètres et que chaque porte, organe clé pour assurer l’étanchéité, pèse plus de 7 tonnes ; nous y avons investi sur plusieurs années un total de 130 millions d’euros.

Par ailleurs,  au global sur le site de Fos, nous avons investi 100 millions d’euros entre 2012 et 2017, avec des résultats concrets et significatifs de réduction systématique de notre impact: - 50 % de poussières émises, -50 % de dioxydes de soufre, -70 % de dioxines. Nous continuons ce travail de fond et d’ici 2023, nous projetons d’investir à nouveau 100 millions d’euros de plus pour continuer à réduire encore notre empreinte environnementale."