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La Zac des aiguilles à Ensuès est lancée, mais ne fait pas l'unanimité

La Zac des aiguilles à Ensuès est lancée, mais ne fait pas l'unanimité

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La Zac des aiguilles à Ensuès est lancée, mais ne fait pas l'unanimité

G. Saucerotte G. Saucerotte
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La Zac des aiguilles a reçu l'avis favorable du commissaire chargé de l'enquête publique. Les travaux de création de deux entrepôts logistiques ont déjà démarré, pourtant le projet est loin de faire l'unanimité.

 René Tassy, président de l'association Eco-relais Côte bleue
 Michel Illac, maire d'Ensuès
 Léo Barlatier, directeur de Barjane

C'est surtout le volet environnemental qui fait bondir les associations. "La zone commence à se construire, on veut que le projet soit revu, annonce René Tassy, président de l'association Éco-relais Côte bleue et administrateur FNE Paca. Il y a une solution pour protéger les parties valorisables. Dans cet endroit il y a encore des terres non polluées." La pollution des sols, c'est bien ce qui pose problème. La Zac des aiguilles, située entre Ensuès et Gignac, en bordure de l'A55 en souffre particulièrement. "Le chantier de dépollution est colossal, explique Léo Barlatier, directeur de Barjane, groupe immobilier à l'origine du projet. Nous allons dépenser 10 millions d'euros pour dépolluer. Et encore, la dépollution que nous allons opérer ne permettra ensuite qu'un usage industriel des terrains. Pour des activités résidentielles ou touristiques, cela aurait été encore plus important, voire impossible". Pour savoir de quoi les sols étaient faits, l'entreprise a réalisé 450 sondages. Les résultats sont sans appel. "On compte environ 15 000m3 de déchets de surface, 45 000 m3 de déchets enfouis mais aussi des pollutions concentrées comme des hydrocarbures, du pyralène, du mercure ou des cendres sans doute laissées par l'ancien incinérateur. Ces terrains ne sont pas des terres agricoles." Pourtant, pour les associations de défense de l'environnement, il y avait d'autres choses à faire que de la logistique. "Il y a des endroits, en bordure qui sont exploitables. Des associations ont proposé un projet de jardin partagé, poursuit René Tassy. Et sur les terres polluées, pourquoi ne pas installer un champ de panneaux solaires? A cela s'ajoute une densification de la circulation." L'association estime que près de 1000 camions supplémentaires passeront à cet endroit ."Au niveau du trafic c'est déjà saturé." De cela, tous les acteurs en ont bien conscience. "C'est pour désengorger les sorties du Rove et de Carry qu'un nouvel échangeur va voir le jour", assure Michel Illac le maire d'Ensuès. Un rond-point d'accès vient également d'être construit.

Création d'emplois et solutions alternatives. 

Sur le site, de 62 hectares, les bulldozers ont commencé à faire leur oeuvre. Si les permis de construire de deux entrepôts de 100 000m2 chacun sont en cours d'instruction, Barjane travaille actuellement au débroussaillement. "Nous avons finalisé les diagnostics archéologiques et les travaux d'adduction d'eau du canal de Provence, poursuit le directeur. Les études techniques sont terminées, il ne reste plus qu'a construire les bâtiments." Bâtiments d'ores et déjà commercialisés. Ce sont les enseignes Décathlon et Action qui se sont portées acquéreurs. "Décathlon va délocaliser son entrepôt de Bouc Bel Air, ici, explique Léo Barlatier. Et va en même temps doubler son activité. Action, c'est une création pure et simple." Au final, ce sont près de 700 emplois qui devraient être créés. "Il y avait un réel besoin, estime Michel Illac.  D'ailleurs le nouveau rond-point a été construit par des entreprises locales. Ce projet est métropolitain, dans le Scot* que nous avons signé en 2010, il était prévu une répartition du territoire. Certains secteurs sont dédiés à l'agriculture. Ils attendent aujourd'hui des porteurs de projets. D'autres sont dédiés au développement économique. C'est le cas de la zone des Florides à Marignane, les Empallières à Saint-Victoret et les Aiguilles à Ensuès." S'il semble donc bien difficile de faire marche-arrière, les associations ne baissent pas les bras pour autant. "Nous ne sommes pas opposés à la création d'emplois, conclut René Tassy. Au contraire. Seulement, nous déplorons encore du bétonnage. Il y a tout un équilibre naturel qui est en train d'être cassé. On veut une protection de la nature et de la biodiversité. Des solutions alternatives existent.

Enfin, quid de Biotechna ? Située au centre de la future ZAC, l'entreprise de traitement des boues n'y a plus sa place. Un accord vient d'être trouvé avec Barjane. L'entreprise, souvent critiquée par les riverains pour les nuisances olfactives qu'elles occasionnent, devrait déménager. 

* Scot: schéma de cohérence territoriale

Ecoutez les interviews de René Tassy, président de l'association Eco-relais, de Michel Illac le maire d'Ensuès et de Léo Barlatier, directeur du groupe Barjane