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Malgré l'instabilité mondiale, le GPMM bat de nouveaux records

Le transport de voyageurs reprend très fort vers la Corse et le Maghreb. Crédit RK

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Le transport de voyageurs reprend très fort vers la Corse et le Maghreb. Crédit RK

R. Khayat R. Khayat
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Le Grand Port Maritime de Marseille, divisé entre la cité phocéenne et Fos-sur-Mer, continue sa croissance malgré une instabilité mondiale inédite. Le secteur de l'énergie connaît des difficultés, tandis que le transport de passagers repart en forte hausse, porté par la réouverture des lignes vers le Maghreb.

"Le maître-mot, cette année encore, c'est l'incertitude." Hervé Martel pèse ses mots avant de dévoiler les résultats semestriels du GPMM. Le président du directoire du groupe évoque une instabilité inédite, qui mêle à la fois pandémie de Covid et crise en Ukraine. "Nous sommes dans une situation de stagflation : la croissance ralentit pendant que l'inflation grimpe. Tout le monde revoit donc ses prévisions de croissance à la baisse", déclare-t-il en guise d'introduction. 

Les résultats mis en avant par le port sont pourtant loin d'être inquiétants : même dans le secteur de l'énergie, touché de plein fouet par les tensions internationales, les chiffres sont stables par rapport à 2021. La guerre en Ukraine a entraîné un recul de 18% du trafic de pétrole, compensé par le gaz naturel liquéfié (GNL) qui augmente de 24% sur la période. "Et il devrait encore grimper d'ici la fin d'année", selon les membres du directoire. En revanche, le secteur du vrac solide, qui englobe de nombreuses industries du pourtour de l'étang (dont la sidérurgie d'ArcelorMittal) fait face à un manque de matières premières et à une forte hausse des coûts. Résultat : baisse de 8% du trafic. 

Des voyageurs impatients et des bateaux complets

Du côté Est du port, à Marseille, tout se déroule pour le mieux. Le transport de passagers explose tous les records : 890 000 voyageurs ont été accueillis ce premier semestre. C'est 21% de plus qu'en 2019, année référence d'avant-pandémie. Ce succès revient à deux destinations. Tout d'abord la Corse, qui gagne 11% de trafic comparé à 2019, et le Maghreb, qui a supprimé juste avant l'été ses restrictions sanitaires. De nombreuses familles n'ont pas pu rentrer chez elles depuis deux ans, les bateaux sont donc complets dès juillet. Le GPMM parle d'un "taux de remplissage sans précédent". 208 000 voyageurs sont sur ces lignes accueillis, c'est 38% de plus qu'en 2019. 

Le bilan d'étape du port de Marseille-Fos s'est terminé sur une analyse des croisières. Le secteur a été à l'arrêt complet le temps de la crise Covid et peine à retrouver sa clientèle. 410 000 passagers ont embarqué au premier trimestre, c'est moitié moins qu'en 2019. Selon Hervé Martel, les courbes remontent. "Ce sont des voyages qui préparent plus de six mois à l'avance. La levée des jauges et des restrictions sanitaires date du mois de mars, ça devrait donc remonter d'ici l'automne, un gros pic de trafic dans les croisières."

Des croisières contestées

Depuis plusieurs mois, associations et riverains contestent de plus en plus ce mode de transport, vecteur de pollution visuelle et atmosphérique. Pour leur répondre, leur GPMM met en avant les atouts environnementaux du port : "On a une flotte récente, des armateurs qui ont pris des décisions très fortes pour limiter la pollution, et surtout on investit très lourdement dans le plan 'Escale Zéro Fumée' pour brancher les navires et couper leurs moteurs quand ils sont à quai. Ce sera à partir de 2025 sur le port de Marseille."

S'il dit accepter le débat avec les CIQ et les associations de riverains, Hervé Martel rejette tout échange avec les collectifs militants. Stop-Croisières, pour ne citer que lui, avait bloqué au moins de juin l'entrée du plus gros paquebot du monde dans la rade de Marseille. "Moi je ne discute pas avec des gens qui bloquent la passe avec des kayaks, il faut simplement rétablir l'ordre public. Il y a d'autres manières de s'exprimer que la violence ou l'entrave à la libre circulation."