Temps forts

Les boîtes de nuit, ces oubliées du déconfinement

N. Ouerfelli N. Ouerfelli
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Si presque toute l'économie est repartie, avec la réouverture des entreprises et autres établissements, les boîtes de nuits n'ont, pour le moment, pas encore le droit d'ouvrir et d’accueillir du public. Incompréhension, colère et catastrophe économique, le parton d'un établissement se confie au micro de Maritima.

"On est vraiment dans l'inconnu aujourd'hui et ça c'est le plus difficile ! De ne pas savoir où on va, de pas avoir de vision, on se sent comme la dernière roue de la charrette. On s'attendait peut-être pas à une réouverture au mois de mai, mais début juillet nous étions presque sûr de rouvrir, étant donné que tout à repris",  nous explique Christian Bandikian, gérant du "Mistral" à Aix-en-Provence. L'incompréhension et la colère face à cette situation ont peu à peu gagné ce gérant, puisqu'en effet le gouvernement ne prévoit pas, pour l'heure, la réouverture de ces établissements avant le mois de septembre, tout cela sans compensation financière, après sept mois fermeture. "Cette année 2020 sera catastrophique, en faisant abstraction des recettes, chaque mois je perds, rien qu'en frais, 20 000 euros ! Beaucoup pensent que les discothèques ne sont pas des entreprises comme les autres, mais c'est faux", fulmine Christian, qui emploie aujourd’hui 27 personnes à temps plein.

Les professionnels de la fête, les oubliés du déconfinement

Si depuis le début de la semaine, les casinos, les cinémas ou encore les centres de vacances, ont pu de nouveau accueillir du public, les patrons de boîtes de nuit doivent encore patienter, conscient du caractère exceptionnel de cette crise sanitaire, Christian Bandikian demande seulement une équité entre tous les acteurs. "Je suis vraiment surpris qu'on ne laisse même pas ouvrir, déjà, les boîtes qui ont des patios ou des espaces en plein air, comme le Bazar à Marseille ou La Joïa à Aix, ceux-là sont encore plus défavorisé que moi. Et puis il y a nous, qui avons des petites discothèques et là on se dit pourquoi les bars, pourquoi les grosses soirées organisées chez l'un ou chez l'autre et pas nous qui sommes des professionnels, et qui avons les moyens de faire respecter les mesures sanitaires". Du coup, pour pouvoir au moins, tenter de subsister jusqu'à la réouverture de sa discothèque Christian, comme beaucoup d'autres, va organiser des soirées, en plein air en association avec d'autres établissements de la nuit, bien conscient qu'il ne s'agit pas d'une solution perenne. "Ces événements vont dépouiller le centre-ville, ils vont démarrer à des horaires ou habituellement les gens sont en ville (19h - 2h). Si tout le monde commence à faire ça, le centre-ville sera désert. J'ai longtemps hésité à le faire, mais là j'ai le couteau sous la gorge et je suis obligé d'avancer dans ce sens".

Face à cette situation, une forte mobilisation est en train de monter avec des pétitions et plus récemment le soutien d'une soixantaine de députés. Une réunion interministérielle doit d'ailleurs se tenir aujourd'hui sur le sujet.

 

En vidéo, l'interview de Christian Bandikian, gérant du "Mistral" à Aix-en Provence.