Temps forts

Miramas : 7.000 objets découverts dans les vestiges du camp américain

  • Culture
  • 05/10/2015 à 14h19
  • 02:13
U. Téchené U. Téchené
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En marge du chantier de la déviation de Miramas, l'INRAP a présenté le résultat des fouilles archéologiques du camp américain '412' de prisonniers allemands de la deuxième guerre mondiale.

Aujourd'hui, on procède à des recherches archéologiques préventives sur tout gros chantier qui se respecte, une phase préliminaire pour déceler les éventuels sites et, si il y a, leur potentiel scientifique. Quand Frédéric Marty, archéologue à Ouest Provence, présente son rapport à l'Institut National de Recherche Archéologique Préventive (INRAP) après 2 mois de travail sur les 3 kilomètres de chantier de la déviation, le maire de Miramas Frédéric Vigouroux 'le sent mal', découverte archéologique étant parfois synonyme de ralentissement de travaux, voire d'arrêt momentané. Mais ici le chantier est travaillé de telle sorte qu'il suivra son cours sans trop de perturbations.

Le diagnostic effectué de novembre 2012 à janvier 2013 mettait en évidence 2 sites archéologiques : un dépotoir de la ville de Marseille des années 1887-1912, et sur 8 hectares à proximité de la voie ferrée, les vestiges d'un camp américain de détenus allemands entre décembre 1944 et l'été 1946 pour 1.000 à 1.500 prisonniers. A la lecture de ce rapport, l'INRAP décidait d'une campagne de fouilles sur le camp sous la direction de Frédéric Lemaire, archéologue spécialiste de cette époque contemporaine .

De l'archéologie contemporaine.

Ces fouilles ont été réalisées sur 2 hectares au niveau des structures collectives. En 1946 au moment du démantèlement du camp '412', les soldats américains avaient nettoyé le terrain en enfouissant tout ce qui restait dans des fosses - la plupart auraient servies pour les latrines et la collecte des eaux usées -. Résultat, avec près de 7000 objets de toutes sortes récupérés dans une quarantaine de fosses, ce site archéologique est défini comme 'site remarquable'. Ces objets sont aussi bien des poteaux de tentes que des bouteilles d'un soda américain mondialement réputé, des médicaments que des rasoirs ou des peignes, des plaques d'identités allemandes et américaines que des insignes de casques allemands, menues monnaies allemandes, américaines et françaises, vieux ballon de football américain, gourdes ou chaussures... Plus indicatifs du mode de vie, les objets fabriqués par les détenus eux-mêmes comme des poêles pour se chauffer ou des bagues et des cœurs (!) pour... rêver... ?

Selon le Code du Patrimoine, les vestiges des conflits récents relèvent aussi de l'archéologie. D'autant plus ici qu'un des points communs entre ces fouilles à Miramas avec, par exemple, des recherches de sites beaucoup plus anciens, c'est que les menus objets sont bien souvent trouvés dans... les dépotoirs.

En vidéo Frédéric Lemaire, responsable pour l'INRAP des fouilles du camp américain à Miramas.