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Académie d'art lyrique: travailler le corps pour donner de la voix

  • Culture
  • 22/07/2016 à 11h42
  • 02:34
m. piscione m. piscione
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Le site Pablo Picasso de Martigues accueillait récemment des élèves venus parfois de loin pour un stage de perfectionnement dirigé par les professeurs de l'académie internationale d'art lyrique.

"La voix est un instrument qui évolue avec le corps et avec les années. Pratiquer le chant nécessite une remise en question permanente". Sophie Pondjiclis en sait quelque chose. Chanteuse lyrique, mezzo-soprano reconnue internationalement, elle est aussi professeur de chant. Avec Sabine Vatin, pianiste, directrice musicale du théâtre du Châtelet à Paris, et Jérôme Angot, agent artistique, elle a créé l'académie internationale d'art lyrique. Une formation dédiée aux jeunes chanteurs en devenir qui, à l'orée d'une carrière prometteuse, souhaitent se perfectionner.

Le site Pablo Picasso proposait donc un stage d'une semaine, dirigé par les trois membres de l'académie, pour des élèves venus de Paris, Lausanne ou Bruxelles et qui ont découvert une méthode de perfectionnement plutôt...inattendue.
Wladimir Bouckaert, jeune ténor de 24 ans, arrive de Belgique. Assis sur un gros ballon qu'il fait rouler par mouvement circulaire, il chante d'une voix profonde et puissante en tirant sur un gros élastique, plus ou moins fort selon les notes. Derrière lui, Sophie Pondjiclis, pieds nus, est elle aussi installée sur un ballon. Attentive, concentrée, les mains posées sur le ventre de son élève, la professeur de chant prend des allures d'ostéopathe ou de prof de Pilates. "Vous n'imaginez pas tous les muscles que nous sollicitons pour chanter, pour avoir le geste juste, pour ne pas avoir un son forcé, un son poussé." Pour la chanteuse, le travail du bassin est primordial. "C'est lui qui donne la structure et la verticalité au chant".

Travailler sa voix en travaillant le corps, voilà la méthode de Sophie Pondjiclis. "Au début, c'est assez surprenant, confie Wladimir. Mais on comprend assez vite que finalement, le chant n'est pas qu'une histoire de larynx et de cordes vocales. Il y a aussi tout le corps qui suit derrière."
Une approche particulièrement intéressante pour Julie Prola, soprano, Parisienne de 24 ans. "C'est très intéressant. Travailler sur un ballon, ça déverrouille certains blocages et ça permet de se concentrer sur autre chose que le son en lui-même. Ça libère."

Libérer le corps, l'esprit, la voix et se nourrir de l'expérience des autres. C'est tout l'intérêt de ce stage collectif. "C'est difficile de faire un stage comme celui-ci, reconnaît Jérôme Angot, agent artistique. Il faut chanter devant un public, montrer sa voix avec tous ses défauts. C'est un vrai exercice."  Difficile, la démarche n'en reste pas moins enrichissante pour Julia. "On apprend aussi beaucoup en regardant les autres, en observant leur travail et les corrections apportées par les profs. Ça nous permet de prendre le recul que l'on n'a pas forcément sur soi."  Un stage réussi pour la jeune soprano. "Dans l'apprentissage, je crois que c'est primordial de vivre des moments comme ça".

En vidéo, extraits de chant et interviews de Sophie Pondjiclis, Wladimir Bouckaert, Jérôme Angot, Sabine Vatin et Julie Prola. ( images et interviews de Michel Montagne pour Maritima Médias )