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Restauré, le film Toni vous fera découvrir, mercredi, le Martigues des années 30

  • Culture
  • 16/07/2019 à 14h09
  • 02:35
Restauré, le film Toni vous fera découvrir, mercredi, le Martigues des années 30

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Restauré, le film Toni vous fera découvrir, mercredi, le Martigues des années 30

G. Saucerotte G. Saucerotte
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L'oeuvre de Jean Renoir, restaurée et présentée à Cannes Classics, sera projetée mercredi 17 juillet au théâtre de Verdure de Martigues. Une exposition lui est également dédiée à la cinémathèque Prosper Gnidzaz

 Florian Salazar Martin, adjoint délégué à la culture
 Lucile Noche, archiviste à Martigues

Moins connu que la célèbre Cuisine au beurre, le film Toni retrace l'histoire d'Anna, une immigrée italienne qui assassine son mari avec la complicité de son amant. Tiré d'un fait divers ayant défrayé la chronique au début des années 30, ce film plonge aussi les spectateurs dans la réalité de l'époque: celle des conditions de vie des immigrés italiens avec en filigrane celle des femmes. "Aux archives municipales nous avons mené une enquête pour retrouver traces du fait divers qui a eu lieu à Canto-Perdrix, explique Maude Blasco, la responsable du service des archives. Cela a mis en lumière la manière dont vivait cette population. Il y avait des familles entières dans 9m2... C'était en quelque sorte des bidonvilles mais à la campagne." Les documents minutieusement et longuement collectés par le service des archives retracent les conditions de vie, le meurtre, le procès et la condamnation des amants. Anna est condamné à mort, son amant au bagne. "Dans l'histoire cinématographique de Martigues, on pense immédiatement à la Cuisine au beurre, constate Florian Salazar Martin, adjoint délégué à la culture. Mais cette histoire ne dit pas grand chose de ce que nous sommes ici à Martigues. C'est une image d'Epinal qui, raccrochée à celle de Venise provençale n'est pas forcément la bonne image sur laquelle il faut établir les valeurs qui ont construit cette ville. Aujourd'hui les regards doivent se porter ailleurs. Toni est une oeuvre qui plonge dans la réalité du Martigues des années 30. Dans un contexte où les frontières se ferment ce film est d'actualité. Pas étonnant donc que Gaumont ait voulu le restaurer et qu'il a été très bien accueilli à Cannes et Bologne. Ce film a une universalité."

Une expo jusqu'au 22 septembre

À la cinémathèque Prosper Gnidzaz, l'exposition Toni met donc en perspective la réalité et la fiction. "Nous nous sommes basés sur les documents collectés pour essayer de trouver le lieu du crime, explique Sophie Bertran de Balanda, directrice du service culture. Nous nous en sommes aussi servis pour étudier Martigues, voir comment la ville a évolué. Au final, on ne voit que très peu la ville. On est surtout dans les campagnes." Pour resituer l'action, la directrice a peint des aquarelles, elle a aussi fourni un minutieux travail de corrélation entre cartes d'époque et carte actuelle pour situer avec précision le lieu du meurtre. Il s'avère que c'est dans ce qui deviendra le quartier de Canto Perdrix que celui-ci eut lieu. 

Le film restauré, quant à lui, sera projeté mercredi 17 juillet  à 21h au théâtre de Verdure de Martigues dans le cadre du festival Fadas du monde et en présence du critique Alain Bergala. A 17h, l'association L'ombre folle jouera à Canto-Perdrix, sur les lieux du crime, O Fatto l'Affare. une pièce qui retrace l'histoire monté à partir de documents d'archive. 

 

Ecoutez les interviews de Florian Salazar Martin, adjoint délégué à la culture et de Lucile Noche, archiviste.