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Provence Studios : jolie morgue

  • Culture
  • 01/04/2019 à 19h00
  • 02:35
M. Montagne M. Montagne
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« Pardon, Vous n'auriez pas une morgue ? » « Bonjour, la direction de la morgue s'il vous plait ? »
Lassé d'entendre toujours la même rengaine, Olivier Marchetti, patron de Provence Studios, s'est résolu à la faire construire cette fameuse morgue

Une morgue à domicile et à disposition - et bientôt une prison !
Si son contenu macabre peut terrifier le commun des mortels, en revanche, cette nouvelle donne le sourire aux producteurs et enthousiasme scénaristes et réalisateurs.
A l'image de la poutargue - le « caviar » de Martigue qu'on élabore justement à proximité des locaux de Provence Studios le long du canal de Caronte et qui va donner à l'assiette une saveur remarquable - une morgue dans une série ou un film, c'est un peu la denrée rare et recherchée qui va permettre d'épicer l'histoire, de lui donner, sinon un parfum, du moins une ambiance particulière.
En général, pour promouvoir un commerce, il y a ce qu'on appelle la tête de gondole, c'est à dire la marchandise alléchante qu'on met en évidence dans le but d'attirer le chaland et l'inciter à consommer d'autres articles, eh bien à Provence Studios, le produit d'appel, ce sera donc cette morgue flambant neuve qui est en fait un IML, institut médico-légal.
Objectif avoué donc, attirer l'attention des productions grâce à la morgue, lesquelles productions, une fois rendues sur place en reconnaissance, pourront constater de visu la qualité générale des installations : cinq studios d'une superficie totale de 26 000 mètres carrés au milieu de 22 hectares de terrains, soit des facilités de déchargement de matériel et de parking. De même la présence programmée - ils seront les prochains décors à construire – d'une prison, d'un parloir, d'un tribunal et d'une salle des coffres. Sans oublier le fameux fond vert, le plus grand de France avec ses 50 mètres de long et neuf de hauteur, destiné aux effets spéciaux, l'existence également d'une école de cascadeurs rattachée au studio, Provence Action, et celle de Cinemagis, l'école de cinéma partenaire qui forme aux différents métiers du 7e art, et notamment des stagiaires constructeurs de décors dont la dernière promotion a évidemment contribué à l'élaboration du fameux IML. Et de profiter au passage de l'expérience et du talent de celui qui supervisait les travaux, Jean-Jacques Gernolle, chef-décorateur réputé avec ses 35 ans de métier au compteur, qui lui permettent de conjuguer besoin de réalisme... et contraintes de tournage (à écouter, en vidéo, sa passionnante interview à ce sujet).
Le rôle de la morgue est donc d'attirer les productions nationales et internationales et de les inciter à s'éterniser, non pas jusqu'à ce que mort s'ensuive, mais - inspirées par toutes les opportunités qu'offre Provence Studios - au moins « au delà » de la simple séquence prévue à l'origine.
Et apparemment, le produit d'appel fonctionne bien puisque le décor vient à peine d'être terminé que des productions ont déjà contacté les studios martégaux pour réserver la morgue.

 

En vidéo, les interviews d'Olivier Marchetti et de Jean-Jacques Gernolle, avec les images de la morgue encore en construction

(images, interviews et montage : Michel Montagne / Maritima Médias)