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Clap de fin pour Buropolis : les artistes cherchent désormais un nouveau lieu de création

  • Culture
  • 10/05/2022 à 16h52
  • 02:21
M. Chaix M. Chaix
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Situé à Ste Marguerite (9e) , l'immeuble de bureaux accueille depuis 2020 plus de 250 artistes. Leur occupation temporaire arrive comme prévu à son terme le 15 juin. Ces professionnels cherchent aujourd'hui un lieu pérenne pour poursuivre leurs activités

Derrière la grande structure en acier, de la création artistique. Depuis décembre 2020, l'association Yes We Camp occupe temporairement les locaux de Buropolis, vaste ensemble de bureaux destinés à la destruction et propriété de Compagnie Vauban.  10 000 m² d’espaces accueillent le travail quotidien de plus de 250 artistes, plasticiens, peintres ou encore sculpteurs. Inauguré par le Maire de Marseille Benoit Payan et le Maire de secteur, le projet a également vu défiler des dizaines de commissaires d’expositions, journalistes et des milliers de visiteurs.

Les professionnels en ont fait un véritable lieu de vie et de travail. "Cette expérience m'a permis de m'ouvrir aux autres, de confronter mon travail à d'autres artistes, de jouer collectif", explique Silvio Mildo, artiste peintre à Buropolis. La location des ateliers est chiffrée de 3 à 10 euros le mètre carré par mois, plus une cotisation pour adhérer au projet. Une aubaine pour ces artistes dans une ville où les ateliers sont en pénurie et souvent trop chers.

Un équilibre financier fragile

Malgré la réussite du projet, Buropolis va quitter ses appartements le 15 juin comme le prévoit le bail. L'association Yes We Camp avait pourtant plaidé pour un prolongement de son occupation auprès du propriétaire. Le lieu doit en effet être prochainement détruit mais les artistes souhaitent y rester jusqu’en septembre. "Le temps de se retourner, de trouver une autre solution", détaille encore Silvio Mildo.

"Mais en dépit du soutien de la Ville de Marseille, de la Croix Rouge Française installée sur place et d’Icade-Arkadea, futur propriétaire des lieux (...) les exigences économiques nous empêchent de poursuivre l'aventure ici", explique Raphael Haziot, coordinateur pour Yes We Camp.

Le bâtiment souffre en plus de problèmes structurels : il est particulièrement inflammable et voué à disparaître. Il accueillera dans les prochaines années des logements sociaux.

Plaider pour des occupations pérennes

Aujourd'hui, les 250 artistes sont donc contraints de déménager. "Beaucoup ont anticipé et ont aujourd'hui une solution de rechange, explique Silvio Mildo. Pour d'autres c'est plus compliqué. Aujourd'hui on demande surtout des occupations de plus longue durée".

L'association Yes We Camp plaide aussi en ce sens. "Nous aimerions avoir des occupations temporaires pour des durées, a minima, de quelques années et qui partagent plus équitablement les risques et les avantages entre propriétaire, collectivité et opérateurs d’intérêt général."

"Nous souhaitons continuer de travailler avec les collectivités et les propriétaires privés pour trouver du domaine vacant" explique Raphael Haziot. "On se projette ailleurs, l'aventure ne s'arrête pas là". Affaire à suivre...