Temps forts

Le confinement dans l'Histoire : le Mucem récolte vos objets

  • Culture
  • 22/05/2020 à 16h30
  • 02:54
Mucem - Pixabay

1/1

Mucem - Pixabay

C. AMOUROUX C. AMOUROUX
Partagez cet article
  • Pratager sur Google+

Un ustensile de cuisine, un vêtement, un livre, une création... Qu'est-ce qui résume votre confinement ? Le Mucem lance une collecte participative de ces objets qui ont été indispensables ou révélateurs. Objectif: entretenir la mémoire car oui, nous avons vécu un moment historique.

Entretien avec Emilie Girard, directrice scientifique et des collections du Mucem


La collecte s'appelle « Vivre au temps du confinement », est ce que vous recherchez des objets en particulier ?

On a volontairement pas préciser les choses pour laisser libre cours à l'magination... Vraiment, on laisse le choix parce qu'on peut penser à des choses assez évidentes : masques, équipements de protection, attestations de sortie... Et dans les propositions qui nous sont faîtes il y a ce type de matériel mais relativement peu comparé à l'énorme variété de choses proposées. Dans ces premiers résultats on constate que les gens ont vraiment jouer le jeu, ils ont proposé des choses inattendues, étonnantes. Aujourd'hui on est autour de 320 objets récoltés, ce qui est beaucoup.

Vous avez des exemples précis ?

Il y a des objets qui représentent le temps qui passe, qui sont détournés ou qui accompagnent le quotidien. Il y a une catégorie assez intéressante qui marquent l'attachement à l'intérieur comme un vêtement porté sur une longue durée, des pantoufles ou encore des objets utilisés seulement pour l’extérieur comme des crochets aidants à ouvrir les portes. Un infirmier libéral nous parle aussi de ses chaussures qu'il laisse à la porte et qu'il ne remet que pour repartir travailler... Même chose avec un livreur. Et à l'inverse quelqu'un nous a proposé la paire de chaussures de randonnée que paradoxalement il n'a jamais autant porté car il sortait se promener tous les jours une heure.

Et que ce soit clair : une fois que les objets sont donnés au Mucem, impossible de les récupérer...

Effectivement, mais on peut détourner les choses : on peut proposer de donner seulement la photo de l'objet. Je pense notamment aux collégiens qui nous ont envoyé leur PS4 qui a été hautement importante pendant cette période et je doute qu'ils veuillent nous la donner réellement...

Ces objets sont ils destinés à une future exposition ?

Ce n'est pas au programme, mais ils seront visibles au centre de conservation et de ressource du Mucem, sur demande. Ils seront aussi accessibles en ligne sur notre base de données, et puis peut être qu'un jour ils viendront nourrir une exposition.

Les archives départementales mais aussi des archives municipales ont lancé des récoltes similaires (objets, témoignages écrits, dessins etc..), pourquoi est-ce si important de se souvenir ?

C'est important de se souvenir en se rattachant à quelque chose... Que l'on puisse ancrer les souvenirs dans une matérialité, dans un contexte. Ces objets prennent un sens que parce qu'ils sont accompagnés des souvenirs des uns et des autres. Et je crois qu'à toutes les époques les institutions patrimoniales ont eu à cœur de documenter, de conserver la mémoire. Là on met simplement le projecteur sur un phénomène hors-normes dans tout ce qu'il peut avoir d'exceptionnel. Les centres d'archives sont intéressés, les musées au niveau européen ou mondial également... et ce qui va être intéressant à l'issu de cette période de collectes et de recherches c'est de se réunir et de faire des comparaisons. Il y a une perspective de recherches énorme qui s'ouvre aujourd'hui.

 

Vous pouvez proposer vos objets jusqu'au 31 mai, pour cela il faut écrire à l'adresse suivante : confinement@mucem.org. Le mail doit contenir une ou deux photos de l'objet ainsi qu'un texte explicatif.