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Fos sur Mer : ce soir, Fossae Mariannae se découvre un peu plus

  • Culture
  • 05/06/2019 à 15h10
  • 02:05
Fos sur Mer : ce soir, Fossae Mariannae se découvre un peu plus

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Fos sur Mer : ce soir, Fossae Mariannae se découvre un peu plus

U. Téchené U. Téchené
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Le DRASSM termine sa campagne de fouilles 2019 du port antique de Fos avec ses 2000 ans d'histoire cachées sous les eaux de l'anse Saint-Gervais. L'équipe organise ce mercredi soir une conférence à propos des dernières découvertes.

  Fossae Mariannae avec Laurent Borel
 Fossae Mariannae avec Souen Fontaine

Le Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines a repris les fouilles du port antique de Fos sur Mer en 2014, une « friche archéologique » délaissée pendant 25 ans, devenue « chantier-école » avec les étudiants en Master d'Archéologie Maritime et Littorale (MoMarch) de l'Université Aix-Marseille. Au fond du golfe de Fos dorment des vestiges datant de la période impériale romaine, entre la fin du 1er siècle avant JC et le début du 3ème siècle après JC. Longtemps pensé par les archéologues comme un « simple » grand port, peut-être un des principaux ports de Méditerranée occidentale, Fossae Mariannae pourrait être plus que cela.

Début mai, les scientifiques du Drassm avec le CNRS et 8 étudiants ont réinvesti la plage et l'anse Saint-Gervais pour 5 semaines en prenant comme QG l'Hôtel « La Méditerranée ». Sous la direction de Souen Fontaine, archéologue du Drassm, ils ont travaillé sur plusieurs points du site sous-marin, à savoir que le port Fossae Mariannae est repéré sur 60 hectares aujourd'hui dont 40 sous l'eau, entre 60 centimètres et 4 mètres de profondeur. Les dernières études, entre autres de centaines de blocs de pierre, montrent des similitudes avec l'architecture monumentale du cirque romain d'Arles, édifice bien terrestre « certifiant » que c'est une ville à part entière qui aurait pu être construite ici.

Plusieurs questions restent en suspens, comme celle de la profondeur où se trouvent certains vestiges. Pourquoi y en a-t-il à 4 mètres de fond alors que la montée du niveau marin depuis l'Antiquité est estimée à 60 centimètres ? Les édifices étaient-ils lacustres ? Se sont-ils enfoncés sous les eaux à cause de l'influence du delta du Rhône ? Y a-t-il eu un affaissement du littoral ? Pour résoudre cette problématique, les archéologues travaillent en concertation avec des géomorphologues qui reconstituent la mobilité du rivage, qui « reconstruisent » le paysage qui ici bouge énormément.

Ce soir donc, restitution du travail du DRASSM sur Fossae Mariannae après cette campagne de fouille de 5 semaines. C'est à 18h30 à la Maison de la Mer.

En vidéo Souen Fontaine, archéologue du Drassm responsable du site et Laurent Borel, architecte et ingénieur de recherche au CNRS Centre Camille Jullian (images, montage et interviews : Sarah Durand et Ulrich Téchené – Maritima Medias - Photo Lionel Roux du CNRS CCJ)