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Vaccination à l'hôpital de Martigues : du calme, du sang-froid et de la patience

Vaccination à l'hôpital de Martigues : du calme, du sang-froid et de la patience

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Vaccination à l'hôpital de Martigues : du calme, du sang-froid et de la patience

M. Montagne M. Montagne
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On a appris à maîtriser les gestes qui sauvent, on va devoir apprendre à éviter les gestes qui nuisent. Parmi eux, téléphoner au standard de l'hôpital des Rayettes et, pire encore, s'y rendre dans l'espoir d'être vacciné une fois sur place. On vous explique tout

 Vaccination à l'hôpital de Martigues : du calme, du sang-froid et de la patience
 Vaccination à l'hôpital de Martigues : du calme, du sang-froid et de la patience

L'information est connue de tous, le vaccin est arrivé à Martigues, plus précisément à l'hôpital des Rayettes, et la campagne a démarré ce mardi matin 19 janvier, ce qui a généré chez certains, trop nombreux déjà, de mauvais réflexes à la fois dommageables et surtout complètement inutiles.

Le contexte : 
1) L'hôpital des Rayettes n'est pas le centre de vaccination : il ne vaccine - uniquement en interne donc - que ses propres personnels et ses malades les plus fragiles.
2) Là où il y a confusion dans l'esprit de la population, c'est que le centre hospitalier de Martigues ne fait qu'héberger dans ses locaux le centre de vaccination, le seul officiel (mis en place par la CPTS - Communauté professionnelle territoriale de santé - du Pays de Martigues) et qui fonctionne donc indépendamment de l'hôpital.
3) Le centre de vaccination CPTS a l'obligation de ne vacciner dans un premier temps que  les personnes prioritaires figurant sur des listes édictées par les services gouvernementaux : en aucun cas les personnes à vacciner ne dépendent du choix de ceux qui vaccinent, inutile donc de les harceler au téléphone ou sur place. De plus toute tentative mensongère au sujet de son âge ou de son état de santé est vouée à l'échec comme nous allons vous l'expliquer.

Les personnes prioritaires : 
- d'abord et durant cette première semaine, il s'agit des personnels soignants au sens très large, à commencer par la totalité du personnel hospitalier quelle que soit le poste occupé, les médecins libéraux, infirmières, aide-soignantes, pharmaciens, brancardiers, ambulanciers, sages-femmes, dentistes, ophtalmologues, spécialistes, auxiliaires de vie, etc... Il ne s'agit évidemment pas de favoritisme ou d'entre-soi mais de bon sens : si ces personnes devaient être contaminées, c'est l'ensemble de la chaine des soins dans tous les domaines de la Santé qui risque de dysfonctionner et c'est nous, citoyens, qui en pâtiront directement en cas de maladie. 
Pour le territoire du ressort du centre de vaccination de Martigues (soit les trois villes du Pays de Martigues avec Port-de-Bouc et Saint-Mitre-les-Remparts auxquelles il faut ajouter Châteauneuf) cela concerne environ 600 personnes.
- dès la semaine prochaine, ce sera le tour des personnes âgées de 75 ans sur présentation obligatoire de la carte nationale d'identité, sans cette preuve officielle de l'âge, aucun vaccin délivré. 
- Enfin suivra dans un  troisième temps le public dit "à risques", soit toutes les personnes souffrant d'une affection elle aussi listée par le gouvernement. Cette fois, avec la carte d'identité, il faut préalablement et obligatoirement passer chez votre médecin traitant qui jugera si votre état de santé correspond aux maladies visées par les services de l'Etat, si c'est le cas, il vous délivrera un certificat qui vous permettra d'accéder au centre de vaccination, sans ce sésame du médecin de famille, là encore, pas de vaccination possible.


Si vous êtes âgé.e de plus de 75 ans et/ou personne à risques, pour prendre rendez-vous, seulement deux moyens à votre disposition
- la plateforme Doctolib, même si elle est déjà très engorgée car croulant sous les demandes.
- un numéro de téléphone unique : 04 13 29 53 29 (et surtout pas le standard de l'hôpital des Rayettes, destiné uniquement à la prise en charge de ses malades et absolument pas concerné par cette campagne de vaccination).
Ce numéro unique a été mis à disposition des services sanitaires par la ville de Martigues.

La capacité actuelle du centre est de 300 vaccins hebdomadaires, le centre est pourvu pour suivre cette cadence jusqu'au moins fin mars. Et la liste des rendez-vous accordés est actuellement complète jusqu'au moins mi-avril. Il s'agit à cet instant des seules certitudes à la connaissance des soignants, des chiffres évidemment susceptibles d'évoluer au fil des jours.

La raison de cette gestion très stricte et malheureusement nécessaire, c'est que les quantités de vaccins sont aujourd'hui bien trop insuffisantes, mais en aucun cas, la responsabilité de ce manque ne peut être imputée aux soignants de terrain, lesquels, en première ligne, font comme ils peuvent avec les moyens qu'on leur octroie.
Donc, pas d'autre solution que de s'armer de patience comme c'est le cas depuis 10 mois et, si vous respectez les gestes barrières comme vous l'avez fait jusqu'à présent, vous pouvez attendre sereinement votre tour.
Au fond, c'est le moment d'être philosophe : soyons au contraire soulagés de ne pas apparaitre sur la liste des personnes prioritaires, cela signifie avant tout que nous sommes, sinon en bonne santé, du moins pas atteints par une affection qui nous rend particulièrement vulnérable au virus.
Et enfin, comme beaucoup d'entre nous ont eu, à maintes reprises, le sentiment désagréable d'avoir été infantilisés par le gouvernement, eh bien l'occasion nous est donnée de prouver que l'on est parfaitement capable de se comporter... en adultes responsables.
Et surtout, le plus important, accordons un répit plus que mérité à nos forces de santé qui sont sollicitées en continu depuis près d'un an et qui, de l'avis du docteur Gérard Eddi, président du CPTS du Pays de Martigues, sont épuisées et plus très loin du point de rupture.

 

En vidéo, l'interview du docteur Gérard Eddi, président de la CPTS du Pays de Martigues qui gère le centre de vaccination. Il revient en détail sur la politique de vaccination mise en place pour les prochaines semaines pour la zone Pays de Martigues/Châteauneuf. 
Le témoignage du docteur Denis Carpentier, cardiologue libéral tout juste retraité depuis décembre 2020 mais qui continue d'assurer des vacations à l'hôpital des Rayettes deux fois par semaine. Celui qui a participé aux débuts de l'aventure du centre hospitalier en 1976 alors qu'il n'était qu'un jeune externe en 3e année ne cache pas avoir été dans un premier temps réticent à se faire vacciner, mais la consultation de documents mis à disposition par la société Pfizer au sujet de son vaccin l'a finalement convaincu de franchir le pas.

(images et interviews : Michel Montagne / Maritima Médias)