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"Ouvrir mon restaurant était un rêve, aujourd’hui c'est devenu un cauchemar"

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"Ouvrir mon restaurant était un rêve, aujourd’hui c'est devenu un cauchemar"

L. Lachau L. Lachau
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David a tout plaqué pour monter son affaire. En juin 2020, ce Marseillais décide de quitter son poste de cuisiner dans des bateaux de luxe pour ouvrir son propre restaurant. Après 3 mois d'activité cet été, son établissement Arepasclub situé près du centre Bourse à Marseille, a dû fermer au mois d'octobre. Aujourd'hui, David essaye de survivre comme il peut. Reportage.

"J'ai tout sacrifié pour ouvrir mon restaurant" explique David. Après plusieurs années passées en tant que cuisinier sur les yachts, ce Marseillais décide de tout arrêter pour réaliser son rêve de toujours, ouvrir son restaurant. "Depuis que je me suis lancé dans la cuisine, j'ai toujours voulu créer mon établissement. Avec la crise, j'ai pu en profiter seulement trois mois." L'été dernier, les restaurants ont pu ouvrir. De nombreux établissements ont alors profité de l'occasion pour tenter de rattraper les pertes engendrées lors du premier confinement. "J'ai officiellement commencé en février 2020, mais avec les annonces du président de la République, j'ai dû attendre juin. Ça a plutôt bien marché étant donné que les Français ne sont pas partis à l'étranger". Depuis octobre, et la fermeture des établissements, David dit avoir activé le mode "survie".

Aujourd'hui, il ne peut d'ailleurs pas compter sur les aides de l'Etat. Une situation qui devient de plus en plus ingérable pour ce jeune entrepreneur. "Le gouvernement avait promis de ne laisser tomber aucun chef d'entreprise, et c'est actuellement  loin d'être le cas.  Les mesures prises nous empêchent clairement de travailler. La situation devient de plus en plus catastrophique. Ouvrir mon restaurant était un rêve, aujourd’hui, c'est devenu un cauchemar". Afin de bénéficier de ces aides, David a décidé d'agir. Il a déposé un recours au tribunal judiciaire de Marseille contre le service des impôts.

Une réouverture prévue mi-mai

Après une longue période de fermeture, les restaurants pourraient rouvrir le 17 mai uniquement en terrasse, avant une ouverture complète prévue entre le 1er et le 15 juin. De son côté, David est plus pessimiste, et s'attend à retrouver une activité "normale" d'ici l'année prochaine. "On nous avait déjà annoncé une réouverture en janvier dernier et regardez où nous en sommes aujourd'hui !", s'indigne t-il. Honnêtement, je pense qu'eux-mêmes ne savent pas comment gérer la situation. Ils nous promettent des choses, dont on ne voit jamais la couleur ! Toutes ces annonces ce ne sont que du mistral !"

En février dernier, un protocole expérimental pour la réouverture des restaurants et musées a été soumis au Préfet. Un projet porté par l’IHU Méditerranée Infection, le Département et la Région. Une proposition à laquelle David est favorable. "Beaucoup de solutions existent pour une réouverture des restaurants. Nous avons les moyens de faire respecter les distanciations sociales ou d'agrandir l'espace entre chaque table, mais j'ai l'impression que le gouvernement n'a pas forcément envie de se casser la tête. C'est plus facile pour eux de nous laisser fermer."

David propose de la cuisine vénézuélienne dans son restaurant, en hommage à une partie de sa famille qui vit en Amérique du Sud. Malgré le contexte sanitaire, il ne compte pas abandonner son établissement. "Personne ne me prendra mon restaurant ! Pendant de nombreuses années, j'ai fait beaucoup de sacrifices pour pouvoir avoir ma propre affaire. Je suis prêt à payer de ma propre poche les frais et le loyer pour éviter de fermer définitivement. Une chose est sûre, je ne fermerai pas à cause d'incompétents qui nous gouvernent."

La livraison à emporter comme seul moyen de survie

Comme de nombreux restaurateurs en France, David a su d'adapter. Il s'est lancé depuis octobre dernier dans la vente à emporter. Un système qui avant la crise sanitaire, représentait seulement moins de 10 % de son chiffre d'affaire total. "C'était la seule solution que j'avais pour faire rentrer de l'argent. On travaille avec les plateformes de livraison, qui ne sont pas très justes au niveau du montant de la commission", regrette David. Ils prennent 30 % sur le prix total d'une commande. Je suis donc obligé d'augmenter mes prix, et certains clients s'en plaignent."

Pour faire d'autres économies, David a dû lui aussi, passer ses employés en chômage partiel. "Dans une démarche sociale, j'ai décidé de garder tous mes effectifs. Tous ont des familles à nourrir, et je ne me voyais pas les licencier. Mais une nouvelle fois, sans les aides ça reste très compliqué !"