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Enfant de 9 ans décédé d'une forme de Kawasaki : "Un lien avec le Covid-19 est possible"

Enfant de 9 ans décédé d'une forme de Kawasaki :

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Enfant de 9 ans décédé d'une forme de Kawasaki : "Un lien avec le Covid-19 est possible"

M. Chaix M. Chaix
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L'enfant de 9 ans a succombé ce 8 mai à une maladie proche de Kawasaki. Selon les scientifiques, cette pathologie pourrait être liée au Covid-19. Encore méconnue, elle reste cependant bénigne dans la majeure partie des cas. L'Assistance des Hôpitaux Publics de Marseille souhaite rassurer les parents

 

 

Le 2 mai dans l'après-midi, un petit garçon de 9 ans a été examiné aux urgences pédiatriques de l'hôpital Nord. Il présentait un tableau clinique comparable à celui d'une scarlatine et un traitement lui a alors été prescrit. "L'enfant ne présentait pas de signes graves" détaille Fabrice Michel, "ce qui a conduit l'enfant à rentrer chez lui". Le soir-même, le SAMU l'a adressé à l'hôpital de la Timone après un malaise grave à domicile. Malgré les soins reçus sur place, l'enfant est décédé le 8 mai, soit une semaine après son hospitalisation. Sa sérologie pratiquée sur place, a indiqué que l'enfant avait été en lien avec le Covid-19, sans en développer les symptômes, et présentait les anticorps.

Un lien possible entre Covid-19 et cette nouvelle maladie

Ces trois dernières semaines, plusieurs pays ont signalé des cas d'enfants touchés par une maladie inflammatoire aux symptômes proches d'une affection rare, la maladie de Kawasaki, vraisemblablement liée au Covid-19. Les symptômes sont une forte fièvre, des douleurs abdominales et troubles digestifs, une éruption cutanée, une conjonctivite et la langue qui rougit, gonfle et prend un aspect de framboise.

"Pour l'heure cette maladie est encore méconnue, elle fait l'objet d'une caractérisation au niveau national et international" explique Fabrice Michel. En France, 125 signalements ont été rapportés entre le 1er mars et le 12 mai, selon Santé publique France. A la différence du syndrome de Kawasaki, l'âge médian des enfants touché par cette forme est de 8 ans. "Il s'étend du nourrisson jusqu'à l'enfant de 12-14 ans" explique Caroline Ovaert, cheffe du service Cardiologie Pédiatrique et Congénitale de l'APHM.

Cette pathologie apparaît le plus souvent chez des enfants ayant été en contact avec le Covid-19, mais tous n'en sont pas porteurs. "Chez une grande partie de ces patients, on retrouve soit la PCR positive soit des anticorps positifs mais pas dans tous les cas" détaille Caroline Ovaert. Les cas sont pour l'heure à l'étude et il est encore trop tôt pour se prononcer. 

Une maladie qui "évolue bien dans la majeure partie des cas"

Ces cas concernent "très peu d'enfants, et un seul décès, ils ne doivent pas inquiéter outre mesure", tient à préciser le professeur Michel. "Dans la majeure partie des cas, les enfants traités par immunoglobuline se remettent très vite" ajoute-t-il. Le professeur de pédiatrie de la Timone, Hervé Chambost, recommande toutefois aux parents de consulter si les enfants présentent des symptômes similaires et persistants. "Nous tenons aussi à les rassurer, les complications sont très rares, et les formes souvent bénignes."

En photo de gauche à droite : Sylvia Breton, directrice générale adjointe de l'APHM, Caroline Ovaert, cheffe du service Cardiologie Pédiatrique de la Timone, Fabrice Michel chef du service d'anesthésie réanimation pédiatrique de l'APHM et le professeur de pédiatrie de la Timone Hervé CHambost.