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Euroméditerranée : les salariés ne sont pas inquiets

M. Chaix M. Chaix
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Près d'une semaine après le début du déconfinement, nous avons souhaité "prendre la température " auprès des salariés du quartier d'affaire marseillais. Il en ressort une étonnante impression de sérénité.

 

"Ça fait du bien de reprendre, psychologiquement, on a besoin de ressortir, de reprendre une activité, de se sentir utile". Les premiers mots de Céline, employée de la métropole dans la tour "La Marseillaise", au moment d'évoquer le déconfinement, sont assez représentatifs de l'esprit qui règne dans ce petit quartier sorti de terre ces vingt dernières années. Bien qu'ils soient fortement recommandés, les masques ne sont pas obligatoires et tout le monde n'en porte pas. Mais cela n'empêche pas les travailleurs de se rejoindre pendant leurs pauses. Tous sont heureux de retrouver ces moments de partage entre collègues, et se languissent de revoir leurs collègues encore absents. Ils chérissent ces moments de socialisation auquel on ne prêtait plus attention il y a encore 2 mois, devenus si importants après 55 jours enfermés chez soi. 

Même impression pour Maxime, employé de banque dans le quartier "Euromed'" lui aussi. Pourtant lui n'a pas connu les longues journées de confinement, d'autant plus longues quand on ne peut pas télétravailler ; il n'a été arrêté que 2 jours, les 17 et 18 mars, avant de reprendre sans recevoir de public. Une chance, selon ses propres mots :"J'ai eu la chance de faire parti de ce qui sont restés, pour nous la vie a continué tranquillement". Alors pour lui, c'est surtout l'anxiété véhiculée par ceux qui reprennent le travail, et n'ont pas encore l'habitude de travailler en période de crise sanitaire, qui génère une ambiance particulière. Mais globalement il se sent en "relativement en sécurité". 

Un retour au travail "bien géré", mais surtout marginal

Ce sentiment de "relative sécurité" semble d'ailleurs être partagé par tous. Aucun de la dizaine de salariés que nous avons interrogé sur place s'est dit réellement inquiet de retourner au travail.  C'est peut être parce que ceux qui sont inquiets, ne sont pas présents. En effet, pour la majorité des entreprises et institutions du quartier, le retour sur le lieu de travail se fait "sur la base du volontariat". Et encore, elle n'est pas toujours autorisée selon les postes. Dans la tour CMA-CGM par exemple, la plus grande de la ville, seuls 350 des 2400 travailleurs habituels sont présents. Ainsi les plus angoissés sont exemptés d'un retour forcé, et le moral des troupes sur la place est plutôt bon. 

D'autre part, les dispositions prises par les employeurs et gestionnaires des locaux sont importantes : distributions de masques et de gel hydroalcoolique, distanciations sociales de rigueur avec marquages au sol, plages horaires différenciées pour échelonner les arrivés et départs, et même surveillances des températures corporelles à l'aide d'une caméra thermique installée dans l'entrée à la tour CMA-CGM. Autant de précautions qui font dire à Géraldine, salariée dans l'autre tour, "La Marseillaise", et pourtant adepte du télétravail, qu'elle est "rassurée, même très rassurée car le retour des employés a été bien géré". 

 

L'interview de Géraldine en format audio est à retrouver ci-dessus

Par Tristan Vyncke