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Des notes de musique dans le vin

Des notes de musique dans le vin

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Des notes de musique dans le vin

S. André S. André
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Lionel Boillot, originaire de Carry-le-Rouet, est négociant en vins. Après une expatriation en Chine, il est revenu en France et s'est lancé dans la création. Aidé d'une vigneronne et d'une thérapeute sonore, il a expérimenté la vinification en musique

L'aventure a commencé il y a trois ans. Lionel Boillot revenait d'un bout de vie, de 22 ans, passé en Chine où il faisait le commerce des vins de la Vallée du Rhône. Revenu en France, et installé près d'Avignon, il retourne voir les vignerons avec lesquels il travaillait jusque-là à distance. Lui trottait dans la tête l'envie de cultiver ses propres vignes, de faire son propre vin. C'est avec la thérapeute sonore et musicale, Mélodie Griffet, que lui vient l'idée d'expérimenter le vin musical : « La musique influence les êtres vivants, les humains mais aussi les végétaux, comme le raisin et les levures qui transforment le sucre en alcool. J'étais persuadé qu'il y aurait un changement en faisant une vinification musicale. » 

Il se tourne du côté de Châteauneuf-du-Pape et cherche un vigneron qui l'accompagnerait dans cette démarche. C'est une vigneronne, Françoise Roumieux, du domaine Mayard, mais aussi membre de l'association Femmes Vignes Rhône, qui lui procure le raisin issu de quatre hectares de ses vignes. Elle lui permet aussi de mener son expérience entre ses murs, dans des cuves de 100 hectolitres ! Deux cuves précisément. Car pour donner du sens à cette expérience, l'idée est de proposer aux consommateurs de déguster le même vin, fabriqué à partir des mêmes cépages (Syrah, Grenache, Cinsault et Mourvèdre), dans des proportions égales, avec et sans musique : « Il fallait pouvoir comparer les deux cuves, l'une témoin, l'autre en expérimentale, explique Françoise Roumieux. Chacune ayant un apport de raisins identique, ramassés dans des temps rapprochés. Le protocole de vinification de ces deux vins a ensuite suivi le même processus d'extraction pendant toute la durée des fermentations alcooliques et malolactiques. »

Grâce à l'immersion d'une baffle dans la cuvée « In the groove », c'est comme cela qu'elle a été a nommée, le moût a été bercé, durant quarante-cinq jours, de musique manouche et ou encore des notes de la saxophoniste Betty Smith : « Pourquoi le jazz ? Je pensais que c'était plus doux à écouter huit heures par jour pour un être vivant. J'ai un peu comparé le vin à nous. Cela pouvait aussi marcher avec du hard rock. Mais ce serait intéressant de poursuivre cette expérience avec d'autres sonorités, c'est d'ailleurs prévu !» assure Lionel Boillot.

La musique a donc agi directement sur le processus de vinification. Les ondes musicales ont traversé les matières et ont stimulé le travail des levures. C'est maintenant prouvé, la musique a une influence significative sur le vin. La cuvée musicale "In the groove" est plus riche en alcool (+ 0,5%). Sa vinification a été plus rapide, elle possède un indice de polyphénol supérieur et la couleur de son vin est aussi plus colorée : « Pour ce qui est du goût, du nez..., conclut Lionel Boillot, nous laissons les amateurs de vin en juger. »

https://www.we-wine.fr/

https://femmesvignesrhone.fr/

http://www.vignobles-mayard.fr/fr/nos-cuvees/domaine-du-pere-pape/